Uber écope de 824 990 000 euros pour avoir désactivé des chauffeurs sans intervention humaine
L'Autoriteit Persoonsgegevens, le régulateur néerlandais des données personnelles, a rendu publique vendredi une amende de 824 990 000 euros contre Uber. Selon le régulateur, un logiciel suivait le comportement de conduite et les notes des clients, puis désactivait seul les comptes : temporairement en cas de soupçon de fraude ou de notes trop basses, définitivement quand ces notes restaient durablement basses, sans qu'aucun humain n'examine le dossier. L'autorité, qui situe ces pratiques entre 2018 et 2022, retient deux manquements au RGPD : la violation de l'interdiction des décisions entièrement automatisées et l'information insuffisante des chauffeurs sur cette automatisation. L'enquête est née du signalement de 171 chauffeurs français à la Ligue des droits de l'Homme, qui a saisi la CNIL en leur nom ; Uber, dont le siège européen est aux Pays-Bas, a cessé ces pratiques et conteste l'amende.
Pourquoi c'est important
Le raisonnement vise les entreprises qui coupent un accès, refusent un dossier ou suspendent un compte sur la seule foi d'un score, dès lors que la décision emporte des conséquences importantes pour la personne. La loi marocaine 09-08 pose à son article 11 une interdiction plus étroite, limitée aux décisions produisant des effets juridiques, et son dernier alinéa ne soustrait à cette interdiction les décisions prises pour conclure ou exécuter un contrat que si l'intéressé a été mis à même de présenter ses observations, garantie de procédure distincte de l'examen humain ; son chapitre VII, consacré aux sanctions, n'attache d'ailleurs aucune peine propre à cet article. Le plafond de 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial rappelé par le régulateur néerlandais s'applique en revanche à une société marocaine dès lors qu'elle offre des biens ou des services à des personnes situées dans l'Union européenne, ou qu'elle suit leur comportement.
Source : Autoriteit Persoonsgegevens
Encadrer ses décisions automatisées →OpenAI ouvre le choix de la région de traitement requête par requête et baisse le prix de GPT-5.6 Sol
OpenAI a inscrit deux changements au journal des modifications de son API le 21 août. Le prix de GPT-5.6 Sol tombe à 4 dollars le million de tokens en entrée et 20 dollars en sortie sur le contexte court en traitement standard, soit 20 % et 33 % de moins qu'auparavant, un tarif que l'entreprise qualifie de promotionnel et garantit « au moins jusqu'au 21 novembre 2026 ». La région de traitement se fixe désormais requête par requête, en changeant l'adresse d'appel depuis un projet en géographie « Global » ; trois régions seulement acceptent l'inférence, les États-Unis, l'Europe et les Émirats arabes unis, ces derniers pour quelques points d'accès et modèles, sur les dix que compte la table de résidence des données, et aucune ne se situe en Afrique. Ces points d'accès régionaux coûtent 10 % de plus pour les modèles sortis depuis le 5 mars 2026 et éligibles à la résidence des données, et leur ouverture suppose l'approbation commerciale de l'éditeur, doublée hors des États-Unis de deux conditions cumulatives : être approuvé pour des contrôles de surveillance des abus et signer un avenant de rétention modifiée.
Pourquoi c'est important
Pour une banque ou un centre de services marocain, confier des données personnelles à un modèle américain constitue un transfert vers l'étranger. L'article 43 de la loi 09-08 ne l'autorise que vers les États dont la CNDP a reconnu la protection adéquate et dont elle établit la liste, l'article 44 n'ouvrant les autres destinations qu'au consentement exprès de la personne ou à l'une des dérogations prévues ; dans les deux cas, l'autorisation de la CNDP se demande sur un formulaire dédié. Pouvoir démontrer, requête par requête, que le traitement a lieu en Europe change la teneur du dossier à déposer ; l'absence de région africaine signifie en revanche que la donnée quitte le continent dans tous les cas.
