SpaceXAI publie Grok 4.6, à égalité avec GPT-5.6 Sol sur l'indice Artificial Analysis
SpaceXAI a mis en ligne le 12 août Grok 4.6, une version que son annonce présente comme taillée pour les agents de longue haleine et le travail visuel et interactif. Artificial Analysis, qui a publié son analyse le jour même, lui attribue 61 points sur son indice d'intelligence, composite de neuf épreuves, soit cinq de plus que Grok 4.5 et le niveau de GPT-5.6 Sol, derrière Claude Opus 5 (63) et Claude Fable 5 (62) — ces trois concurrents mesurés à leur réglage le plus poussé, Claude Fable 5 avec repli, quand les deux Grok le sont en configuration « high ». Le tarif de base ne bouge pas depuis Grok 4.5 et reste plus de 60 % sous celui de Claude Opus 5 et de GPT-5.6 Sol, facturés cinq dollars le million de jetons en entrée et vingt-cinq et trente en sortie d'après le même cabinet. Il démarre à deux dollars en entrée et six en sortie, double pour la variante rapide, et double encore, à quatre et douze dollars, dès qu'une invite atteint 200 000 jetons, la grille officielle appliquant alors ce tarif à la totalité des jetons de la requête ; la lecture de cache passe par ailleurs de 0,30 à 0,50 dollar le million. Sur GDPval-AA v2, l'épreuve de travail de savoir en mode agent, le cabinet situe Grok 4.6 derrière le seul Claude Opus 5, à égalité statistique avec Claude Fable 5 et Qwen3.8 Max ; sur AA-Briefcase, son épreuve privée de tâches longues, il le place au niveau de Claude Fable 5 en relevant qu'il boucle ses tâches en une cinquantaine de tours de dialogue en moyenne, contre une centaine pour Claude Opus 5. Le modèle s'utilise dans Cursor, dont l'éditeur cosigne l'annonce en son nom propre, dans Grok Build, dans l'interface de programmation de SpaceXAI et chez des partenaires comme OpenRouter, Vercel et Cloudflare.
Pourquoi c'est important
Le million de jetons produits coûte six dollars chez SpaceXAI, vingt-cinq et trente chez les deux modèles qui le devancent de moins de deux points sur l'indice. Pour une agence marocaine dont l'agent traite des milliers de requêtes par jour, l'écart pèse plus que le classement, à une condition : que les invites restent sous le seuil des 200 000 jetons, franchi couramment par les agents à long contexte que ce modèle vise précisément, et au-delà duquel la facture double sur l'ensemble de la requête. Le tableau que publie SpaceXAI, distinct des neuf épreuves du composite, invite ensuite à regarder l'usage. Le modèle y devance GPT-5.6 Sol sur CursorBench v3.2 et FrontierCode v1.1, recule de sept points face à lui et de quatre face à Claude Fable 5 sur DeepSWE v1.1, et de plus de huit points face aux deux sur Terminal-Bench v3.0, où son retard est le plus marqué. Un dernier point de méthode : les scores des concurrents qui figurent dans ce tableau ne sont pas mesurés par SpaceXAI, ils viennent de fiches techniques et de classements publics, en retenant à chaque fois le meilleur résultat disponible, et Claude Opus 5, premier de l'indice, n'y figure pas.
Source : SpaceXAI
Une ONG allemande vise au pénal les directions de Meta et de Ray-Ban pour leurs lunettes connectées
HateAid réclame l'interdiction de vente en Allemagne des Ray-Ban Meta Wayfarer (Gen 2). L'organisation allemande, qui milite contre les violences numériques, a rendu public le 12 août un signalement pénal, adressé à la cellule de lutte contre la cybercriminalité rattachée au parquet général de Francfort, visant les directions de Meta Platforms Technologies Ireland, de Ray-Ban et d'Oakley, deux marques du groupe EssilorLuxottica, ainsi que celles des enseignes Fielmann, Apollo-Optik, Mister Spex et MediaMarkt. L'interdiction de vente et les règles contraignantes de conception protectrice qu'elle demande font, elles, l'objet d'une pétition déposée en parallèle. Le fondement invoqué combine deux articles de la loi allemande sur la protection des données dans les télécommunications et les services numériques : l'article 8, qui interdit de détenir, de fabriquer, de mettre à disposition sur le marché ou d'importer des appareils déguisés en objets du quotidien et conçus pour filmer ou écouter quelqu'un à son insu, et l'article 27, qui n'érige en délit que la fabrication et la mise à disposition. Le texte ajoute qu'un appareil est réputé destiné à la captation à l'insu d'autrui, notamment, lorsque sa fonction d'enregistrement n'est pas clairement reconnaissable en usage normal. HateAid affirme que la vente de ces lunettes est punissable, tout en écrivant qu'il « pourrait » s'agir d'une infraction et en rappelant la présomption d'innocence. Interrogé par Reuters, le parquet spécialisé a confirmé avoir reçu le signalement et examiner, comme il le fait en routine, s'il y a matière à ouvrir une enquête ; l'Agence fédérale des réseaux a déclaré surveiller le marché sans enquêter pour l'heure, en précisant que la détention, l'importation et la vente de ces lunettes ne sont pas interdites tant que la fonction d'enregistrement reste clairement visible.
