Le Maroc et l'ESCWA signent à Rabat un mémorandum d'entente sur l'IA et la transformation numérique
Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'Administration, et Rania Al-Mashat, secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale des Nations unies pour l'Asie occidentale, ont paraphé mercredi à Rabat un mémorandum d'entente. Le texte couvre la transformation numérique, la modernisation de l'administration publique, la gouvernance, l'intelligence artificielle et l'innovation, et porte sur l'échange d'expertises, de connaissances et de bonnes pratiques : aucun budget, aucun calendrier, aucun projet chiffré n'accompagne l'annonce dans les deux dépêches disponibles, dont les contenus se recoupent presque mot pour mot et dont l'une, La Relève, cite explicitement un communiqué du ministère. La signature prolonge le troisième Forum arabe de l'administration publique, tenu à Rabat les 30 juin et 1er juillet, dont la Déclaration de Rabat avait fixé des orientations portant notamment sur la qualité des services publics, la simplification administrative, la transformation numérique et l'usage responsable de l'IA. La dépêche de la MAP, reprise par La Relève, ajoute que ces orientations sont au nombre de quatorze, que Mme Al-Mashat est également secrétaire générale adjointe des Nations unies, et qu'elle a mis en avant l'intérêt de tirer parti de l'expérience marocaine en matière de réforme administrative. Le ministère travaille depuis mai 2025 à une feuille de route de transformation administrative pour la période 2026-2030.
Pourquoi c'est important
Un mémorandum d'entente ouvre un canal sans engager le moindre moyen budgétaire. Ce que le Maroc y gagne tient d'abord à la position qu'il y occupe, celle d'un pays dont une commission des Nations unies vient chercher l'expérience administrative. Pour un cadre du secteur public, ce qui compte se jouera après la signature : la feuille de route 2026-2030, en chantier depuis mai 2025, dira si ce cadre produit des programmes.
Source : InfoMagazine
Structurer un programme de transformation numérique →Google publie Gemini 3.8 Flash et réserve sa variante cyber à un cercle de défenseurs qu'il agrée
Deux billets mis en ligne le même jour par Google annoncent Gemini 3.8 Flash, présenté comme son meilleur modèle de raisonnement et de code, au tarif d'introduction de la version précédente — 0,75 dollar le million de jetons en entrée, 3,75 en sortie — et une variante Flash Cyber consacrée à la détection de vulnérabilités et à la correction automatisée. L'entreprise précise elle-même qu'il s'agit de sa troisième sortie de la gamme Flash en six semaines. La variante cyber échappe à la mise à disposition générale : dotée de garde-fous plus permissifs, elle n'est accessible qu'aux organisations retenues par le programme Fairwind, lancé le même jour, qui revendique plus de 650 partenaires dont CrowdStrike, Palo Alto Networks et Snowflake. Les mesures avancées ne sont pas toutes extérieures : le gain de rappel de 7,5 à 9,7 points provient de Wiz, société rachetée par Google en mars, tandis que sur CWE-Bench, épreuve externe exécutée par la société Collinear, le modèle obtient 47,2 % contre 47,8 % pour un modèle concurrent que Google ne nomme pas, l'avantage revendiqué portant sur le coût.
Pourquoi c'est important
L'accès conditionne tout. Un modèle qui trouve des failles et écrit des correctifs ne circule plus librement. Google le réserve aux organisations qu'il agrée, quand OpenAI prévoit de réserver les fonctions cyber de son futur modèle Astra à des testeurs choisis. Pour un responsable de la sécurité informatique, la question pratique devient celle de l'éligibilité, puisqu'un programme d'agrément se demande. Fairwind ne publie aucun critère géographique, et les partenaires que Google cite sont tous des acteurs mondiaux.
Source : Google
Djibouti inaugure son premier forum national sur l'intelligence artificielle
Le Palais du Peuple accueille mercredi et jeudi le premier Forum national djiboutien consacré à l'intelligence artificielle, organisé par le ministère délégué chargé de l'Économie numérique et de l'Innovation avec le Secrétariat général du gouvernement, sous le haut patronage du président Ismaïl Omar Guelleh. L'Agence djiboutienne d'information rapporte que le chef de l'État a plaidé à la tribune, dès le premier jour, pour l'intégration de l'IA et l'ambition d'un pôle numérique régional. Les organisateurs annoncent le lancement d'une stratégie nationale de l'intelligence artificielle et la présentation d'un rapport d'évaluation mené avec l'UNESCO, dont La Nation rapporte qu'il situe le pays à un stade « émergent », autour de 24,5 sur 100. Un panel ministériel porte sur les priorités du pays à l'horizon 2030. Les équipes retenues au concours national de prototypage peuvent bénéficier de mentorat, d'incubation et de financements, et la valorisation du somali et de l'afar figure parmi les orientations affichées.