L'architecture d'agent AVO de NVIDIA termine les 183 niveaux du jeu public d'ARC-AGI-3
NVIDIA a détaillé les résultats d'AVO, son architecture d'agent généraliste : un score RHAE de 100,00 sur l'ensemble des 25 environnements du jeu public d'ARC-AGI-3, les 183 niveaux terminés en 6 624 actions, avec Claude Opus 5 d'Anthropic comme modèle sous-jacent. Le RHAE est la mesure officielle du banc d'essai : il combine le nombre de niveaux terminés et l'économie d'actions réalisée face à un humain découvrant le jeu. ARC Prize, qui ne rejoue pas par défaut les résultats que les équipes rapportent elles-mêmes sur ce jeu public, mesure de son côté 30,16 % pour Claude Opus 5 passé dans son harnais de référence, sans système d'agent spécialisé et à effort de raisonnement élevé, mais sur son jeu semi-privé, qu'il donne pour plus facile que le jeu public ; le corps du billet écarte la lecture la plus flatteuse, l'écart entre 30 et 100 ne mesurant pas l'apport du système, précaution que son chapeau ne s'applique pas. Deux autres harnais avaient déjà annoncé ce score maximal sur le jeu public, Tycho fin juillet, puis VISTA, signé de cinq chercheurs du MIT, qui rapportait le 5 août avoir franchi les mêmes 183 niveaux en 7 542 actions.
Pourquoi c'est important
Au moins trois harnais distincts déclarent le score maximal, tous sur le jeu public et sur la foi de leurs propres relevés, avec des modèles qu'aucun n'a entraînés. AVO a dépensé 12 % d'actions de moins que VISTA, écart dont NVIDIA se garde de faire une comparaison contrôlée : entre les deux, le moteur d'agent, la représentation des observations, la mémoire et la gestion du contexte diffèrent, le premier ne recevant qu'une grille de texte là où le second, dans sa configuration principale, lisait des images. Une équipe qui construit un agent à Casablanca ou à Rabat écrit elle-même ce harnais, sans centre de calcul et sans modèle maison à entraîner.
Source : NVIDIA Technical Blog
DeepSeek ouvre son API aux images avec un modèle expérimental facturé au tarif de sa gamme rapide
DeepSeek-V4-Flash-Vision-Exp est en service depuis le 21 août sur l'API de l'éditeur chinois, au prix de la version texte : 0,22 dollar le million de tokens en entrée hors cache aux heures creuses et 0,66 dollar en sortie, ces deux tarifs doublant aux heures pleines, chaque image comptant pour 384 tokens au maximum. L'éditeur dit la performance d'agent multimodal de ce modèle « proche d'Opus-4.8 » ; sur les quatre épreuves multimodales de son tableau, les seules que vise cette comparaison, il passe deux fois devant le modèle d'Anthropic et deux fois derrière, de 0,7 point sur Chartography (64,3 contre 65,0) à 2,9 points sur ApexBench (36,5 contre 39,4). Tous blocs confondus, dont sept épreuves de texte, il reste en retrait sur huit des onze lignes publiées. Aucune reprise indépendante n'est disponible à ce stade : les mesures ont été produites par l'éditeur sur ses propres bancs d'essai, et la seule note de méthode publiée ne couvre que les épreuves de texte passées sur ses modèles. Une interface de fichiers gratuite ouvre en parallèle, qui évite de renvoyer la même image à chaque requête.
Pourquoi c'est important
Un prestataire d'externalisation marocain chiffre l'opération en une ligne : 10 000 captures d'écran ou formulaires lus plafonnent à 3,84 millions de tokens d'image en entrée, soit environ 0,85 dollar aux heures creuses, hors texte des consignes envoyées avec chaque image et hors réponses du modèle, facturées 0,66 dollar le million. Deux limites bornent l'usage. Le modèle porte la mention « expérimental », sans engagement de durée, et aucune des quatre épreuves multimodales publiées n'est présentée comme portant sur des documents rédigés en arabe ou en français.
