Le smartphone à moins de 100 dollars perd 34 % en Afrique, le coût de la mémoire en cause
Le marché africain du smartphone a reculé de 7 % au deuxième trimestre, son premier recul en glissement annuel depuis trois ans, selon un communiqué que le cabinet Omdia a publié le 20 août. La chute se concentre sur l'entrée de gamme : les livraisons d'appareils à moins de 100 dollars ont perdu 34 % sur un an, près de trois millions d'unités, un recul qu'Omdia attribue à la hausse des coûts de la mémoire et à des chaînes d'approvisionnement redéployées vers l'IA. Le prix de vente moyen sur le continent a gagné 41 dollars en douze mois, à 202 dollars. Manish Pravinkumar, analyste principal du cabinet, y voit un « déplacement forcé vers le haut » : les fabricants ne peuvent plus produire à profit des téléphones à 75 dollars, tandis que les acheteurs qui ont besoin d'être connectés étirent leur budget vers des appareils à plus de 200 dollars. Le détail par pays diverge, l'Afrique du Sud progressant de 17 % quand l'Égypte se contracte de 26 %, le Kenya de 15 % et le Nigeria de 11 %. Omdia prévoit un recul de 26 % du marché africain sur l'ensemble de 2026, prévision qu'il a révisée depuis les 28 % annoncés en mai. Ces chiffres sont ceux d'un cabinet commercial qui vend sa recherche, et le communiqué ne détaille pas la méthode retenue ; ils comptent des livraisons vers les canaux de distribution, en amont des ventes aux consommateurs.
Pourquoi c'est important
Le Maroc aborde ce choc avec un amortisseur qu'il a déjà largement consommé. La loi de finances a ramené au 1er janvier 2026 le droit d'importation sur les smartphones de 17,5 % à 2,5 %, kits démontés compris, et Omdia avait lui-même crédité cette baisse du rebond de 6 % du marché marocain au premier trimestre. Le 21 février, les baisses relevées chez les distributeurs officiels et sur les plateformes en ligne allaient généralement de 5 % à 15 % selon les modèles. Sur le marché de Derb Ghallef, à Casablanca, où les prix restent plus compétitifs que dans les circuits officiels, un revendeur donnait un Galaxy A15 de 128 Go passé d'environ 2 200 à 1 900 dirhams, un autre expliquant que les stocks importés sous l'ancien régime douanier retardent la répercussion. Le levier fiscal est désormais tiré, alors que la pression sur les composants ne se relâche pas : le même cabinet n'attend pas de baisse des prix de la mémoire avant le second semestre 2027 au plus tôt, et juge peu probable un retour aux niveaux d'avant 2025. L'enjeu marocain se déplace donc vers le rythme de renouvellement du parc, le premier équipement étant largement acquis — 91,7 % des personnes équipées d'un mobile avaient un smartphone en 2024, soit 30,7 millions d'individus selon l'enquête TIC de l'ANRT, qui relevait la même année qu'un ménage sur quatre ne disposait ni d'ordinateur ni de tablette. La 5G, lancée par les trois opérateurs en novembre 2025, ajoute une raison de changer d'appareil au moment précis où les prix montent. Le communiqué du 20 août ne détaille aucun marché nord-africain hormis l'Égypte ; c'est un autre texte d'Omdia, un billet publié le 17 août, qui range le Maroc parmi les marchés basculant vers la demande de renouvellement.
Source : Omdia
Alibaba porte ses investissements à 67,7 milliards de yuans en un trimestre et cite le prix des composants de puces
Alibaba a déposé le 20 août auprès du régulateur boursier américain les comptes de son trimestre clos le 30 juin : 67 678 millions de yuans d'investissements, soit 9,975 milliards de dollars, en hausse de 75 % sur un an. Le groupe invoque « plusieurs raisons », dont il met en avant les à-coups de ses cycles d'achat et une capacité de calcul accrue sur processeurs classiques, en prévision de l'adoption des agents par ses clients, avant de citer la hausse des prix « d'un large éventail de composants de puces ». Les flux de trésorerie disponibles sont l'agrégat qui porte le plus visiblement cette facture : leur sortie nette est passée de 18 815 millions de yuans au même trimestre de 2025 à 44 670 millions cette année, un creusement que le groupe attribue principalement à la hausse de ses dépenses d'infrastructure cloud. Le compte de résultat mêle pour sa part les deux histoires, le résultat d'exploitation reculant de 57 % sous l'effet d'une baisse de 30 % de l'EBITA ajusté — que le groupe impute d'abord à ses investissements technologiques —, d'une dépréciation d'écarts d'acquisition et d'une provision liée à l'amende de 550 millions d'euros infligée par la Commission européenne au titre du DSA ; le résultat net perd 75 %, sans que le groupe cesse d'être bénéficiaire. Le trimestre acte par ailleurs une réorganisation en quatre pôles, dont un ensemble « AI Cloud and Compute Services » qui absorbe la filiale de conception de puces T-Head et affiche 48 437 millions de yuans de revenus, en hausse de 45 %. Selon Reuters, le bénéfice ajusté par American Depositary Share, à 8,52 yuans, est ressorti sous le consensus de 10,53 yuans, et l'action cotée à New York reculait dans les échanges d'avant-Bourse.
