OpenAI dit avoir résolu Navier-Stokes, un mathématicien de NYU fait état de pressions sur le crédit
Un modèle interne qu'OpenAI présente comme « nettement plus capable » que GPT-6 Astra a produit une preuve du problème d'existence et de régularité de Navier-Stokes, publiée mardi par l'entreprise sur son propre site. Elle établit qu'une singularité peut se former en temps fini sous une force lisse, ce qui répond aux énoncés C et D du problème du prix du Millénaire et non à la démonstration que les solutions restent toujours régulières. Selon ce billet, les agents ont abouti le samedi 5 septembre, environ 88 heures après le lancement des premiers d'entre eux, de l'ordre de 10 000 travaillant en parallèle, et la vérification formelle en Lean a demandé dix-sept heures de plus ; OpenAI ajoute qu'elle ne réclamera pas le prix du Clay Mathematics Institute. Selon Scientific American et Fortune, Tristan Buckmaster, professeur de mathématiques à NYU, avait rendu publiques la veille au soir, avec Levent Alpöge, trois preuves de formation de singularité portant sur des équations voisines, dont Euler forcé — TechCrunch situe cette publication le mardi même —, en prolongeant une approche dont il crédite Diego Córdoba et Luis Martínez-Zoroa. Il affirme que le chercheur d'OpenAI Sébastien Bubeck lui a proposé de retirer le crédit de son coauteur, puis lui a lancé « Pourquoi voudriez-vous ruiner votre carrière ? » lorsqu'il a voulu rendre le différend public, rapporte TechCrunch ; Bubeck a répondu sur X que des « allégations fausses et incendiaires » circulaient à son sujet, propos relayés par Fortune.
Pourquoi c'est important
La preuve n'a été examinée ni par le Clay Mathematics Institute ni par la communauté mathématique, et Scientific American présente son propre article comme une information susceptible d'être mise à jour. Le coût du calcul se lit selon deux estimations que rien ne réconcilie : environ 22,5 millions de dollars selon TechCrunch, mais pour l'ensemble des problèmes du prix du Millénaire tentés cette semaine-là — 300 milliards de jetons produits, dont 130 milliards pour le seul Navier-Stokes, selon OpenAI —, et environ 2 millions selon ce que l'entreprise a indiqué en point presse, sur une base de comparaison différente, rapporte Fortune. Le point qui touche directement un laboratoire universitaire tient au sort des brouillons : Buckmaster et Alpöge disent avoir mené leur démonstration avec Claude et Codex, et OpenAI, tout en démentant tout accès à leurs travaux avant publication, reconnaît ne pas pouvoir exclure que des données désidentifiées issues de l'usage de ses produits aient contribué à améliorer ses modèles. Le mathématicien Terence Tao met en garde, de son côté, contre l'exploitation systématique des problèmes ouverts par des machines, qui risquerait selon lui de détruire l'écosystème dont sortent les techniques et les chercheurs de la génération suivante.
Source : TechCrunch
Mistral AI lève 3 milliards d'euros auprès de Samsung, à plus de 21 milliards de valorisation
Samsung Electronics a mené la série D de Mistral AI, qui porte sur 3 milliards d'euros et valorise l'entreprise française plus de 21 milliards d'euros après l'opération, trois ans après son lancement. Le Scaleup Europe Fund, géré par EQT, et l'investisseur historique PSG Equity codirigent le tour ; Advent, des fonds gérés par BlackRock et le Grand-Duché de Luxembourg y entrent comme nouveaux venus, aux côtés d'actionnaires déjà présents parmi lesquels a16z, ASML, Bpifrance, Nvidia et Salesforce Ventures. Mistral revendique une présence dans vingt pays et plus de 125 grands comptes, dont Airbus, ASML et HSBC, et qualifie l'opération de plus important financement en capital jamais bouclé par une société technologique européenne — une formule de l'entreprise, reprise telle quelle par la presse. TechCrunch rappelle que le laboratoire vise 1 gigawatt de capacité de calcul en Europe d'ici 2030 et qu'il a élargi en juillet son partenariat avec Microsoft, et rapporte un message d'Emmanuel Macron sur X saluant une « troisième voie » franco-coréenne dans l'IA.
