Nvidia rachète Hugging Face pour 12,93 milliards de dollars et promet de ne pas imposer son calcul sur la plateforme
Jensen Huang a annoncé jeudi, sur le blog de Nvidia, un accord pour acquérir Hugging Face au prix de 12 930 300 000 dollars — une enveloppe qui recouvre environ 11,9 milliards versés aux actionnaires et jusqu'à 1 milliard en actions de rétention pour les salariés qui rejoindront le groupe, selon le formulaire 8-K déposé par Nvidia auprès du régulateur boursier américain. La plateforme héberge plus de 3 millions de modèles, 500 000 jeux de données et 1 million d'applications, que partagent plus de 18 millions de développeurs, chercheurs et créateurs ; plus de 200 000 entreprises s'en servent pour trouver, évaluer, adapter et déployer des modèles. Le dirigeant écrit qu'elle restera une plateforme ouverte à tout l'écosystème de l'IA et que le calcul Nvidia ne sera pas requis pour y construire ou y déployer, le support multi-cloud et multi-accélérateur étant maintenu. CNBC situe l'opération au deuxième rang des acquisitions de Nvidia, derrière les 20 milliards de dollars d'actifs rachetés à Groq en décembre dernier.
Pourquoi c'est important
Avec 3 millions de modèles et 18 millions d'utilisateurs revendiqués, Hugging Face est devenu le point de téléchargement ordinaire des modèles ouverts, y compris pour ceux qui n'ont ni centre de données ni budget d'interface de programmation : un laboratoire universitaire, une petite société de services. L'engagement d'ouverture figure dans le billet de blog comme dans le formulaire 8-K, sans qu'aucun des deux textes dise ce qu'un développeur tiers pourrait en exiger ; il se vérifiera à l'usage, à la qualité du support laissé aux accélérateurs concurrents dans les mois qui viennent. Clem Delangue, cofondateur de Hugging Face, explique de son côté sur X être allé chercher chez Nvidia plus de calcul, de soutien, de collaboration et de visibilité, propos rapportés par TechCrunch.
Source : Blog Nvidia
OpenAI lance GPT-6 Astra et réserve les premiers accès à un nombre limité d'organisations
GPT-6 Astra est en ligne depuis jeudi. OpenAI présente son nouveau modèle comme le plus intelligent et le plus aligné au monde, et en réserve les premiers accès à un cercle restreint d'organisations — d'abord celles de son programme de cybersécurité Daybreak, précise CNBC — avant une ouverture annoncée dans les jours suivants aux abonnés ChatGPT Plus, Pro, Business et Enterprise, à l'API, à Microsoft Azure et à AWS Bedrock. Le tarif de l'API Standard est fixé à 10 dollars par million de tokens en entrée et 50 dollars par million en sortie, doublé pour un mode rapide ; l'usage passant par les abonnements ChatGPT reste compris dans les forfaits existants. Greg Brockman, président d'OpenAI, a estimé devant NBC News qu'il serait raisonnable de voir Astra comme une version d'intelligence artificielle générale : l'appréciation est la sienne, aucune évaluation extérieure ne l'établit.
Pourquoi c'est important
Les chiffres qui circulent depuis jeudi — 98 % sur FrontierMath Tier 4, 100 % sur ExploitBench — sortent tous de la page de lancement d'OpenAI, qui a choisi les modèles concurrents affichés et leurs réglages, certains scores de rivaux étant repris de leurs propres publications sans avoir été reproduits. Deux des résultats de cybersécurité ont par ailleurs été obtenus sans les garde-fous de production, comme l'entreprise le précise : ils ne décrivent pas le modèle tel qu'il sera vendu. Rien de ce qui a été publié ce jour-là ne permet à un acheteur de comparer Astra à un rival sur une base qu'OpenAI n'aurait pas construite ; ce qui est ferme se limite au prix et au calendrier.
Source : OpenAI
Amal El Fallah Seghrouchni reçoit à Paris un prix d'excellence africain pour son action sur l'IA
La ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'Administration a été distinguée jeudi à Paris, lors de la première édition des Africa Next Awards. La Quotidienne, dont le texte tient du communiqué ministériel, indique qu'elle a reçu le Prix d'Excellence Africain « Intelligence Artificielle, Souveraineté Numérique et Innovation Publique ». Portée par la société d'événementiel Boss+ selon FratMat, la soirée devait se tenir aux Folies Bergère et distinguer 100 personnalités venues de 35 pays africains, dans des domaines allant de l'entrepreneuriat à la politique en passant par la culture et la science, d'après le programme publié avant l'événement par AfrikSoir. Le palmarès mis en ligne par les organisateurs présente la ministre comme professeure à Sorbonne Université et directrice d'AI Movement, centre international d'intelligence artificielle du Maroc placé sous l'égide de l'UNESCO au titre des centres de catégorie II.
Pourquoi c'est important
Une distinction remise par un organisateur privé n'évalue pas une politique publique, et le texte diffusé relève du bilan d'étape. Il fixe en revanche des repères que l'on pourra confronter aux faits : une feuille de route de la transformation administrative 2026-2030 en préparation, les Instituts JAZARI, le Hub Digital pour le Développement Durable lancé avec le PNUD à destination des pays africains et arabes, et un objectif de 100 000 talents numériques formés chaque année d'ici 2030. Ce dernier chiffre est le plus exigeant : il mesure la charge qui revient aux écoles et aux organismes de formation, et détermine le vivier dans lequel les employeurs marocains iront recruter.