Pourquoi c'est important
Ce dépôt réglementaire met un mot officiel sur ce que les acheteurs d'infrastructure constatent sans pouvoir le documenter : un large éventail de composants de puces coûte plus cher. Le Maroc engage précisément un chantier sur ce marché matériel. L'enveloppe du projet porté par Nexus Core Systems — 12 milliards de dirhams, environ 1,2 milliard de dollars, pour 36 mégawatts d'ici fin 2027, répartis entre un premier site de 16 mégawatts à Nouaceur et un second de 20 mégawatts dans le nord du pays, la cible de 500 mégawatts n'étant visée qu'à terme — a été arrêtée dans un mémorandum signé le 8 avril 2026 au GITEX Africa de Marrakech, salon tenu du 7 au 9 avril, c'est-à-dire dans la première semaine du trimestre sur lequel Alibaba constate une hausse de prix dont il ne donne ni l'ampleur ni le chiffrage. C'est d'abord le phasage d'un tel projet qui absorbe ce genre d'écart, avant son affichage budgétaire. Et la parade du groupe chinois, remplacer les puces achetées par les siennes, n'est ouverte à aucun opérateur marocain. Restent les deux variables négociables localement : l'électricité, avec le contrat d'approvisionnement renouvelable que le consortium a signé avec TAQA, et le foncier, le conseil de la région Casablanca-Settat ayant adopté le 2 mars trois conventions mobilisant 666 hectares de zones industrielles et logistiques dans la province de Nouaceur, ouvertes à plusieurs projets.
Source : Alibaba Group (dépôt SEC 6-K)
Pew relève en juillet 2026 des signes d'écriture par IA sur 35 % des pages web anglophones datées d'après ChatGPT
Sur 10 000 pages anglophones tirées au sort dans l'archive Common Crawl de juillet 2026, une sur dix porte des signes significatifs d'écriture ou d'édition lourde par IA, établit une étude du Pew Research Center parue le 20 août. Le centre prévient que ce chiffre paraît modeste parce que l'échantillon mêle des pages trop anciennes pour avoir été rédigées ainsi : il sous-estime donc la part d'écriture par IA parmi les pages récentes. En ne retenant que celles dont le code source porte une date postérieure à novembre 2022, la proportion atteint 35 %, part qui ne concerne toutefois que les 10 à 15 % de pages exposant une date, sous-ensemble que les auteurs qualifient de non aléatoire. L'écart entre domaines s'est creusé : le .com est passé de 1,09 % en janvier 2021, point de départ que Pew tient pour approximatif et en partie gonflé par les faux positifs de son détecteur sur les pages antérieures à ChatGPT, à 9,35 % cinq ans plus tard, contre 1,03 % pour le .edu et 0,76 % pour le .gov. Le détecteur employé, un modèle à poids ouverts de la société Pangram, s'accorde avec le modèle commercial du même éditeur dans 96 % des cas sur les 62 370 pages soumises aux deux, un accord dont le kappa de Cohen, à 0,61, reste modéré ; Pew n'en tire qu'une conclusion étroite, celle que la tendance à la hausse est la même quel que soit le modèle, et relève que les écarts les plus marqués se concentrent sur les collectes d'avant ChatGPT.
Pourquoi c'est important
La tentation, dans une université marocaine, est d'ajouter un détecteur d'IA au dispositif anti-plagiat existant : le CNRST a doté les universités publiques d'iThenticate, accessible à leurs enseignants-chercheurs et à leurs doctorants, et Mohammed V s'en sert dans la validation de ses thèses. Cette étude fournit un contrepoids que ses auteurs formulent eux-mêmes : ces détecteurs sont des outils probabilistes, et la classification d'une page isolée ne vaut pas verdict définitif sur son auteur, constat qu'ils tirent des désaccords relevés page à page entre deux détecteurs sur 62 370 pages. Le risque est aggravé sous nos latitudes. Le travail de référence de Liang et de ses coauteurs a montré que les détecteurs de textes générés qu'ils ont testés classent de façon récurrente à tort comme produits par une machine des écrits d'auteurs non anglophones, et ils déconseillent explicitement de les employer pour évaluer — soit la situation d'un étudiant marocain qui rédige son mémoire en anglais, sa troisième langue. La règle d'usage qui en découle est étroite : ces outils mesurent une tendance sur un corpus ; sur une copie, leur verdict n'a pas valeur de preuve. Côté entreprises, la trajectoire du .com donne la mesure du terrain gagné par ces signes : de l'ordre de 1 % au début de 2021, un niveau que Pew tient pour approximatif, à 9,35 % au début de 2026.