Pourquoi c'est important
Les récits de l'ouverture émanent tous de médias d'État djiboutiens, et le lancement effectif de la stratégie restait à confirmer par une source extérieure au moment où nous écrivons — réserve faite, la méthode mérite d'être relevée. Djibouti fait établir un diagnostic chiffré de sa préparation à l'IA, le rend public, puis annonce une stratégie nationale : une séquence qui se vérifie ensuite sur pièces. L'inscription du somali et de l'afar parmi les orientations montre en outre qu'une stratégie peut poser la question linguistique dès sa conception.
Source : La Nation
Une technique de raisonnement prêtée au futur modèle d'OpenAI inquiète des chercheurs en sûreté
The Information a rapporté mardi qu'Astra, le prochain modèle d'OpenAI, emploierait une technique dite de « profondeur récurrente », aussi appelée « récurrence opaque » : au lieu de dérouler un raisonnement séquentiel lisible, le modèle repasserait plusieurs fois la même requête en boucle, laissant moins de traces exploitables. Buck Shlegeris, PDG de Redwood Research, et Ryan Greenblatt, directeur scientifique de la même organisation, s'en sont inquiétés publiquement, le second redoutant une progression vers un raisonnement se déroulant presque entièrement dans l'espace latent. Jakub Pachocki, directeur scientifique d'OpenAI, a répondu sur X que la surveillance du raisonnement reste un objectif central des recherches de l'entreprise ; The Decoder rapporte qu'il a concédé dans le même échange que cette surveillance est fragile et qu'elle évolue dans une direction défavorable. TechCrunch précise que l'usage de la technique par Astra semble limité, que sa chaîne de raisonnement devrait rester lisible, et qu'OpenAI a écarté l'idée d'un basculement vers un raisonnement en « neuralese ». Mercredi matin, The Information ajoutait qu'Anthropic et Google DeepMind discutaient de cette même technique, sans indiquer qu'ils l'emploient.
Pourquoi c'est important
The Decoder rappelle qu'il y a un an, des chercheurs d'OpenAI, d'Anthropic et de Google cosignaient une déclaration commune en faveur du maintien de cette surveillance ; la discussion porte aujourd'hui sur une technique qui la réduirait. Pour une entreprise qui évalue un modèle avant de l'adopter, une question devient explicite à poser au fournisseur : la chaîne de raisonnement affichée est-elle complète, ou une reconstruction ? Rien n'est encore vérifiable de l'extérieur — le détail architectural provient d'un article payant citant des sources anonymes, et OpenAI n'a publié aucun document technique sur ce point.
Source : TechCrunch
Évaluer un modèle d'IA avant de l'adopter →Reliance Jio étend à tous les internautes indiens son ordinateur dans le nuage, à partir d'environ onze dollars
Reliance Jio a étendu mercredi JioPC, lancé en juillet 2025 pour ses seuls abonnés, à tout internaute indien, sans obligation d'être client du groupe. Le service diffuse un ordinateur virtuel depuis le nuage vers une machine existante, avec des formules allant jusqu'à huit processeurs virtuels, 16 gigaoctets de mémoire et 1 téraoctet de stockage. Les tarifs commencent à 1 000 roupies, environ 11 dollars selon la conversion de TechCrunch, pour deux mois ; la formule longue revient à 4 000 roupies pour la configuration de base et 5 000 pour la plus large, que Business Standard affiche sous la mention « 10+2 mois » plutôt que comme un abonnement continu de douze mois, sans préciser si les deux mois supplémentaires sont offerts. Jio affirme qu'un ordinateur vieux de huit ans accède ainsi à la puissance requise par des applications d'IA, argument commercial qu'aucun des deux médias consultés n'a vérifié techniquement. TechCrunch relève que les caractéristiques publiées ne mentionnent aucun accélérateur dédié, et qu'une connexion stable reste indispensable.
Pourquoi c'est important
L'Inde comptait plus de 65 millions d'ordinateurs en service en 2025 et allonge ses cycles de renouvellement : cinq à six ans chez les particuliers et les petites entreprises, contre quatre à cinq en 2022, selon IDC. Le pari de Jio consiste à vendre de la puissance de calcul à ceux qui n'achèteront pas de machine neuve. Prabhu Ram, de CyberMedia Research, y voit un segment parallèle au PC classique ; Bharath Shenoy, d'IDC, rappelle deux obstacles qui valent au-delà de l'Inde, l'attachement à la possession du matériel et la concurrence des machines reconditionnées, qui ne dépendent d'aucune connexion.
Source : TechCrunch