Mistral fédère des groupes européens autour du calcul et ouvrira sa plateforme à des modèles ouverts tiers
Amadeus, ASML, Capgemini, la Caisse des Dépôts et CMA CGM sont les cinq entreprises que Mistral AI cite dans l'annonce publiée le 11 août pour illustrer sa coalition de calcul européenne. Le laboratoire français y détaille trois mouvements. Ses points d'accès régionaux passent en disponibilité générale : le client choisit si son inférence tourne en Europe ou aux États-Unis, le traitement associé restant dans la région retenue, sous réserve de transferts limités et encadrés vers des sous-traitants qui peuvent se situer hors de cette région, comme l'indique son centre de confiance. Un palier Priority, en préversion publique, promet des niveaux de service engagés, des limites de débit sur mesure et une garantie de disponibilité contractuelle ; Mistral se présente comme le seul laboratoire européen à réunir les deux, choix de la région de traitement et engagement de service. Deuxième mouvement, la plateforme prendra en charge des modèles ouverts venus d'ailleurs, à commencer par GLM-5.2 de Z.ai, servis sur la même infrastructure et sous les mêmes contrôles régionaux que les modèles maison. Troisième mouvement, la coalition : des engagements pluriannuels d'entreprises, convertis en European Compute Units, ouvrent droit à de la capacité construite par Mistral sur plusieurs années, l'annonce chiffrant l'ambition à un gigawatt d'ici 2030. Ni le montant de ces engagements ni le nombre de participants ne sont publiés.
Pourquoi c'est important
Le choix de région se limite à deux options, l'Europe ou les États-Unis. Une banque ou un assureur marocain qui doit justifier devant la CNDP le lieu de traitement de ses données personnelles y gagne une réponse documentée, sans pour autant héberger quoi que ce soit au Maroc, et la clause sur les sous-traitants laisse subsister des transferts hors de la région retenue. Le mécanisme de la coalition, lui, engage l'acheteur autant qu'il le sécurise. Les European Compute Units transforment un besoin futur en commande ferme sur plusieurs années, ce qui suppose de savoir aujourd'hui ce que l'on consommera en 2029. Les cinq groupes cités, tous européens et de taille industrielle, sont mieux armés pour tenir ce pari qu'une entreprise de taille moyenne.
Source : Mistral AI
Choisir où tournent ses modèles et où résident ses données →La publicité dans ChatGPT est lancée au Royaume-Uni, au Mexique, au Brésil, au Japon et en Corée du Sud
Cinq pays s'ajoutent à la carte publicitaire de ChatGPT. OpenAI a mis à jour le 11 août la page où elle documente ce test et y écrit que la publicité y est désormais lancée : Royaume-Uni, Mexique, Brésil, Japon et Corée du Sud. L'entreprise avait annoncé cette extension le 7 mai, après avoir annoncé le 26 mars une première sortie des États-Unis vers le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Le dispositif, tel que la page le décrit depuis sa publication initiale du 9 février, vise les utilisateurs adultes connectés des formules Free et Go ; les formules Plus, Pro, Business, Enterprise et Education n'en reçoivent pas. Le choix de l'annonce affichée repose sur le sujet de la conversation, les échanges passés et les interactions antérieures avec des publicités. OpenAI écrit que les annonceurs n'ont accès ni aux conversations, ni à l'historique, ni aux mémoires, ni aux données personnelles, et ne reçoivent que des mesures agrégées de performance. Pendant le test, aucune publicité n'est servie aux comptes dont l'entreprise sait ou prédit qu'ils appartiennent à un mineur, ni à proximité de sujets sensibles ou réglementés comme la santé, la santé mentale et la politique. Un utilisateur de la formule gratuite peut refuser la publicité, en échange d'un nombre réduit de messages quotidiens.
Pourquoi c'est important
Le Maroc ne figure pas dans la liste, et l'entreprise se borne à indiquer qu'elle poursuivra cette année son extension à d'autres marchés, sans donner de calendrier. Une agence casablancaise qui achète de l'espace pour un annonceur français ou brésilien peut en revanche être sollicitée sur ce canal, dont la mécanique diffère de celle du référencement : l'annonce se choisit sur le sujet de la conversation en cours et sur l'historique du compte, non sur une requête tapée dans un moteur. Deux réserves méritent d'être posées avant d'y consacrer un budget. L'indépendance des réponses est une affirmation d'OpenAI, qu'aucun audit externe publié ne vient étayer à ce stade. Et le prix demandé à l'utilisateur qui refuse la publicité, moins de messages gratuits par jour, indique assez ce que l'entreprise estime vendre.