Pourquoi c'est important
Le superlatif est de Mistral : ni le communiqué ni TechCrunch ne renvoient à un décompte indépendant ou à une base de données des levées européennes, et les équivalents en dollars qui circulent, environ 3,58 et 24,39 milliards, sont des conversions faites par le média. Ce que l'opération dit de la stratégie se lit plutôt dans l'identité des chefs de file, ASML pour la série C et Samsung pour la série D : le laboratoire s'adosse à des industriels de la fabrication avancée. Pour une direction qui hésite à confier ses traitements à un fournisseur américain, l'élément vérifiable à retenir tient aux outils dévoilés en août, qui laissent le client choisir la région où ses requêtes sont traitées — une clause qui s'écrit dans un contrat, là où les engagements de souveraineté restent souvent déclaratifs.
Source : Mistral AI (communiqué)
Le ministère marocain de la Transition numérique présente les premiers dispositifs de Maroc IA 2030
Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration a détaillé mardi à Rabat les dispositifs qui doivent faire passer la feuille de route Maroc IA 2030 de la conception à la mise en œuvre, rapporte Le Brief. Le réseau national des Instituts JAZARI y est présenté au complet, avec quatre composantes — ROOT, Smart City, EduTech et Industrie X.0 —, sa tête de réseau ayant été constituée en groupement d'intérêt public dès le lancement de la stratégie, le 12 janvier, rapportait alors Le Desk. Le ministère a également dévoilé une place de marché souveraine de l'intelligence artificielle, présentée comme un environnement sécurisé associant maîtrise nationale des infrastructures et protection des données, et Idarati AI, un assistant fondé sur l'IA agentique destiné à informer et orienter les usagers dans leurs démarches administratives ; la méta-application et le portefeuille électronique national montrés le même jour restent au stade du prototype, que Hespress qualifie de « Proof of Concept ». Les trois cibles pour 2030 — 100 milliards de dirhams de valeur ajoutée au PIB, 50 000 emplois directs et indirects, 200 000 talents formés et certifiés — ont été réitérées sans changement depuis janvier, et la rencontre a été marquée par la présentation d'un « Livre Rose » retraçant, de 1956 à 2026, le passage du Maroc d'un usage des technologies à une ambition de maîtrise de ses actifs numériques.
Pourquoi c'est important
Le statut des dispositifs varie de l'un à l'autre, et les sources ne le précisent que pour une partie d'entre eux : la méta-application et le portefeuille électronique sont explicitement des prototypes, le réseau JAZARI existait déjà par son premier institut, tandis que l'ouverture au public d'Idarati AI comme de la place de marché n'est indiquée nulle part. Les comptes rendus de la rencontre reprennent par ailleurs une même dépêche officielle — TelQuel et Le Reporter créditent la MAP —, et nous n'avons trouvé aucun compte rendu journalistique indépendant de cette source. La place de marché souveraine reste le point d'entrée à surveiller : c'est par ce canal, selon les dispositifs annoncés, que des solutions d'IA seront proposées sous maîtrise nationale des infrastructures. Sa date d'ouverture et ses conditions d'accès pour les fournisseurs n'ont pas été précisées le 8 septembre.
Source : Le Brief
Cadrer un projet d'IA hébergé au Maroc →Plus de vingt-cinq ministres de l'Éducation adoptent à l'Unesco une déclaration sur l'IA en classe
Réunis à Paris pour l'ouverture de la Semaine de l'apprentissage numérique, plus de vingt-cinq ministres de l'Éducation et représentants désignés ont adopté mardi une déclaration commune appelant à maintenir l'éducation comme « un droit humain et un bien commun à l'ère de l'intelligence artificielle », indique l'Unesco sur la page de l'événement. Dix d'entre eux venaient d'Afrique, précise RFI, seule des sources consultées à donner cette répartition. La dépêche de RFI résume par ailleurs l'engagement en d'autres termes que l'organisation : l'usage de l'IA dans l'éducation doit y rester « une décision publique, soumise à la transparence et au contrôle démocratique ». L'organisation a depuis mis en ligne le texte intégral, intitulé « Sustaining education as a common good in the age of AI », sur son portail documentaire ; la rencontre se poursuit jusqu'au 11 septembre sur le thème « L'éducation à l'ère de l'IA : faits, frictions, frontières ».
Pourquoi c'est important
Le document adopté est une déclaration, un instrument qui n'engage aucun État à ratifier quoi que ce soit, et les deux résumés diffusés le 8 septembre n'en retenaient pas la même formule. Le débat se déplace tout de même vers les conditions d'entrée de l'IA dans les salles de classe et vers l'autorité qui les fixe, administration ou fournisseur ; un établissement africain qui négocie une licence avec un éditeur y trouve un point d'appui, la phrase reprise par RFI demandant que les règles d'usage relèvent de la décision publique plutôt que des conditions générales du service. Le Zimbabwe et le Kenya, souligne RFI, se sont déjà dotés d'une stratégie nationale sur l'intelligence artificielle ; « les grands thèmes sont là : la sûreté, la sécurité, l'éducation. Maintenant, il faut passer à l'exécution », résume de son côté Shingai Manjengwa, responsable de l'éducation à l'intelligence artificielle à l'institut québécois Mila, interrogée en marge de la rencontre.