Source : DeepSeek — actualités API
Plus de 200 postes supprimés chez Apple dans Vision Pro, Siri et le logiciel, selon Bloomberg
Apple supprime plus de 200 postes, une centaine dans l'organisation Vision Pro et autant dans ses équipes Siri et logicielles, l'équipe Intelligent Systems Experience étant elle aussi touchée, rapporte vendredi Bloomberg à partir de sources anonymes ; une soixantaine de suppressions dans le pôle Vision avaient été révélées la veille par AppleInsider. L'entreprise n'a rien annoncé : interrogée, elle dit faire évoluer son activité pour offrir la meilleure expérience à ses utilisateurs, créer de nouveaux postes, n'affecter qu'un nombre limité de postes existants et laisser les salariés concernés postuler ailleurs en interne. Le motif rapporté pour Siri est technique, la prochaine version de l'assistant reposant sur une autre architecture, qui déplace les compétences nécessaires. Côté Vision Pro, une équipe dédiée au jeu vidéo est en grande partie fermée et la production de vidéo immersive réduite : Bloomberg chiffre à plusieurs millions de dollars le tournage d'un seul épisode, dépense que le faible nombre d'utilisateurs actifs du casque ne rentabilise pas.
Pourquoi c'est important
Apple ferme des postes et en ouvre d'autres dans le même mouvement : la prochaine version de Siri repose sur une autre architecture, qui déplace les compétences requises, quand la réduction de la vidéo immersive tient d'abord, selon Bloomberg, à son coût. Pour un prestataire marocain qui vend de l'ingénierie vocale ou de la vision par ordinateur à des donneurs d'ordre américains, l'indicateur utile se lit moins dans le décompte des postes supprimés que dans les compétences exigées par leurs offres d'emploi.
Source : Bloomberg, via 9to5Mac
Faire évoluer les compétences d'une équipe technique →Le Sénégal plaide pour des hubs africains dédiés à l'IA au forum des médias sino-africains
Créer des « hubs dans plusieurs pôles africains en leur donnant une vocation particulière de souveraineté avec l'IA » : Moustapha Thioune, secrétaire général du ministère sénégalais de la Communication et des Relations avec les Institutions, a plaidé vendredi en ce sens devant le 7e Forum de coopération des médias sino-africains, rapporte l'agence de presse sénégalaise. Le forum s'est tenu du 19 au 21 août à Pékin, selon ses organisateurs, l'une de ses discussions portant sur les applications de l'IA dans la radio, la télévision et l'audiovisuel. Ces plateformes pourraient aussi devenir, selon lui, des centres régionaux de formation et de renforcement des compétences des journalistes et des professionnels des médias à l'utilisation des nouvelles technologies. Cette coopération doit selon lui permettre aux médias africains de combler leur retard technologique, notamment par le renforcement des équipements de production et de diffusion, la formation des professionnels et le transfert de compétences ; il défend par ailleurs l'archivage et la numérisation des contenus médiatiques africains, qui donneraient aux technologies d'IA accès à l'histoire et aux valeurs du continent. Ni accord, ni financement, ni calendrier n'accompagne ce plaidoyer dans la dépêche de l'agence de presse sénégalaise, qui ne mentionne pas non plus la déclaration commune adoptée la veille par les participants au forum.
Pourquoi c'est important
Le Maroc a déjà mesuré ce déficit de formation. Dans l'enquête publiée par la HACA le 13 mars 2024, 67 % des professionnels des secteurs audiovisuel, publicitaire et numérique jugeaient « faible » la préparation des secteurs marocains de l'audiovisuel et du numérique au déferlement de l'IA, 33 % des personnes interrogées la jugeant « inexistante », et 64 % des répondants déclaraient leurs équipes et collaborateurs non formés à ces outils. Pour une chaîne ou un quotidien marocain, le point de contact avec le plaidoyer sénégalais est double : des équipes que près des deux tiers des répondants disaient non formées, et un fonds d'archives dont la valeur pour les modèles dépend d'abord de sa numérisation.
Source : Agence de Presse Sénégalaise