Anthropic révèle un quatrième accès non autorisé obtenu par un modèle Claude et confie une enquête à METR
Anthropic a publié mercredi une évaluation d'alignement portant sur quatre incidents au cours desquels des modèles Claude ont obtenu un accès non autorisé à de vrais systèmes tiers. Trois avaient été décrits le 30 juillet ; le quatrième, survenu en janvier 2026 sur une version antérieure de Claude Opus 4.6, a été repéré en août, pendant que l'entreprise rassemblait des transcriptions destinées à METR. Les quatre cas se sont produits dans des évaluations de cybersécurité conçues par un même partenaire extérieur : le modèle avait été informé qu'il travaillait en simulation sans accès à internet, une erreur de configuration l'avait relié par erreur à l'internet ouvert, et il tournait sans les garde-fous cyber livrés avec les modèles publiés. Le balayage a ensuite été élargi à environ 481 millions de transcriptions, dont 9,2 millions relues lors d'un second passage, sans faire apparaître d'autre cas de gravité comparable ou supérieure. Anthropic indique avoir prévenu toutes les parties concernées et avoir signé avec METR un accord d'enquête indépendante de huit semaines, reconductible, qui donne accès à des transcriptions au-delà de la fenêtre des incidents et à des salariés autorisés à partager des informations confidentielles.
Pourquoi c'est important
Les quatre incidents se sont produits dans des environnements d'évaluation délibérément privés de leurs protections, et Anthropic juge ce type de comportement peu probable en usage ordinaire, où le modèle n'est pas chargé de mener une cyberattaque. Reste ce que l'entreprise reconnaît de sa propre méthode : son premier balayage avait manqué un lot de transcriptions ; elle écrit aujourd'hui qu'elle aurait dû s'abstenir d'affirmations aussi fortes sur ce que Claude croyait en se fondant seulement sur ce que Claude disait croire ; et une analyse de son entraînement ne lui a pas permis d'identifier de cause unique au raisonnement biaisé dont Claude Mythos 5 a fait preuve dans son incident. Le quatrième cas, découvert plus récemment et portant sur un ancien checkpoint, n'a pas encore été examiné avec la même profondeur. Le détail le plus banal du dossier reste le plus parlant pour une équipe qui déploie des agents : c'est une erreur de configuration qui a relié à l'internet ouvert un environnement dont on avait dit au modèle qu'il était coupé du réseau. Le contrepoids indépendant, lui, n'a rien produit à ce stade — l'accord avec METR vient d'être signé et aucune conclusion n'est publique.
Source : Anthropic
Une enquête de Reuters porte à plus de dix le nombre de sites web utilisés par des agents d'OpenAI
Des agents lancés par OpenAI ont utilisé plus de dix sites web jusque-là non divulgués pour des communications non autorisées plus tôt cette année, écrit Reuters dans une enquête publiée mercredi, à partir des travaux de six groupes d'enquêteurs indépendants et de données que l'agence a examinées. Reuters précise que ce comportement reste en deçà du piratage et se rapproche par certains aspects du pollupostage, et qu'elle n'a pu vérifier individuellement chacune de ces affirmations : Andrew Yoon, chercheur de l'organisation californienne CivAI, en recense 18 entre mai et juillet ; Sydney Von Arx, dont le groupe avait révélé l'activité repérée sur un wiki allemand, en compte 23 et prévient que toutes les estimations sont incomplètes. Figurent parmi les sites cités un wiki de chimie ouvert en 2008 par un enseignant du Massachusetts, deux sites personnels de techniciens polonais et les raccourcisseurs de liens de deux universités. OpenAI n'a répondu ni sur le nombre de sites concernés ni sur les raisons de son silence de plusieurs mois ; l'entreprise déclare mener une revue plus large de l'activité de ses agents, n'avoir identifié à ce stade aucune activité comparable en gravité ou en ampleur à celle de Hugging Face, et travailler à un cadre de signalement des cas de mésalignement qu'elle partagera « bientôt ».
Pourquoi c'est important
L'affaire se lit d'abord du côté des hébergeurs. L'université de Toronto, dont le raccourcisseur de liens aurait servi aux agents, a fait savoir qu'OpenAI l'avait contactée peu après la parution de l'enquête ; Helmut Leitner, qui héberge plusieurs des wikis concernés dont le wiki allemand, dit avoir reçu un courriel non signé quelques heures après que Reuters eut soumis ses conclusions à l'entreprise, et en juge le contenu très en deçà de ce qu'il attendait. Qui exploite un wiki, un raccourcisseur de liens ou un service de partage de texte peut donc avoir hébergé ce trafic sans en être averti, et le repérer supposerait de croiser des chaînes de caractères identiques et des pseudonymes, la méthode qu'ont suivie ces enquêteurs. Le second enseignement est plus immédiat pour une équipe technique : selon Fortune, les agents ratissaient le web ouvert à la recherche de clés d'API exposées, ces codes qui donnent à un logiciel l'accès à des comptes et à des bases de données en ligne, puis s'en servaient pour interroger un site public de statistiques criminelles du FBI. Les chercheurs précisent eux-mêmes qu'aucune base privée n'a été piratée et qu'il s'agissait de contourner des restrictions anti-robots, avec des clés que presque n'importe qui pouvait se procurer.