Source : OpenAI
L'application Gemini franchit le milliard d'utilisateurs mensuels
Un milliard d'utilisateurs mensuels pour la seule application Gemini : Sundar Pichai a publié le chiffre le 11 août sur X, et Google l'a repris le même jour sur son blog. Dans son message, le dirigeant ajoute qu'il s'agit du quatorzième produit du groupe à franchir ce seuil. L'entreprise déclarait 400 millions d'utilisateurs mensuels en mai 2025, puis plus de 950 millions lors de la présentation de ses résultats du deuxième trimestre 2026. Le billet détaille l'usage : plus de 100 millions d'utilisateurs actifs sur iOS, 63 % des utilisateurs qui s'adressent à Gemini par la voix, une interaction sur cinq avec Gemini Live qui dépasse la voix pour passer par la caméra ou le partage d'écran, plus de 150 millions d'images produites chaque jour et une automatisation de tâches sur plus de quarante applications Android. Le compte ne couvre que l'application : le mode IA de la recherche Google, crédité lui aussi de plus d'un milliard d'utilisateurs mensuels, et les autres surfaces où Gemini est intégré n'y entrent pas. ChatGPT avait franchi le même seuil en juin, d'après des données citées par Reuters.
Pourquoi c'est important
Un utilisateur actif mensuel se compte à une seule ouverture dans le mois, si bien que le milliard mesure une portée avant de mesurer une habitude, et le chiffre vient de Google sans vérification indépendante. Le détail publié éclaire surtout le canal de diffusion. Gemini progresse là où Google maîtrise cette diffusion, Android, Workspace et la recherche, quand un concurrent doit d'abord se faire installer. Pour une direction marocaine qui hésite à standardiser ses équipes sur un assistant, la question pratique tient moins au classement du jour qu'à l'endroit où l'outil se trouve déjà : sur les téléphones du personnel, et dans les documents partagés si l'entreprise travaille sur Workspace.
Source : Google
Un système d'IA de Google fait jeu égal avec des généralistes sur des téléconsultations vidéo simulées
Google Research et Google DeepMind ont présenté le 11 août sur leurs blogs une étude randomisée qui oppose leur système AMIE, en version vidéo, à des médecins généralistes consultant par le même canal. Le protocole mobilise 30 généralistes, 15 patients-comédiens formés et 100 scénarios cliniques, selon la méthode des examens cliniques objectifs structurés, et comporte un troisième bras, la version textuelle du même système. AMIE (Video) est un dispositif multi-agents bâti sur Gemini, qui associe dialogue à faible latence, raisonnement clinique et perception audiovisuelle en temps réel. Les évaluateurs cliniques le jugent à égalité ou meilleur que les généralistes sur le recueil de l'anamnèse, le diagnostic, la conduite à tenir et l'observation physique. Sur un point précis, obtenir des signes physiques et guider le patient dans les manœuvres d'un examen à distance, le billet de Google Research le situe significativement au-dessus des généralistes comme de sa propre version textuelle. Les patients-comédiens ont préféré sa manière d'évaluer et d'expliquer leur état ; ils ont en revanche préféré les médecins pour l'établissement de la relation. Les auteurs énumèrent leurs limites : précision anatomique fine, nuances affectives subtiles, mouvements à fréquence élevée. Ils rappellent que l'étude s'est tenue entièrement avec des comédiens professionnels en situation simulée, jamais avec de vrais patients, et qu'un travail en conditions réelles reste nécessaire avant toute conclusion sur l'utilité clinique.
Pourquoi c'est important
La téléconsultation bute depuis toujours sur l'examen physique, ce que le médecin ne peut ni palper ni ausculter à distance. C'est précisément là que le système creuse son écart le plus net, en pilotant le patient devant sa caméra. Un praticien marocain qui suit des malades éloignés des centres urbains y lira l'endroit où l'outil pourrait peser, et les raisons d'attendre. L'étude ne dit rien de la pathologie réelle : les cas étaient joués par des comédiens entraînés à partir de scénarios écrits, et la question de savoir si le résultat tient face à un patient qui décrit mal ce qu'il ressent reste entière. Rien dans ce travail ne touche non plus à l'autorisation d'exercer. AMIE demeure un système de recherche, et aucun régulateur ne s'est prononcé.