Source : Unesco
Former enseignants et encadrants à l'usage de l'IA →Meta ouvre aux États-Unis Muse, un agent qui écrit et achète à la place de son utilisateur
Envoyer des courriels, réserver un voyage, remplir un formulaire, faire baisser une facture ou régler un achat : Meta a ouvert mardi aux seuls États-Unis l'accès à Muse, un agent censé accomplir ces tâches pour le compte de son utilisateur, sur le web, sur iOS et Android et dans les conversations WhatsApp. Il s'appuie sur Muse Spark, le modèle que l'entreprise avait présenté en avril, et passe par Link by Stripe pour payer. L'usage est gratuit, deux abonnements à 20 et 100 dollars par mois prenant le relais lorsque la consommation augmente, mais l'inscription exige d'emblée une carte bancaire. Meta décrit une machine virtuelle dédiée sur laquelle tourne un second agent, Sentinel, chargé d'autoriser toute sortie vers internet, et affirme que Muse n'a aucune visibilité sur les mots de passe ni sur les moyens de paiement ; TechCrunch souligne que ces garanties devront encore être examinées de plus près par des experts en sécurité.
Pourquoi c'est important
Deux limites s'imposent avant tout essai depuis le Maroc : le service n'est pas accessible hors des États-Unis et, selon la dépêche de l'Associated Press, il est réservé aux majeurs. Le réglage qui compte se trouve ailleurs, dans le sens par défaut du consentement — d'après CNBC, les échanges avec l'agent servent à entraîner les modèles de Meta à moins que l'utilisateur ne s'y oppose, l'entreprise disant retirer au préalable les informations personnelles identifiantes « critiques », un qualificatif qu'elle ne définit pas. Une variante où la machine virtuelle serait chiffrée avec une clé détenue par le seul utilisateur est annoncée pour la fin de l'année, et n'existe donc pas encore. Un responsable informatique confronté à ce type d'agent a deux questions à poser avant de le laisser entrer : que voit-il, et qui peut relire ce qu'il a vu ?
Source : TechCrunch
Cognition lève 2 milliards de dollars et voit sa valorisation passer de 26 à 48 milliards
Trois mois et demi après le tour de table du 27 mai qui la valorisait 26 milliards de dollars — TechCrunch arrondit pour sa part à quatre mois —, Cognition, l'éditeur de l'assistant de développement Devin, a annoncé mardi une levée de 2 milliards à une valorisation de 48 milliards, codirigée par deux nouveaux venus, Andreessen Horowitz et Accel, avec la participation des investisseurs historiques Founders Fund, General Catalyst et Avenir. L'entreprise fondée en 2024 par Scott Wu dit avoir vu son revenu annualisé passer de 492 à près de 900 millions de dollars depuis le mois de mai, sans expliquer comment elle le calcule ; TechCrunch rappelle que cet indicateur consiste d'ordinaire à multiplier par douze le chiffre d'affaires d'un mois. Selon The Information, citée par le même média, la location d'une grappe de serveurs Nvidia pourrait porter à 800 millions de dollars la consommation de trésorerie de l'entreprise cette année, et son revenu annualisé atteindre 4 à 5 milliards fin 2026. Cognition entraîne désormais son propre modèle à partir de briques ouvertes, afin de réduire sa dépendance aux modèles d'OpenAI et d'Anthropic.
Pourquoi c'est important
Le rapport entre la valorisation et le revenu est ce que cette opération déplace. En avril, Cursor négociait à 50 milliards de dollars avec un revenu annualisé dépassant 2 milliards, avant d'être racheté 60 milliards par SpaceX ; Cognition obtient 48 milliards avec moins de la moitié de ce revenu, soit un multiple plus élevé, relève TechCrunch. Le titre du média y voit le signe que les investisseurs ne croient pas à un marché où un seul acteur raflerait tout, mais c'est une lecture du journal : aucune des parties au dossier ne l'a formulée. Ce que cela change pour une direction technique qui choisit un assistant de développement, TechCrunch le signale en passant : comme Cursor avant de rejoindre SpaceX, Cognition entraîne son propre modèle pour réduire sa dépendance à OpenAI et à Anthropic, ce qui modifie la nature de ce que l'on achète et l'endroit où transite le code.
Source : TechCrunch