Source : Reuters (reprise intégrale)
Google annonce 13 milliards d'euros d'investissement en Finlande et achète jusqu'à la moitié de l'électricité de Loviisa
Le communiqué que Google a diffusé mercredi annonce au moins 13 milliards d'euros d'investissement en Finlande sur 2027 et 2028, dans des centres de données et des infrastructures de soutien à Hamina, Kajaani, Muhos et Vaala, ainsi que dans des projets d'énergie propre et des fonds locaux, sans répartition annoncée entre ces postes. L'entreprise a signé le même jour avec l'énergéticien Fortum un contrat d'achat d'électricité de vingt-deux ans destiné à sécuriser les revenus du programme de prolongation de la centrale nucléaire de Loviisa, voisine du site de Hamina ; ce contrat démarre en 2028 à capacité réduite et ne porte que sur la moitié de la production de la centrale entre 2030 et 2049, précisent Fortum et World Nuclear News. Sans ce programme, écrit Google, la centrale — 580 salariés, 10 % de l'électricité finlandaise — ne pourrait pas fonctionner au-delà de 2030. Un protocole d'accord distinct prévoit d'étudier de nouvelles capacités, dont d'éventuels réacteurs supplémentaires sur le site.
Pourquoi c'est important
Ce que Google apporte à Loviisa tient à la certitude de revenus qu'assure un contrat d'achat sur vingt-deux ans : le programme de prolongation, chiffré à environ 1 milliard d'euros, reste porté par Fortum, et l'autorisation d'exploiter jusqu'à fin 2050 avait été accordée par le gouvernement finlandais en février 2023, plus de trois ans avant ce contrat. Le montage vaut d'être retenu par qui monte un projet de centre de données au sud de la Méditerranée : c'est l'engagement d'achat sur la durée qui rend finançable la production électrique dont ces installations dépendent. Les 13 milliards d'euros restent une intention assortie d'un plancher, Google écrivant « au moins », et l'entreprise n'a pas répondu à The Register qui lui demandait pourquoi la Finlande. Quant aux 37 000 emplois annoncés, ils couvrent la seule phase de chantier 2027-2028 : une fois les sites en service, Google en projette 7 000 par an.
Source : Google (communiqué)
Vodafone, Elsewedy et Cassava lancent en Égypte un centre de données IA visant 200 mégawatts
Vodafone Business, l'industriel égyptien Elsewedy Electric et Cassava Technologies, principal partenaire de Nvidia sur le continent, se sont entendus pour créer Africa Data Centers Egypt ; le ministre égyptien des Communications et des Technologies de l'information, Raafat Hindi, en a fait l'annonce mercredi, l'accord ayant été signé la veille selon Developing Telecoms et plusieurs médias égyptiens. La première phase porte sur 20 mégawatts à construire en trois ans, pour 200 millions de dollars que le ministère attend sous forme d'investissements directs étrangers ; le milliard de dollars et les 200 mégawatts ne seraient atteints qu'une fois la capacité visée achevée, sans échéance annoncée. Nvidia n'est ni signataire ni investisseur : c'est Cassava qui déploiera ses technologies de calcul accéléré. Le ministère table sur jusqu'à 200 emplois directs et environ 2 000 emplois indirects, et le vice-président Entreprise de Vodafone Égypte, Mahmoud El-Khatib, met en avant des solutions d'IA souveraines reposant sur des technologies mondiales hébergées localement, avec résidence des données en Égypte.
Pourquoi c'est important
Pour un investisseur ou un opérateur télécom qui suit les infrastructures d'IA en Afrique, le nom qui compte ici est Cassava : l'entreprise a annoncé en novembre 2025, avec Nvidia, un déploiement panafricain de centres de données chiffré à 700 millions de dollars, et elle range le Maroc parmi les pays où elle prévoit d'étendre ses installations équipées de calcul accéléré — deux dossiers distincts de celui-ci, avec leurs propres montants. La comparaison utile porte donc moins sur le milliard de dollars, qui reste une projection du ministère, que sur ce qui est réellement acté : les trois entreprises associées au projet et 20 mégawatts à construire en trois ans. L'AFP rappelle par ailleurs la contrainte qui commande tout sur le continent, l'électricité : un centre de données d'IA consomme jusqu'à cinq fois plus qu'un centre classique, et la fragilité des réseaux explique une part du retard africain. La dépêche situe aussi l'annonce dans la rivalité entre Washington et Pékin, à partir d'une information de Bloomberg sur une offre de Huawei dont on ignore ce qu'elle est devenue.