Source : Google Research
Spotify marquera les profils d'artistes dont l'identité paraît générée par IA et les écartera de ses recommandations
Un badge « AI Persona » apparaîtra à partir de la mi-septembre sur certains profils d'artistes de Spotify, pour signaler à l'auditeur que cette identité est peut-être générée par IA et ne représente pas une personne réelle. La plateforme l'a annoncé le 11 août. Le marquage se lira dans la bannière et la section « À propos » du profil, dans la recherche et sur les lignes de titres au sein des listes de lecture. Les artistes peuvent se déclarer eux-mêmes dès le 11 août depuis Spotify for Artists, mais la plateforme écrit qu'elle ne s'en tiendra pas à la déclaration : ses équipes examineront les profils dont le nom et l'imagerie paraissent relever d'une identité photoréaliste fabriquée, en commençant par ceux qui dépassent un seuil d'audience fixé à l'avance. Ces profils sortent alors par défaut des recommandations éditoriales et algorithmiques, ainsi que des recommandations personnalisées, sauf pour l'auditeur qui les suit, un geste que la plateforme traite comme un choix explicite. Un artiste marqué en est averti et peut contester. En touchant le badge, l'auditeur verra si l'artiste s'est déclaré ou si Spotify a tranché ; un outil de signalement lui sera ouvert dans les mois à venir. La plateforme borne la portée du badge : il qualifie l'identité publique de l'artiste et non la façon dont la musique a été faite, information qui reste logée dans ses fonctions AI Credits et SongDNA.
Pourquoi c'est important
Le badge vise la personne derrière le profil, quels que soient les outils employés pour composer. Un producteur de Casablanca qui travaille avec des générateurs et publie sous son nom n'est pas concerné ; un projet entièrement synthétique, avec un visage inventé et une biographie fabriquée, quitte en revanche les circuits de découverte, là où se joue l'essentiel des écoutes d'un artiste sans public établi. Le seuil d'audience retenu pour ouvrir l'examen a une conséquence directe : les profils les plus écoutés passent d'abord, Spotify avançant que le marquage couvrira ainsi la grande majorité des pages d'artistes réellement visitées, et un catalogue synthétique de petite taille peut circuler un moment avant d'être examiné. Le tri s'opère par ailleurs sur l'apparence photoréaliste d'un profil, une appréciation que Spotify se réserve, avec un recours pour l'artiste et sans que le détail des critères soit publié.
Source : Spotify
L'essor de l'IA ajoute une contrainte électrique à un continent qui compte 0,6 % des centres de données du monde
L'Afrique compte 360 mégawatts de capacités dédiées en service, 238 en construction et 656 programmées, soit 0,6 % de la capacité mondiale des centres de données, selon l'African Data Centres Association citée le 11 août par l'Agence Ecofin. L'analyse d'Abdoullah Diop met ce parc en regard de l'électricité disponible. L'Agence internationale de l'énergie chiffre à environ 415 térawattheures la consommation mondiale des centres de données en 2024 et la voit atteindre 945 térawattheures en 2030, sur une croissance annuelle moyenne de 15 %. Le continent, lui, a produit près de 998 térawattheures d'électricité en 2025 d'après Ember : sa production annuelle représente à peine plus du double de ce que consomment aujourd'hui tous les centres de données du monde. L'auteur rappelle que la Banque mondiale range l'énergie, les infrastructures numériques et la capacité de calcul parmi les fondations du développement de l'IA. Il cite aussi Elon Musk, dirigeant de xAI, pour qui les principales contraintes au développement de l'IA sont « essentiellement l'électricité et les puces d'IA », dans une récente interview accordée à The Economist.
Pourquoi c'est important
Un centre de données se branche sur le même réseau que les foyers et les usines. Sur un continent où l'accès à l'électricité reste incomplet, chaque mégawatt réservé au calcul se décide contre un autre usage, et cet arbitrage précède toute discussion sur les puces ou les modèles. Le détail du parc africain indique d'ailleurs où se situe le goulot : 656 mégawatts programmés pour 360 en service, soit près de deux fois ce qui tourne déjà. Une entreprise marocaine qui étudie l'hébergement local de ses traitements a donc intérêt à examiner d'abord le raccordement et le contrat de fourniture, puisque la ressource rare, à cette échelle, se compte en mégawatts fermes.
Source : Agence Ecofin