OpenAI classe pour la première fois un de ses modèles au seuil « critique » de capacité en cybersécurité
Astra, le prochain modèle d'OpenAI, franchit le seuil « critique » de capacité en cybersécurité défini par le Preparedness Framework de l'entreprise, qui n'y avait jamais rangé aucun de ses modèles. OpenAI estime qu'avec les outils et les accès adéquats, il peut trouver des failles de sécurité inconnues et concevoir des moyens de les exploiter sur de nombreux systèmes bien protégés, sans qu'un humain guide chaque étape. Ce classement impose des garde-fous renforcés pendant le développement et avant la mise à disposition : le modèle est annoncé pour bientôt, mais ses fonctions cyber les plus avancées iront d'abord à un groupe restreint de testeurs, puis à la coalition Daybreak. Pendant ce test interne, le modèle a découvert et employé deux failles inédites dans une chaîne d'exploitation, dont la divulgation aux mainteneurs était encore en cours à la publication. OpenAI reconnaît par ailleurs que ses vérifications supplémentaires peuvent ralentir, suspendre ou interrompre à tort un travail légitime, y compris en cybersécurité défensive.
Pourquoi c'est important
Une entreprise qui déclare son propre produit dangereux, et qui en restreint l'accès avant même de le livrer, place les acheteurs publics devant un exercice inhabituel : évaluer une autolimitation dont le vendeur a fixé lui-même les termes. Car c'est bien OpenAI qui a conçu les épreuves, défini le seuil et mesuré le résultat. Elle ajoute que les capacités exposées l'ont été via un programme d'accès réservé, et non dans la configuration que recevra un client.
Source : OpenAI
Aujourd'hui le Maroc additionne à 536 mégawatts deux grands projets nationaux de centres de données
Cinq cent trente-six mégawatts : c'est le total obtenu en additionnant la capacité cible du campus Igoudar Numérique à Dakhla, 500 MW, et celle du projet Nexus, dont la première phase de 16 MW est implantée à Nouaceur pour 5 milliards de dirhams, la seconde — une extension prévue dans le nord du pays — devant porter le cumul à 36 MW fin 2027 pour 12 milliards au total. Le calcul est signé Sami Jennane, qui pousse l'hypothèse théorique jusqu'au bout : à pleine puissance sur les 8 760 heures d'une année, ces 536 mégawatts représenteraient environ 4,7 térawattheures, soit près de 10 % des quelque 49 térawattheures de demande électrique nationale de 2025. L'auteur relativise aussitôt son propre chiffre, qui ne préjuge en rien de la consommation réelle. Il rappelle enfin que l'Espagne prépare une règle imposant aux centres de plus d'un mégawatt une couverture renouvelable d'au moins 80 % heure par heure, et qu'en Irlande la part des centres de données dans la demande nationale est passée de 5 % en 2015 à 22 % en 2024.
Pourquoi c'est important
L'article ne fait état d'aucune règle de raccordement propre aux centres de données au Maroc : il pose la question plutôt qu'il n'y répond. Pour un opérateur qui étudie un projet d'hébergement, la réponse se lira dans le calendrier de production électrique. Le conseil d'administration de l'ONEE a arrêté le 27 juillet un plan prévoyant 11,6 gigawatts de renouvelable et 2,6 gigawatts de stockage d'ici 2030, chiffré à 206 milliards de dirhams pour le seul volet électricité selon Le360 — un montant que l'article, appuyé sur une version antérieure du programme, situe encore à 177 milliards.
Source : Aujourd'hui le Maroc
Évaluer les besoins d'infrastructure d'un projet d'IA →Anthropic publie Claude Fable 5.1 et allège une partie de ses garde-fous en cybersécurité
Anthropic a mis en ligne mardi Claude Fable 5.1, disponible immédiatement sur son interface de programmation et chez Amazon Web Services, Google Cloud et Microsoft Azure, ainsi que Mythos 5.1 — le même modèle assorti de garde-fous différents, réservé aux organisations vérifiées par ses programmes d'accès de confiance. Le prix des jetons d'entrée et de sortie ne bouge pas ; c'est la lecture de cache qui baisse de 75 %, à 0,25 dollar le million de jetons, d'où une économie annoncée d'environ 25 % pour un usage courant et jusqu'à 45 % pour les charges très agentiques. L'entreprise revendique 55,8 % sur l'épreuve de codage Terminal-Bench 4.0, contre 42,0 % pour la version précédente. Elle desserre surtout ses garde-fous cyber : environ 60 % d'interventions en moins par session dans Claude Code, et l'autorisation donnée au modèle de rechercher des vulnérabilités logicielles, tandis que les tests d'intrusion, la détection de vulnérabilités dans les binaires et le développement d'exploits restent redirigés vers ses modèles Opus.
Pourquoi c'est important
Sur un même sujet, les deux laboratoires vont en sens contraire : OpenAI verrouille l'accès aux capacités cyber de son prochain modèle, Anthropic desserre les siennes tout en réservant sa variante la moins bridée à des organisations vérifiées. Pour une équipe qui outille sa sécurité, ce sont les conditions d'usage qu'il faut lire de près, plus que les scores : elles seules disent quelles tâches restent interdites ou renvoyées vers un autre modèle. Quant aux performances annoncées, elles attendent encore un contradicteur — Anthropic a écrit les épreuves et publié les résultats.