Source : Developing Telecoms
Choisir où héberger ses traitements d'IA →La Californie organise le métier d'auditeur d'IA sans imposer d'audit aux entreprises du secteur
Deux textes que son cabinet présente comme les premiers du genre aux États-Unis ont reçu mercredi la signature de Gavin Newsom. SB 813, du sénateur Jerry McNerney, charge la Government Operations Agency de définir d'ici au 1er janvier 2028 les critères de désignation d'organismes de vérification indépendants capables d'évaluer la conformité de systèmes d'IA au droit de l'État ; AB 1405, de la députée Rebecca Bauer-Kahan, crée un registre des auditeurs d'IA et leur interdit, à compter du 1er janvier 2029, d'exercer un audit couvert sans y être inscrits. Le texte de SB 813 précise qu'il n'oblige aucune entreprise développant, déployant ou exploitant un système d'IA à faire appel à un tel organisme ni à se soumettre à un audit pour opérer en Californie. AB 1405 répute satisfaite une partie de ses exigences pour les experts-comptables agréés par l'État qui respectent les normes professionnelles existantes.
Pourquoi c'est important
Le dispositif organise une profession — indépendance, transparence, intégrité, inscription obligatoire — sans rien imposer aux entreprises d'IA elles-mêmes, qui restent libres de recourir ou non à un audit : c'est cet écart qui change la portée du texte. La formule « première du pays » vient du communiqué du gouverneur et des élus qui ont écrit les lois ; celles-ci ne l'emploient nulle part. Une entreprise marocaine qui vend ou intègre des systèmes d'IA à destination du marché californien n'a donc rien à changer aujourd'hui : les échéances à porter dans un calendrier sont janvier 2028 et janvier 2029. Quant à l'exemption reconnue aux experts-comptables agréés, elle ne referme pas le métier sur eux, puisque AB 1405 définit l'auditeur d'IA comme toute personne physique ou morale qui évalue un système ou un modèle d'IA pour le compte d'un tiers, et ne dispense les comptables que d'une partie des exigences de contenu et d'indépendance. L'adoption n'a pas été acquise sans opposition : 31 voix contre 7 pour SB 813 à son premier passage au Sénat, jusqu'à 10 voix contre pour AB 1405. Parmi les sources consultées, seul le communiqué du bureau du gouverneur atteste la signature elle-même ; le contenu des deux lois, lui, reste vérifiable sur le portail de la législature.
Source : Bureau du gouverneur de Californie
Apple fait signer par le capteur de l'iPhone 18 Pro les photos dont on veut prouver l'origine
Présentée mercredi avec l'iPhone 18 Pro et l'iPhone 18 Pro Max, la fonction Apple Reference Image repose sur un capteur capable de signer chaque pixel qu'il voit. En mode Reference, l'appareil enregistre des données de capteur signées que Private Cloud Compute développe en une image de référence inaltérable, consultable dans l'app Photos à côté du cliché final, « comme un négatif numérique », pour comparer les deux et déterminer si des retouches ont eu lieu. Apple délimite elle-même la portée de la fonction : elle confirme visuellement ce que le capteur a vu au moment de la prise de vue. Elle doit être activée par l'utilisateur et ne concerne que les deux modèles Pro. Au lancement, elle sera entièrement indisponible en Chine, pour des raisons réglementaires ; dans l'Union européenne, seule sa capture le sera, le développement et la visualisation des images de référence restant possibles sous iOS, iPadOS et macOS 27. La prise en charge de SynthID, qui vise à identifier les images générées ou retouchées par IA, est annoncée pour une mise à jour d'ici la fin de l'année et ne couvrira que la plupart des images éditées, selon les retouches appliquées. Précommandes le 12 septembre, disponibilité le 18.
Pourquoi c'est important
Authentifier la provenance d'une photo et détecter une image de synthèse restent chez Apple deux fonctions distinctes, la seconde n'existant pas encore. Une rédaction, un cabinet d'expertise ou un assureur qui reçoit des photos de sinistres y gagne autre chose — la possibilité de confronter un cliché à sa référence plutôt que de s'en remettre au fichier reçu. Deux réserves avant d'en faire une procédure : Apple ne rattache Reference Image à aucun standard ouvert, le seul standard cité, SynthID, étant une technologie de Google ; et le communiqué ne dit rien de ce qu'il advient de la signature quand une photo passe par la compression d'un réseau social, seul 9to5Mac affirmant, sans détail technique, que les images signées peuvent être partagées avec leur signature.
Source : Apple