Source : Pew Research Center
Une page web piégée peut faire sortir de Grok les questions de la conversation en cours, sans clic
Adversa AI a publié le 20 août une technique qui contourne les garde-fous d'un assistant en leur présentant des instructions chiffrées. Le principe : déposer sur une page du texte chiffré en AES accompagné de sa clé, puis amener le modèle à le déchiffrer dans son propre environnement d'exécution de code. Les filtres, qui lisent le texte sans l'exécuter, voient passer un bloc de caractères qu'ils ne peuvent pas résoudre et, à côté, l'instruction de le déchiffrer — une combinaison dont le cabinet dit lui-même qu'elle devrait valoir signal de revue, jamais motif de blocage automatique. Sur le chat web de Grok, une demande banale de résumé de page suffit ensuite, selon les chercheurs, à faire rassembler par l'assistant le nom de l'utilisateur, sa localisation approximative, son palier d'abonnement et les questions posées dans la conversation en cours, puis à les expédier vers un serveur contrôlé par l'attaquant, glissés dans les paramètres d'une adresse qu'il ouvre lui-même. Le cabinet a précisé à The Hacker News avoir tenté l'opération vingt fois depuis juin, avec 40 % de réussite, les échecs venant de Grok qui bute sur le déchiffrement et non d'une alerte des filtres ; son billet, lui, ne publie aucun taux de réussite pour Grok. Il dit aussi avoir prévenu xAI le 3 juin, directement et via le programme de primes HackerOne de l'éditeur ; l'éditeur a accusé réception sans donner ni détail ni calendrier de correction, puis n'a pas répondu aux relances des 4 et 10 août. L'attaque restait reproductible le 19 août. Aucune exploitation réelle n'est rapportée, et le chiffrement n'est nullement en défaut puisque c'est l'attaquant qui en fournit la clé. Adversa, qui commercialise une plateforme de sécurité pour agents de code, est la seule source de ce résultat.
Pourquoi c'est important
Ce qui rend le correctif accessible tient à un point que les chercheurs soulignent : il n'y a pas besoin d'attendre une correction au niveau du modèle, tous les garde-fous qui bornent cette attaque tenant au harnais construit autour de l'agent. Sur le chat de Grok, ce harnais est celui de xAI et l'utilisateur ne peut rien y changer ; mais dès qu'une organisation déploie ses propres agents, ces réglages lui appartiennent. Cloisonner les contenus non fiables dans un contexte dépourvu d'outils et d'identifiants, puis exiger une confirmation avant toute requête sortante vers une destination inconnue, relève alors d'arbitrages internes. Ce qui se décide avant tout déploiement est l'étendue des droits accordés : un agent de code ou de back-office manipule des identifiants autrement plus sensibles que les métadonnées d'une session de chat, et c'est là que la même chaîne coûterait cher. S'y ajoute, pour certaines organisations seulement, une obligation de signalement à la DGSSI, autorité nationale de cybersécurité : la loi 05-20 impose aux entités publiques et aux infrastructures d'importance vitale de déclarer les incidents dont elles sont victimes, et elle étend une obligation voisine aux exploitants de réseaux publics de télécommunication, aux fournisseurs d'accès, aux prestataires de services numériques et aux éditeurs de plateformes. Une conversation d'agent partie vers un serveur inconnu y entre.
Source : Adversa AI
Mistral ouvre sa recherche agentique aux documents d'entreprise, ses chiffres vedettes venant d'un modèle tiers
Une boucle vient doubler le passage unique. Avec Agentic Search, mis en ligne le 20 août, Mistral laisse le modèle ouvrir les documents, s'y déplacer et vérifier ce qu'il avance, au lieu de lui servir en une fois des fragments récupérés. Cinq opérations lui sont confiées, calquées sur celles d'un système de fichiers : chercher, ouvrir, naviguer, lire, filtrer un motif. L'éditeur revendique un passage de 26,7 % à 86 % de réponses correctes sur FinanceBench, jeu de 150 questions portant sur 368 dossiers déposés auprès du régulateur boursier américain, et un gain de 45,6 points sur OfficeQA Pro. Ces deux résultats vedettes ont cependant été obtenus avec GLM-5.2, un modèle du chinois Z.ai : le modèle maison, Mistral Medium 3.5, passe pour sa part de 22,7 % à 78,7 % sur le premier test et de 1,5 % à 28,6 % sur le second. Mistral en tire que sa couche est indépendante du modèle, au motif que les mêmes courbes s'observent sur les deux seuls modèles essayés, le sien et celui de Z.ai. Les mesures sont auto-publiées, aucune reprise indépendante n'existait le jour de l'annonce, et le billet, qui qualifie son outillage d'ouvert, ne nomme aucune licence et ne donne aucun prix.
