Le ministère de la Transition numérique signe un mémorandum sur l'IA avec Capgemini
Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration, et Karine Brunet, directrice des opérations et de la delivery de Capgemini, ont signé jeudi 16 juillet à Rabat un mémorandum d'entente consacré à l'intelligence artificielle. Le texte porte sur la formation et l'acculturation à l'IA des acteurs publics et académiques, ainsi que sur l'identification de cas d'usage concrets destinés à accélérer l'adoption dans l'administration. Les startups et porteurs de projets soutenus par l'Institut Jazari doivent également en bénéficier. L'accord s'inscrit dans la stratégie Maroc Digital 2030 et dans la feuille de route « AI Made in Morocco ». Aucun montant n'a été rendu public.
Pourquoi c'est important
L'administration reste le premier donneur d'ordre du numérique marocain. Si les cas d'usage recensés se transforment en marchés publics, les prestataires installés au Royaume verront apparaître des appels d'offres assortis d'exigences de compétences en IA. Le mémorandum n'engage toutefois ni budget ni calendrier ; c'est la publication des premiers marchés qui en donnera la mesure.
Source : La Vie éco
Former ses équipes à l'IA →Le baromètre AUSIM situe la maturité cyber des entreprises marocaines à 56 % et pointe le « Shadow AI »
L'indice de maturité en cybersécurité des entreprises marocaines atteint 56 %, ce qui les fait passer du niveau « en développement » au niveau « défini ». Le chiffre vient de la troisième édition de l'AUSIMètre, le baromètre réalisé par PwC Maroc avec l'AUSIM auprès de 62 grandes entreprises et PME, dont les résultats ont été rendus publics le 17 juillet. L'implication des directions générales dans les décisions de sécurité grimpe à 74 %, contre 55 % un an plus tôt, et 56 % des sociétés interrogées consacrent plus de 5 % de leur budget informatique à la cybersécurité. Le rapport relève en revanche que les entreprises reconnaissent le potentiel de l'IA sans l'encadrer, ce qui alimente le « Shadow AI », l'usage d'outils d'intelligence artificielle par les salariés hors du contrôle de la direction informatique.
Pourquoi c'est important
Une politique d'usage écrite et une liste d'outils autorisés suffisent à cadrer le Shadow AI, et relèvent d'un chantier de quelques semaines pour un DSI. Le baromètre classe pourtant près de 30 % des entreprises interrogées en position fragile, et signale que la pénurie de spécialistes cyber limite déjà leur capacité de résistance. Le passage de 55 % à 74 % d'implication des directions générales indique où l'arbitrage se joue désormais : en comité de direction, budget à l'appui.
Source : La Nouvelle Tribune
L'autorité allemande des médias requalifie les réponses de Google et de Perplexity en contenus éditoriaux
Une réponse produite par une IA de recherche engage l'éditeur du service au même titre qu'un contenu qu'il aurait lui-même publié. Sur ce fondement, la ZAK, commission des autorités allemandes des médias chargée de l'autorisation et de la surveillance, a notifié ses premières décisions à Google et à Perplexity, rendues publiques le 16 juillet. Les deux services perdent le régime de responsabilité allégée que leur ouvrait le règlement européen sur les services numériques et tombent sous le traité inter-Länder sur les médias, qui impose la transparence des critères de sélection et une présentation non discriminatoire des offres journalistiques. La commission reproche à Google de placer ses résumés assez haut pour reléguer les liens vers la presse, et à Perplexity ses manquements de transparence ; un recours reste ouvert. L'analyse juridique invoquée a été rendue par les professeurs Jan Oster et Christoph Busch.
Pourquoi c'est important
Un éditeur marocain dont les articles nourrissent les résumés de Google mesure ce qu'il perd en trafic sans disposer d'un texte pour le contester. L'Allemagne vient d'en produire un, et les régulateurs des autres États européens liront la décision de près. Pour les sites d'information du Royaume, dont l'audience dépend largement de la recherche Google, tout se joue sur la place laissée au lien source dans la page de résultats.