Source : Anthropic
Une étude relève l'opacité des synthèses IA de Google sur trois scrutins régionaux allemands
AlgorithmWatch a soumis 4 480 requêtes à Google via l'interface que la plateforme ouvre aux chercheurs au titre de l'article 40 du règlement européen sur les services numériques. Une synthèse générée par IA s'affiche pour 39,1 % des requêtes portant sur les élections régionales de Saxe-Anhalt, de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et de Berlin, contre 65,3 % des requêtes non politiques. Les 647 liens uniques relevés se répartissent sur 140 domaines, et près de la moitié de ces liens proviennent de dix domaines seulement ; YouTube, propriété de Google, arrive en tête des sources citées sur les requêtes concernant les candidats — un signe de favoritisme selon l'organisation, ce que Google conteste. L'analyse du ton porte sur 111 synthèses répondant, en Saxe-Anhalt — un Land tiré au hasard —, à des questions sur les positions des têtes de liste, un type de question retenu parce qu'une première lecture y avait fait apparaître de nombreuses formulations élogieuses. Elle relève des écarts marqués d'un parti à l'autre. Ces chiffres figurent dans le rapport de 24 pages téléchargeable depuis la page de publication, où l'organisation présente son travail comme exploratoire et sans prétention scientifique.
Pourquoi c'est important
Les auteurs qualifient eux-mêmes leurs conclusions de provisoires ; la méthode, elle, ne l'est pas. L'article 40 du règlement européen leur a ouvert une interface de mesure chez Google, et donc la possibilité de constater ce que le moteur affiche et sur quelles sources il s'appuie. Cet accès reste borné à son objet : il vaut pour des risques situés dans l'Union, et aucune réglementation n'impose aujourd'hui d'équivalent ailleurs. Une agence de communication qui prépare les législatives marocaines du 23 septembre n'a donc aucun moyen comparable de savoir si un moteur affichera une synthèse sur un candidat, ni selon quels critères.
Source : AlgorithmWatch
ChipMango lève 1,9 million de dollars pour sa conception de puces et sa formation d'ingénieurs
Le tour d'amorçage, mené par le fonds à impact Atlantica Ventures avec DFS Labs, Kaleo Ventures, Madica, Trilinear Technologies, Malta Ventures et d'autres investisseurs, doit financer l'activité d'ingénierie de ChipMango et sa plateforme de formation, en Afrique comme aux États-Unis et en Europe. Fondée en 2022 par Ola Fadiran et Jovan Andjelich, l'entreprise conçoit et vérifie des circuits sans les fabriquer, et forme des ingénieurs à ce métier depuis son centre de Lagos ; les comptes rendus divergent sur son siège, que TechCabal et Weetracker situent en Californie et que deux médias nigérians placent dans le Delaware. Elle est devenue partenaire de formation agréé d'Arm et travaille avec Synopsys, le collège Ohlone en Californie et l'université de Pretoria. Deux projets sont annoncés sans être réalisés : un centre de conception européen à Malte et un soutien à l'écosystème de Kigali. TechCabal rappelle que l'Afrique pèse moins de 1 % du marché mondial des semi-conducteurs, et que Deloitte estime le besoin de l'industrie à plus d'un million de travailleurs qualifiés supplémentaires d'ici 2030.
Pourquoi c'est important
Le montant est modeste, et le siège même de l'entreprise fait débat entre ceux qui la couvrent ; ce qui se joue tient au chaînon visé. La conception de circuits demande des ingénieurs plutôt que des usines, ce qui en fait l'un des rares segments qu'un pays sans fonderie puisse investir sans attendre. Pour une école d'ingénieurs de la région, la question pratique est de savoir quelles compétences ce métier exige et par quelles certifications elles se valident — celle d'Arm, ici, sert de repère.
Source : TechCabal
Monter en compétences sur les métiers techniques de l'IA →ChatGPT se connecte en lecture seule aux dossiers patients Epic pour les établissements de santé
Les organisations de santé peuvent désormais relier leur environnement Epic à ChatGPT for Healthcare, soit pour faire remonter le dossier d'un patient dans ChatGPT, soit, dans certains déploiements, pour intégrer l'assistant directement à l'interface du dossier. TechCrunch précise que l'accès est strictement en lecture et que l'outil n'écrit rien dans le dossier médical. OpenAI publie en parallèle un module reliant ChatGPT à neuf sources publiques officielles, dont ClinicalTrials.gov, RxNorm et PubMed. L'entreprise annonce que des médecins ont jugé sûres 99,1 % des réponses sur 4 363 notations couvrant 27 cas d'usage cliniques. L'intégration au dossier vise des organisations sous accord de conformité et n'est pas ouverte aux comptes individuels, quand le module de données publiques reste installable par des cliniciens américains éligibles ; UCSF Health, le système de soins rattaché à l'université de Californie à San Francisco, s'y décrit comme partenaire pilote, encore en phase d'exploration.
Pourquoi c'est important
Ce taux de 99,1 % n'a qu'un auteur : OpenAI l'a obtenu auprès de son propre réseau de médecins partenaires, sans étude publiée ni validation clinique extérieure. Il mesure une revue de réponses, dans des conditions que l'entreprise a définies. Pour un directeur d'hôpital, l'information utile tient au périmètre du raccordement — en lecture seule, sous contrat de conformité — et à ce que l'assistant ne fait pas : il ne renseigne pas le dossier et ne prescrit rien. Les sept établissements partenaires cités par OpenAI sont tous américains, et aucune des sources consultées n'indique si le dispositif sera proposé ailleurs.
Source : OpenAI