Pourquoi c'est important
Le calcul se fait ailleurs que dans la note. Mistral présente sa couche comme portable, greffée sur l'index existant et déployable dans le nuage comme sur site, sans faire franchir aux données les frontières d'isolement de l'entreprise — argument commercial, à prendre comme tel, et qui ne dit pas où tourne le modèle auquel sont transmis les passages ouverts. Pour un directeur des systèmes d'information de banque casablancaise, ce point commande le régime juridique du projet, donc son calendrier. Transférer des dossiers clients vers un pays absent de la liste établie par la CNDP suppose en effet de se fonder sur l'une des voies qu'elle prévoit — consentement exprès des personnes, nécessité tenant notamment à l'exécution d'un contrat, accord international auquel le Maroc est partie — ou, à défaut, d'obtenir son autorisation expresse, dont l'instruction se compte en mois et qui n'est accordée que si le traitement sous-jacent a lui-même fait l'objet d'une déclaration ou d'une autorisation approuvée par la Commission. Plus la recherche reste à l'intérieur du périmètre, moins ces formalités pèsent. La réserve tient au terrain d'essai : les gains publiés portent sur des documents financiers américains rédigés en anglais, et le billet ne rapporte aucune mesure sur des corpus francophones ou arabophones, ni sur les dossiers administratifs bilingues qui font l'ordinaire marocain.
Source : Mistral AI
Faire travailler un agent sur des documents qui ne quittent pas l'entreprise →Apple Music rendra obligatoire la déclaration d'usage d'IA par les labels et les distributeurs
Apple Music a écrit le 20 août à ses partenaires de l'industrie musicale pour leur annoncer que ses étiquettes de transparence sur l'IA, facultatives depuis leur lancement en mars, deviendront obligatoires. Le courriel, dont Billboard, The Hollywood Reporter et Variety — trois titres du groupe Penske Media — ont chacun pris connaissance, prévoit que les fournisseurs de contenu devront les apposer chaque fois que l'IA a servi à créer une part significative du contenu, morceaux issus d'une plateforme d'IA compris, définis comme ce qui dérive principalement d'un service d'IA générative. Les titres ainsi déclarés porteront plus tard cette année une mention « Made With AI » visible des auditeurs, alors que le système actuel, qui couvre quatre éléments distincts — pochette, enregistrement, composition et clip —, leur reste invisible. Apple ne dit pas comment elle contrôlera ces déclarations et s'en remet explicitement aux fournisseurs, mieux placés selon elle pour savoir comment leur contenu a été créé ; aucune sanction n'est annoncée, et le courriel ne fixe pas de date plus précise. Le responsable d'Apple Music Oliver Schusser déclarait en avril que plus d'un tiers des livraisons mensuelles reçues par le service étaient entièrement générées par IA, l'écoute de cette musique restant, à un arrondi qu'il signalait lui-même, sous 0,5 % de l'usage.
Pourquoi c'est important
L'obligation ne pèsera ni sur Apple ni sur l'auditeur, mais sur celui qui livre le fichier, donc sur les labels et les distributeurs, où qu'ils soient établis. Casablanca en abrite désormais : Universal Music y a ouvert le 10 juin Def Jam Recordings North Africa, division couvrant tout le Maghreb et basée dans la ville, où Universal Music Morocco est installée depuis 2020 ; le nouveau label a annoncé des partenariats actifs avec les producteurs marocains Oldygothesound, Bayadis et Nouvo. Une livraison partie de ces bureaux ne devra porter de déclaration que là où l'IA aura créé une part significative du contenu, sur chacune des quatre étiquettes concernées — la pochette au niveau de l'album, l'enregistrement au niveau du titre, la composition, le clip —, plusieurs pouvant être apposées à la fois et une livraison sans IA n'en portant aucune. C'est l'entité qui dépose le fichier dans le flux d'Apple qui la renseignera. La difficulté est documentaire avant d'être juridique : en avril déjà, Schusser justifiait le choix de l'auto-déclaration en relevant que tout label livre aujourd'hui de l'IA, parfois sans le savoir. Retracer l'usage d'un outil génératif sur un rythme, une voix ou une pochette suppose de le demander à chaque intervenant et de le consigner au fil du travail. Aucune source ne relie cette annonce au Maroc : le mécanisme décrit ici est celui de la chaîne de livraison.
Source : Billboard