Pourquoi c'est important
Le geste engage peu à ce stade : un parquet a reçu un dossier et vérifie s'il y a matière à ouvrir une enquête, ce qu'il n'a pas décidé. Sa portée tient à son terrain. Il déplace la discussion des amendes administratives du droit des données vers le droit pénal et la responsabilité personnelle de dirigeants, et il englobe les revendeurs, puisque le texte invoqué punit la mise à disposition sur le marché autant que la fabrication. Les Ray-Ban Meta circulent au Maroc par l'importation et les boutiques hors taxes, où la question se pose déjà à un employeur : un salarié qui porte ces lunettes en réunion ou en atelier enregistre des tiers qui ne s'en aperçoivent pas toujours, un traitement de données personnelles que la loi 09-08 soumet au contrôle de la CNDP. Le point de droit reste ouvert et aucune juridiction ne l'a tranché : la diode témoin, qui clignote pendant la captation, suffit-elle à rendre l'enregistrement clairement reconnaissable ? HateAid n'argumente d'ailleurs pas sur ce point, mais sur l'impossibilité de distinguer la monture connectée d'une Wayfarer ordinaire.
Source : HateAid
Google fait entrer la traduction de la langue des signes dans le clavier du Pixel 11
Les équipes de Google DeepMind et d'Android ont présenté le 12 août SL2T, un modèle qui traduit la langue des signes en texte et alimentera la dictée signée dans Gboard et dans Live Transcribe sur la gamme Pixel 11, dévoilée le même jour et ouverte à la précommande dans la foulée, avant une mise en vente le 20 août. Le dispositif démarrera par la langue des signes américaine vers l'anglais, sur ces seuls appareils d'abord, d'autres devant suivre, sans supplément de prix ; l'équipe dit par ailleurs travailler à l'extension à d'autres langues des signes. L'entraînement a porté sur plus de 100 000 heures de données, dont environ un quart en langue des signes américaine, couvrant plus de cinquante langues des signes. Le traitement se fait en deux temps : un modèle embarqué, MediaPipe Holistic, repère sur le corps du signeur une série de points de repère, et seules ces coordonnées géométriques partent vers le serveur qui les traduit, ce qui permet de supprimer aussitôt la vidéo d'origine. Sur le découpage sd-test du jeu FLEURS-ASL, qui mesure la qualité de traduction de l'ASL vers l'anglais, le laboratoire revendique 70 BLEURT en zero-shot, c'est-à-dire sans entraînement préalable sur les données de ce test, et dit ce résultat nettement supérieur à tout score publié jusqu'ici. Des fautes occasionnelles subsistent, que les auteurs détaillent : signes rares, épellation digitale rapide, tournures passives, descriptions par classificateurs et temps verbaux privés de contexte.
Pourquoi c'est important
Le laboratoire indique avoir réuni un comité consultatif, l'AI Sign Language Advisory Committee, et cosigné avec ses représentants un rapport d'impact qui écarte explicitement les usages à enjeu : médical, juridique, scolaire, professionnel et services publics. Cette restriction dit l'état réel de l'outil mieux que son score. Pour un lecteur marocain, la portée pratique reste étroite, le lancement se limitant à l'ASL vers l'anglais et à la seule gamme Pixel 11, que Google ne distribue pas au Maroc. Le choix technique, lui, mérite l'attention de quiconque conçoit un service accessible. En n'expédiant que des coordonnées de points corporels, Google désamorce une partie du problème que pose toute application obligée de filmer son utilisateur pour le comprendre : la caméra tourne toujours, mais le flux vidéo ne quitte pas le téléphone et peut être effacé dans la foulée. Le monde compte plus de deux cents langues des signes et quelque 70 millions de personnes sourdes ou malentendantes qui les pratiquent, rappelle Google, pour qui cette technologie sort ici du laboratoire vers des produits grand public pour la première fois.