Source : La Quotidienne
Se former aux métiers de l'IA au Maroc →Google DeepMind lance WeatherNext 3, un modèle météo mis à jour toutes les heures
Le modèle assimile une mosaïque de données satellite géostationnaires en direct, ce qui lui permet de produire une prévision par heure, avec une résolution de 5 kilomètres pour la température et l'humidité, 10 kilomètres pour d'autres variables de surface et 25 kilomètres pour les variables atmosphériques. Google le déploie depuis jeudi dans son moteur de recherche, l'application Gemini, Maps, l'API météo de Maps Platform et Earth Engine. À un jour ou plus, l'entreprise annonce des prévisions de précipitations jusqu'à 50 % plus précises, avec les progrès les plus nets dans les régions où les prévisions étaient historiquement les moins fiables, sans nommer ces régions à cet endroit. Elle présente par ailleurs cette haute résolution comme particulièrement essentielle pour l'Amérique latine, l'Afrique et l'Asie-Pacifique, longtemps mal desservies par les modèles régionaux en raison de leur coût de calcul.
Pourquoi c'est important
Ces pourcentages sont ceux de Google, mesurés contre des jeux de données qu'elle a elle-même retenus. Le seul classement extérieur invoqué, l'Operational WeatherBench de la start-up Brightband, porte selon TechCrunch sur des mesures comme la température, la vitesse du vent et l'humidité. Quant à l'antériorité revendiquée sur l'assimilation d'observations brutes, la start-up WindBorne la conteste auprès de TechCrunch au nom de son modèle WeatherMesh 6, et Google lui répond en mettant en avant sa résolution. Deux sorties du modèle échappent à ce débat et intéressent directement les producteurs d'électricité : le vent à 100 mètres, hauteur de nacelle d'éolienne, et le rayonnement solaire reçu au sol. Google précise que ses prévisions ne se substituent pas aux alertes des services météorologiques nationaux.
Source : Google DeepMind
Un service commercial vend l'accès à des modèles ouverts dont les garde-fous ont été retirés
Abliteration.ai, société constituée en mars et basée à Palo Alto selon Gizmodo, héberge et facture l'accès, par navigateur ou par interface de programmation, à des versions de modèles ouverts privées de leur capacité de refus — dont GLM-5.3, publié en août par le laboratoire chinois Z.ai, précise le même média. Dans une enquête parue jeudi, TechCrunch dit avoir ouvert un compte gratuitement, puis obtenu sans résistance un programme Python volant les mots de passe enregistrés dans Chrome ainsi qu'un protocole détaillé permettant de cultiver chez soi un pathogène humain dangereux. Le procédé, l'abliteration, consiste à supprimer les refus d'un modèle ouvert ; il se pratique depuis des années et Hugging Face en héberge des milliers de versions. Ce qui est nouveau tient à sa mise en service commerciale.
Pourquoi c'est important
La société dit ne pratiquer aucune vérification d'identité au-delà de l'enregistrement de la carte bancaire, et les spécialistes interrogés par TechCrunch divergent : Andrew Yoon, de l'association CivAI, s'attend à voir ces modèles servir à nuire ; Ahmed Aly, PDG de Fabraix, société de red-teaming d'agents, dit préférer réentraîner des modèles ouverts et juge ces versions dépouillées moins efficaces pour causer un dommage réel. Abliteration.ai revendique pour clients de jeunes sociétés européennes et britanniques du même métier, celui des tests adversariaux menés sur les agents d'une entreprise pour en débusquer les failles. Le modèle qu'emploie un tel prestataire, et l'identité de ceux qui y accèdent par ailleurs, deviennent des questions de contrat pour les banques qui achètent ces prestations. Coïncidence de calendrier : le rachat de la plateforme qui héberge, d'après TechCrunch, des milliers de ces versions modifiées a été annoncé le même jour.
Source : TechCrunch
Gmail, Docs et Keep passent à la commande vocale conversationnelle, sur abonnement payant
Trois fonctions vocales présentées en avant-première à la conférence I/O de Google sont ouvertes depuis jeudi : Gmail Live, Docs Live et Keep Live. La première permet de fouiller sa boîte de réception en posant une question à voix haute, la deuxième de rédiger un document en parlant, en puisant sur autorisation dans Gmail, Drive, Chat et le web, la troisième de convertir un flux de parole en listes et notes structurées. L'accès est réservé aux abonnés payants : Google AI Plus au minimum pour Gmail et Keep, Pro ou Ultra pour Docs. L'entreprise décrit un déploiement étalé sur la semaine. D'après 9to5Google, il se limite au mobile et à l'anglais, Keep Live n'existe pour l'instant que sur Android, et les comptes Google Workspace d'entreprise sont annoncés comme desservis prochainement.
Pourquoi c'est important
Trois limites décident aujourd'hui de qui peut s'en servir : la langue, la plateforme et le type de compte, sans que Google en donne la raison. Rien n'est confirmé au-delà de l'anglais, rien hors du téléphone, et l'abonnement se souscrit depuis un compte Google personnel — les organisations passées à Workspace attendent une date. Une équipe qui espérait dicter ses comptes rendus en français n'a donc rien à essayer, et Google n'annonce ni calendrier linguistique ni disponibilité sur ordinateur.
Source : Google Workspace