Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme réclame des lignes rouges communes sur l'IA
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a demandé lundi que les pays hébergeant l'intelligence artificielle et ceux qui interviennent dans ses chaînes d'approvisionnement s'accordent au minimum sur des lignes rouges communes, rapporte la dépêche Reuters, en y ajoutant une vérification indépendante et une coopération renforcée sur la sécurité au sein du secteur, selon UN News. La prise de position figurait dans la mise à jour globale qu'il a présentée devant les 47 membres du Conseil des droits de l'homme, réuni à Genève pour sa 63e session. « Je partage les inquiétudes d'acteurs du secteur selon lesquelles une IA avancée pourrait représenter un risque existentiel pour l'humanité », a-t-il déclaré, dans des termes que Reuters et Euronews restituent à l'identique, avant de définir ce qu'il tient pour une IA trop puissante : celle « qui s'échappe de son environnement de test, ou qui fait chanter ses développeurs pour éviter d'être éteinte ». Il a par ailleurs affirmé qu'une « poignée d'hommes » détenait un pouvoir presque illimité sur l'IA, sans nommer aucune entreprise, précise Reuters. Dans une autre partie de ce discours, consacrée aux conflits armés, il s'était joint aux appels à l'interdiction urgente des armes capables de tuer sans intervention humaine.
Pourquoi c'est important
Le Conseil des droits de l'homme ne lie pas les États, et cette intervention est un discours sans portée normative ; l'alerte sur le risque existentiel, elle, reste au conditionnel et empruntée à des acteurs du secteur. Le seul levier propre au Haut-Commissaire est celui qu'il a annoncé lui-même : écrire dans les jours qui viennent aux entreprises d'IA pour leur demander de réduire les risques qui relèvent d'elles, rapporte Euronews. Pour une direction qui déploie des systèmes d'IA, la demande la plus opérationnelle du discours tient en deux mots, vérification indépendante : un contrôle exercé par un tiers sur ce que fait un système, que les acheteurs publics et privés peuvent inscrire dans un contrat de fourniture bien avant qu'un traité ne l'impose.
Source : UN News
Anthropic aurait engagé jusqu'à 517 milliards de dollars de capacité de calcul en onze mois
Onze mois de contrats mis bout à bout donnent 517 milliards de dollars : c'est le total qu'obtient The Information en additionnant des annonces publiques de contrats liés à Anthropic et ses propres informations, un décompte relayé lundi par The Decoder et, le même jour, par DataCenterDynamics. Depuis octobre 2025, le laboratoire aurait réservé au moins 14,8 gigawatts de puissance de calcul, en plus du gigawatt ou deux dont il disposait déjà, Google et Amazon Web Services devant en fournir 11 à eux deux selon DataCenterDynamics. Anthropic avait indiqué à ses investisseurs tabler sur quelque 180 milliards de dollars de location de serveurs jusqu'en 2029, un montant que l'addition de The Information dépasse largement et qui pourrait rester un plancher, The Information notant par ailleurs que d'autres accords ont pu être signés sans être rendus publics. Ni Anthropic ni OpenAI ne peuvent aujourd'hui couvrir de tels engagements par leurs seuls revenus, écrit The Decoder, qui situe via Bloomberg le chiffre d'affaires annualisé d'Anthropic au-dessus de 65 milliards de dollars, celui d'OpenAI au-dessus de 40 milliards au mois de juillet.
Pourquoi c'est important
Le chiffre est une addition faite de l'extérieur : DataCenterDynamics dit avoir sollicité Anthropic pour un commentaire, sans qu'aucune réponse de l'entreprise n'apparaisse dans son article. Il porte sur des engagements contractuels dont l'exécution s'étale sur plusieurs années, beaucoup courant au-delà de 2030, et c'est précisément ce décalage de calendrier qui rend malaisée la comparaison avec l'objectif de 30 gigawatts qu'OpenAI vise pour 2030, souligne The Information, dont l'estimation situe néanmoins probablement la capacité totale d'Anthropic en deçà de cette cible. Pour qui achète du calcul, la donnée à retenir est la concentration : sur la capacité réservée, 11 gigawatts le seraient auprès de deux fournisseurs seulement.
Source : The Decoder
UBS conditionne le recrutement de ses juniors 2027 à une pratique démontrée de l'IA
Les diplômés et stagiaires qui viseront une entrée en 2027 dans la division Global Banking and Markets d'UBS devront montrer comment ils se servent de l'intelligence artificielle pour améliorer leurs résultats et leur efficacité, rapporte le Financial Times, cité le même jour par The Decoder, TechRadar et The Next Web. Les entretiens comporteront des questions sur leur usage réel de ces outils, l'exigence s'ajoutant aux critères habituels — TechRadar rappelle qu'une mention universitaire de type 2:1 reste demandée — et devant s'appliquer aussi aux autres postes nouvellement publiés. Interrogée par le quotidien britannique, la banque suisse indique que les compétences en IA complètent les aptitudes académiques et sociales sans s'y substituer, et prévoit un parcours interne baptisé AI Fluency Pathway, consacré à des cas d'usage bancaires et à un usage responsable de ces outils. Chez Santander, certains programmes de stagiaires recherchent également des utilisateurs avancés de l'IA.