Source : Google DeepMind
OpenAI mesure un écart de 8,3 fois dans les jetons produits par utilisateur actif entre ses clients les plus intensifs et les clients médians
Les entreprises du décile supérieur produisaient en juin 8,3 fois plus de jetons de sortie par utilisateur actif que celles situées au milieu du classement, contre 2,6 fois en janvier. OpenAI a publié ce chiffre le 12 août dans Enterprise Signals, sa série de mesures sur sa clientèle entreprise, qui s'appuie notamment sur un échantillon de plus de dix millions de messages, en même temps qu'un document de travail provisoire daté du 11 août, How Organizations Use AI: Evidence from ChatGPT, cosigné par trois chercheurs d'OpenAI et deux universitaires. L'éditeur classe chaque mois ses clients selon les jetons produits par utilisateur actif ; les 10 % de tête forment les « frontier firms », les entreprises situées entre le 45e et le 55e centile servant de point de comparaison. Le rapport documente aussi le basculement vers les agents : en juin, Codex représentait 64 % des jetons de sortie cumulés de Codex et de ChatGPT chez les clients entreprise, part qui reflète à la fois la fréquence d'usage de l'agent et le volume produit par des tâches plus longues, comme le précise l'éditeur. Depuis février, le nombre d'utilisateurs actifs hebdomadaires de Codex chez ces clients a été multiplié par 108 dans les fonctions juridiques, par 41 dans la vente comme dans le recrutement et par 26 dans le marketing, contre 5 en ingénierie. OpenAI oppose enfin aux enquêtes déclaratives ses propres données d'usage : sur sa page d'annonce, l'éditeur indique que six mois après l'adoption, les utilisateurs en début de carrière envoyaient treize messages hebdomadaires de plus que les dirigeants, quand le document de travail chiffre à huit ou neuf l'écart avec l'utilisateur actif moyen de leur entreprise.
Pourquoi c'est important
L'écart annoncé se lit d'abord avec une réserve de construction : les entreprises sont classées sur la variable même que l'écart mesure, les jetons produits par utilisateur actif. Il reste instructif pour un dirigeant qui veut situer son propre déploiement. L'éditeur relève que les entreprises peuvent disposer des mêmes modèles et que le creusement de l'écart va de pair avec la diffusion des capacités reliant les agents au contexte et aux outils maison : 21 % des utilisateurs actifs hebdomadaires des entreprises de tête recourent aux plugins et 19 % aux compétences réutilisables, contre 9 % et 3 % chez les clients médians. Encore ces taux restent-ils modestes, OpenAI relevant qu'en interne, 95 % de ses propres salariés utilisent les plugins chaque semaine. Une entreprise casablancaise qui a déployé ChatGPT sans le relier à son CRM ni à ses procédures se rangerait du côté des clients médians, et le chemin qu'indiquent ces pourcentages passe par les connecteurs et les procédures écrites avant de passer par le modèle. La multiplication par 108, depuis février, du nombre d'utilisateurs actifs hebdomadaires de Codex dans les fonctions juridiques indique par ailleurs que le mouvement déborde des équipes techniques, sans qu'aucun effectif absolu ne soit publié pour en mesurer la portée.
Source : OpenAI
Relier un assistant aux outils et aux procédures de l'entreprise →Les modèles 3D produits par IA fournissent un dépôt sur six et un dollar de recettes sur quatre-vingt-dix
404 Media a publié le 12 août un article sur l'économie réelle des modèles 3D générés par IA, adossé au rapport de tendances de marché 2026 de la place de marché CGTrader, mis en ligne en juillet et portant sur les douze mois allant de juin 2025 à mai 2026. Les trois chiffres qui structurent ce tableau ne se recouvrent pas : les contenus produits par IA pèsent 17,6 % des dépôts sur la période, 2,6 % des achats et 1,1 % du chiffre d'affaires. Le rapport relève 24,1 % de dépôts sur le dernier mois observé contre environ 14,8 % un an plus tôt, tout en décrivant cette part comme stable et irrégulière sur l'ensemble de l'année ; celle des achats, elle, a plus que triplé, d'environ 1 à 3,5 %, en partant d'une base minuscule. L'enquête d'acheteurs que cite le rapport en donne la raison : dans le segment de l'image de synthèse, 20 % ont essayé ces modèles et les ont jugés insuffisants, 7 % ne les utilisent qu'au prix de lourdes retouches, contre 5 % qui les disent satisfaisants. Pour l'impression 3D, où un fichier doit être étanche et à la bonne échelle sous peine d'échouer sur le plateau, ils ne sont que 4 % environ à dire que l'IA fonctionne bien et près de 72 % à ne pas l'avoir adoptée. Interrogée par 404 Media, la directrice générale de CGTrader, Dalia Lasaite, décrit son outil comme accéléré par l'IA plutôt que simplement généré par elle, puisqu'il sert aussi à retoucher la topologie et les textures, et reconnaît que les dépôts produits par IA croissent plus vite que les achats, ce qui reporte la valeur sur le classement et sur la visibilité d'un modèle dans les résultats du site.