Source : The Decoder
Kimi publie K3 et met fin aux tarifs planchers des modèles chinois ouverts
Kimi a triplé le prix d'entrée de son modèle en une génération. Avec K3, mis en ligne le 16 juillet, le million de jetons d'entrée passe de 0,95 à 3 dollars et le million de jetons de sortie de 4 à 15 dollars, ce qui aligne l'offre chinoise sur les grilles occidentales de milieu de gamme. Le modèle ouvert repose sur une architecture à mélange d'experts de 2 800 milliards de paramètres, dont 16 experts sur 896 s'activent par requête, et obtient 57 points à l'indice Artificial Analysis, derrière Fable 5 (60) et GPT-5.6 Sol (59). Son taux d'hallucination progresse en revanche de 39 à 51 % par rapport à la version précédente. Les poids complets sont attendus d'ici la fin juillet.
Pourquoi c'est important
Une startup marocaine qui a bâti son produit sur une API chinoise pour contenir ses coûts voit son calcul se déplacer : à 0,94 dollar la tâche en moyenne, K3 se situe au niveau d'un Sonnet 5. L'écart de prix ne compense plus grand-chose, et la décision se reporte sur la qualité des réponses ou sur l'hébergement des poids ouverts une fois publiés.
Source : The Decoder
Des puces d'inférence servent de garantie à un prêt de 400 millions de dollars, une probable première
Ce serait, d'après TechCrunch, la première fois que des processeurs dédiés à l'inférence, l'exécution des modèles déjà entraînés, servent de garantie à un prêt d'infrastructure. Upper90 avance 400 millions de dollars à General Compute, gagés sur des puces SN50 de SambaNova, dans une opération annoncée le 17 juillet. La jeune société, qui avait levé 15 millions de dollars en amorçage en mai, affirme que ces puces exécutent l'inférence seize fois plus vite que les clouds fondés sur des cartes graphiques, et sans refroidissement à eau. Billy Libby, dirigeant d'Upper90 et ancien trader de Goldman Sachs, rappelle avoir financé les GPU de Nvidia à une époque où ce marché restait inefficient ; il situe la vague suivante du côté des modèles ouverts et des puces alternatives.
Pourquoi c'est important
Un prêteur n'accepte en garantie que ce dont il anticipe la valeur de revente. Voir des puces d'inférence y accéder signale que la dépense d'IA se déplace de l'entraînement des modèles vers leur exécution quotidienne, le poste qui pèse sur la facture d'une entreprise exploitant un service d'IA en production. Un coût d'inférence en baisse rend viables des usages aujourd'hui écartés faute de marge suffisante.
Source : TechCrunch
Google DeepMind et Isomorphic Labs détaillent leur dispositif de biosécurité
Face au risque de détournement de leurs modèles en biologie, Google DeepMind et Isomorphic Labs ont publié le 16 juillet leur approche commune de la « biorésilience », terme par lequel les deux filiales d'Alphabet désignent le renforcement des défenses sanitaires face aux épidémies et aux menaces biologiques émergentes. Le dispositif repose sur un processus de sûreté en quatre étapes, de la modélisation des menaces à la surveillance, et sur l'adaptation du marquage SynthID au criblage de séquences d'ADN. Isomorphic Labs met son moteur de conception de médicaments IsoDDE au service du développement de vaccins et de contre-mesures, et a constitué une équipe chargée d'intervenir auprès des gouvernements et des autorités sanitaires lors d'épidémies nouvelles. Les deux sociétés revendiquent plus de quinze partenariats noués en douze mois avec des organismes publics et des groupes de recherche.
Pourquoi c'est important
La conception de molécules assistée par IA progresse plus vite que les contrôles qui l'encadrent. DeepMind réserve ses systèmes les plus avancés à des chercheurs identifiés : pour une équipe universitaire marocaine, l'entrée passe par un accord institutionnel négocié en amont. Le criblage des séquences d'ADN annoncé ici s'appliquera en amont, chez les fournisseurs de synthèse génétique auxquels les laboratoires adressent leurs commandes.
Source : Google DeepMind