Pourquoi c'est important
Un point de méthode s'impose d'emblée : cette annonce ne repose que sur un article du Financial Times bâti sur des témoignages anonymes, que The Next Web dit ne pas avoir recoupé lui-même ; UBS a toutefois fourni un commentaire au quotidien, ce qui distingue l'affaire d'une fuite laissée sans réaction officielle. L'exigence vise les candidats externes, et la banque n'a pas dit si elle s'étendrait un jour aux salariés déjà en poste, relève The Next Web. Ce que l'annonce change concrètement, pour un étudiant marocain qui postule à un programme de diplômés dans une banque internationale, tient à la nature de la preuve attendue en entretien : un usage documenté, avec un avant et un après mesurables, plutôt qu'une ligne de plus sur un curriculum vitae.
Source : The Decoder
Acquérir les usages de l'IA que les recruteurs testent désormais →Un médicament conçu par IA fait reculer l'âge biologique prédit des patients traités, selon six horloges
Insilico Medicine a annoncé lundi la parution dans Nature Biotechnology d'une réanalyse des prélèvements sanguins issus de son essai de phase IIa de rentosertib, une molécule conçue à l'aide d'IA générative contre la fibrose pulmonaire idiopathique. Cet essai portait sur 71 patients ; 42 d'entre eux ont fourni les échantillons exploités par la nouvelle analyse, dont 31 sous traitement et 11 sous placebo. Six horloges de vieillissement construites par des équipes distinctes, à Harvard, Oxford, Pékin et chez Insilico elle-même, ont toutes lu les motifs protéiques des patients traités comme plus jeunes que ceux du groupe placebo, avec un écart de trois à quatre ans dès la quatrième semaine et jusqu'à six ans pour l'une d'entre elles. Le déplacement observé porte sur ce que ces modèles interprètent, sans mesure directe du vieillissement à l'appui : The Decoder souligne que rien n'établit que les patients ont rajeuni. La dose la plus favorable aux poumons, 60 mg une fois par jour, n'est d'ailleurs pas celle qui abaisse le plus l'âge prédit, 30 mg deux fois par jour. Le rentosertib est aujourd'hui en essai de phase III en Chine pour cette maladie.
Pourquoi c'est important
La convergence est ce qui distingue ce résultat d'une mesure isolée : le prix Nobel de chimie Michael Levitt dit être convaincu non par l'ampleur de l'effet mais par l'accord de modèles qui ne partagent ni leurs variables ni leurs données d'entraînement. Levitt pose aussi la limite, dans le communiqué d'Insilico où ses propos ont été sélectionnés et diffusés par l'entreprise : l'essai ne permet pas encore de distinguer un vieillissement ralenti d'un poumon soigné, et c'est un essai chez des volontaires en bonne santé qui reste attendu. Vadim Gladyshev, de la Harvard Medical School, qui compte parmi les coauteurs de l'article, relève auprès du New York Times la petite taille de l'échantillon et la fiabilité inégale de ces horloges tout en y voyant la première démonstration nette qu'un âge biologique prédit peut être abaissé ; le cardiologue Eric Topol, extérieur à l'étude, y juge la molécule encourageante mais l'essai décisif encore à venir. Pour un service hospitalier ou un laboratoire qui suit des essais de ce type, la limite à tenir dans la communication tient en une phrase : un âge biologique prédit qui baisse n'est pas encore un bénéfice clinique démontré.
Source : Insilico Medicine (communiqué)
Rabat : plus de 100 acteurs publics et associatifs consultés sur l'inclusion numérique et l'IA
Plus de 100 représentants d'institutions nationales, d'administrations publiques, d'associations et de trois universités marocaines ont travaillé lundi à la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc, à Rabat, sur l'élargissement de l'accès aux compétences numériques, à l'intelligence artificielle et aux services publics dématérialisés, rapporte InfoMagazine. Trois priorités ont structuré les échanges : l'employabilité des jeunes par le numérique, l'autonomisation économique des femmes en situation de vulnérabilité et l'accès des personnes en situation de handicap aux services publics en ligne. Des représentants de la société civile y ont ajouté la protection des données personnelles, la souveraineté numérique et la diversité linguistique et culturelle des contenus. La consultation doit alimenter la mise à jour du troisième Plan d'action national pour le gouvernement ouvert, qui couvre la période 2024-2028 — le Maroc participe au Partenariat pour un gouvernement ouvert depuis 2018. Le ministère chargé de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration situe cette orientation dans le prolongement de la feuille de route AI Made in Morocco et du programme de transformation administrative 2026-2030, avec le réseau d'instituts JAZARI et un objectif de 100 000 talents numériques formés par an d'ici 2030.
Pourquoi c'est important
Les propositions recueillies doivent encore être examinées pour nourrir la mise à jour du plan : rien n'a été révisé ce jour-là, et un bémol s'ajoute côté sources, puisque ni le fil d'actualités du ministère, dont la dernière entrée datait du 3 septembre, ni aucune autre reprise que nous ayons retrouvée ne mentionnaient cette rencontre à l'heure où ce brief était rédigé. Le choix des trois priorités dit en revanche le déplacement que revendique le ministère, de l'accès aux outils vers la capacité à s'en servir, mesurée sur des publics précis plutôt que sur un taux d'équipement ; les repères déjà posés en donneront la mesure, avec douze villes couvertes par la première phase du programme national de formation des enfants au numérique et à l'IA, et plus de 4 000 participants au hackathon RamadanIA dans les douze régions du Royaume. Pour une association qui travaille sur l'inclusion numérique au Maroc, le repère utile est le calendrier de cette mise à jour : c'est à ce moment-là que l'on saura si les propositions issues de cette consultation sont effectivement intégrées aux engagements du gouvernement ouvert et de la transition numérique, seule suite que la source annonce à ce stade.
Source : InfoMagazine