Pourquoi c'est important
Ces places de marché comptent parmi les rares canaux par lesquels un graphiste ou un modeleur marocain facture en devises sans structure commerciale ni prospection, et le rapport dit où va l'argent. Sur la même période et pour l'ensemble du site, travail humain et IA confondus, l'offre a progressé de 18,5 % quand la demande n'avançait que de 5,1 %, soit 3,6 fois plus vite, et le prix moyen a reculé de 9,7 %. Le seul volume ne protège donc plus le vendeur, et la valeur se concentre à l'autre bout : les modèles notés de 7 à 9 captent 65,4 % du chiffre d'affaires du segment image de synthèse. Le rapport est celui d'un vendeur. CGTrader publie ses propres chiffres sur son propre marché et a annoncé en mars un partenariat avec Tencent Cloud pour intégrer à sa plateforme un outil de création 3D par IA. Sa synthèse publique n'indique par ailleurs ni comment un dépôt est classé comme généré par IA, ni combien d'acheteurs ont répondu au questionnaire, le rapport complet n'étant accessible que sur formulaire.
Source : 404 Media
Offshoring marocain : le syndicat du secteur réclame une solidarité sectorielle pour financer les reconversions
Deux entretiens publiés le 12 août, l'un par SNRT News, l'autre par H24Info, donnent la parole le même jour à Ayoub Saoud, secrétaire général de la Fédération nationale des centres d'appel et des métiers de l'offshoring, une organisation syndicale née en 2014 sous l'égide de l'Union marocaine du travail. Il y décrit un secteur pris entre l'interdiction française du démarchage téléphonique sans accord préalable, entrée en vigueur la veille, et l'effet de l'intelligence artificielle sur les effectifs. Sur ce second point, il cite plusieurs segments touchés, au premier rang desquels les métiers de la donnée et de la formation, où « pas mal de fonctions sont remplacées par l'IA et des postes sont en cours de suppression », mais aussi les services clients, les autres segments du BPO et la modération de contenu. Au « salarié augmenté » dont le patronat promeut l'idée, il oppose que cette évolution se traduit « également » par « un besoin moindre en ressources humaines et une optimisation des effectifs ». Il rapporte enfin que des centres auraient fermé dès juillet « sans procéder de manière légale », sans nommer d'entreprise. Sa demande porte sur le financement de la sortie de crise : une solidarité sectorielle associant les pouvoirs publics, à qui revient selon lui « la responsabilité majeure », mais aussi les grands donneurs d'ordre et les grandes entreprises du secteur, dont « certaines ont bénéficié pendant des années d'exonérations fiscales et sociales ». Les ordres de grandeur du secteur ne viennent pas de lui, mais d'une réponse écrite du ministre Younes Sekkouri au Parlement en mars, qui chiffrait à 120 000 les emplois directs, à 50 000 les emplois indirects, et estimait de 40 000 à 50 000 les postes exposés à un risque de disparition.
Pourquoi c'est important
La fourchette de 40 000 à 50 000 emplois désigne des postes exposés à un risque, pas des suppressions constatées, et elle ne dit rien de l'asymétrie du choc. Le démarchage téléphonique sortant ne représentait que 15 à 20 % de l'activité des centres d'appels marocains, estimait en mai 2025 Youssef Chraïbi, président de la Fédération marocaine de l'externalisation des services ; les prestataires qui en sont spécialistes forment une part importante du nombre d'entreprises du secteur, mais y pèsent moins de 20 % des emplois. Les plus exposées sont, toujours selon lui, les structures peu diversifiées : « les entités mono-activité ou mono-client risquent de subir une chute brutale de leur volume d'activité, pouvant aller jusqu'à la fermeture ». Quant à la porte de sortie que désigne la profession, le passage à des contacts ayant donné leur accord, elle « revient économiquement plus cher » et devient « difficilement soutenable pour les petites structures, dont les marges sont déjà limitées », prévient Ayoub Saoud. Les deux hommes s'expriment depuis des positions opposées, l'un pour les salariés, l'autre pour les employeurs, et c'est leur désaccord sur l'ampleur, plus que la fourchette elle-même, qu'un dirigeant du secteur a intérêt à suivre.
Source : H24Info
Reconvertir des équipes vers l'analyse de données et l'IA →