La Côte d'Ivoire retient 77 cas d'usage de l'IA et signe un pacte entre l'État et le secteur privé
La deuxième Conférence nationale sur l'intelligence artificielle, IMPACT IA 2026, s'est achevée vendredi à Latrille Events, dans la commune de Cocody à Abidjan, après trois jours de travaux. Les participants en sont sortis avec 77 cas d'usage prioritaires, retenus notamment dans l'administration, l'agriculture, la santé, l'éducation et les services aux populations ; Digital Business Africa, qui a couvert la clôture, précise que tous ne reposent pas sur des modèles de langage. Le ministre de la Transition numérique et de l'Innovation technologique, Djibril Ouattara, a officiellement clos la conférence. Selon ce même média, il a signé avec des représentants du secteur privé le Pacte de l'Alliance nationale pour l'intelligence artificielle, un cadre de coopération destiné notamment à élargir l'accès aux données ; un second article d'Afrik Soir nomme les signataires privés, la Confédération générale des entreprises de Côte d'Ivoire et la Chambre de commerce et d'industrie, et précise que le texte ne crée par lui-même aucune obligation juridique ou financière. Le ministre a annoncé une nouvelle rencontre dans trois semaines pour adopter une feuille de route consensuelle : les 77 cas d'usage restent à ce stade sélectionnés, sans budget arrêté. Il a par ailleurs situé en mars les premiers échanges avec Mistral, sans donner ni montant ni périmètre contractuel, et défini la souveraineté technologique comme une capacité de contrôle, qui n'exclut pas de coopérer avec l'étranger.
Pourquoi c'est important
Trois semaines séparent la signature du pacte de la réunion censée arrêter la feuille de route : c'est, dans ce dossier, le seul repère vérifiable, et il permettra de mesurer l'écart entre l'annonce et l'exécution. Le reste appelle de la prudence. Une liste de 77 cas d'usage ne dit rien des budgets ni des délais, et les signataires privés sont la confédération patronale CGECI et la chambre consulaire CCI-Côte d'Ivoire, qui n'engagent nommément aucune entreprise sur un projet précis. Le point qui retiendra le plus un lecteur professionnel de la région est le partenariat avec Mistral, que le ministre présente comme compatible avec la souveraineté qu'il revendique. C'est l'arbitrage que rencontre toute administration africaine pressée d'avancer sans construire elle-même sa pile technique, et il se juge sur des clauses — propriété des données, réversibilité, lieu d'hébergement — dont aucune n'est publique à ce stade.
Source : Afrik Soir
Passer d'une feuille de route IA à des cas d'usage financés →La Corée du Sud porte l'amende maximale sur les données personnelles à 10 % du chiffre d'affaires
Depuis vendredi, la loi coréenne sur la protection des données personnelles, promulguée en mars sous le numéro 21445, s'applique avec son décret et son avis modifiés, comme l'a confirmé la veille la Commission coréenne de protection des données personnelles. Celle-ci met en avant la prévention des fuites et le renforcement des pouvoirs du délégué à la protection des données : pour les responsables de traitement répondant aux critères que fixe le décret d'application, sa désignation, son changement ou sa révocation doivent désormais être approuvés par une résolution du conseil d'administration, puis déclarés au régulateur. Le détail des sanctions, publié par Tech Times, porte l'amende maximale à 10 % du chiffre d'affaires total dans les seuls cas aggravés : récidive dans un délai de trois ans, ou atteinte touchant au moins dix millions de personnes, l'une et l'autre dues à une faute intentionnelle ou à une négligence grave, ou encore non-respect d'une injonction corrective. En dessous de ce seuil, le plafond ordinaire reste fixé à 3 % du chiffre d'affaires lié au manquement ; une entreprise capable de documenter un investissement vérifié dans la protection des données peut toutefois obtenir jusqu'à 40 % de réduction, sauf faute intentionnelle ou négligence grave. Le même texte désigne le dirigeant comme responsable ultime de la conformité et avance le déclenchement de la notification de fuite, désormais due dès qu'une probabilité raisonnable existe, sans attendre confirmation ; le périmètre des incidents à déclarer s'élargit à la falsification, à l'altération et à la destruction de données, ce qui y fait entrer les attaques par rançongiciel. Le communiqué du régulateur ne mentionne à aucun moment l'intelligence artificielle.
Pourquoi c'est important
Tech Times a présenté ce texte comme la première loi au monde sur les données d'entraînement de l'intelligence artificielle. Les sources coréennes ne le confirment pas. Le régime qui autoriserait l'usage de données personnelles brutes pour entraîner un modèle, sous approbation au cas par cas du régulateur, relève d'une loi distincte, promulguée le 8 septembre sous le numéro 21910, et n'entrera en vigueur que le 9 mars 2027. Ce qui s'applique depuis vendredi porte sur la sécurité des données et sur les sanctions, et le régulateur lui-même n'en parle pas comme d'un texte sur l'IA. Le même média compare le seuil de 10 % aux 4 % du RGPD et aux 7 % du règlement européen sur l'IA ; la comparaison suppose un périmètre mondial que le communiqué coréen, qui parle de chiffre d'affaires total, ne précise pas. Pour une entreprise marocaine qui traite des données de résidents coréens, un centre de relation client ou un éditeur de logiciel par exemple, deux obligations changent la manière de travailler : la désignation nominative du dirigeant et le déclenchement anticipé de la notification, qui se préparent en amont de tout incident.
Source : Commission coréenne de protection des données personnelles (PIPC)
Sakana AI ouvre Fugu Max et Fugu Ultra v2, deux orchestrateurs qui répartissent chaque requête entre plusieurs modèles
Deux orchestrateurs multi-agents, Fugu Max et Fugu Ultra v2, sont disponibles depuis vendredi derrière une interface unique compatible avec celle d'OpenAI. Le laboratoire japonais Sakana AI décrit Fugu comme un répartiteur plutôt que comme un modèle : chaque requête est confiée à d'autres modèles, dont la famille Nemotron de NVIDIA, avant recomposition de la réponse. Fugu Max vise le meilleur rapport entre coût et performance et se facture 2 dollars par million de jetons en entrée et 6 dollars en sortie, un tarif de sortie que Sakana annonce inférieur de 40 à 60 % à ceux de Sonnet 5, GPT 5.6 Terra et Kimi K3. Fugu Ultra v2 vise la capacité maximale : l'entreprise lui attribue 48,3 sur Chartography, test de raisonnement visuel et d'interprétation de données, contre 27,3 pour Opus 5 et 29,5 pour Fable 5, et 74,3 sur DeepSWE, consacré à l'ingénierie logicielle réelle. Sakana précise que ces scores sont obtenus sans Fable 5, Fable 5.1 ni GPT-6-Astra dans le vivier de modèles orchestrés, et fixe au 28 août la date d'arrêt d'entraînement de Fugu Ultra v2. Sa foire aux questions indique que le service n'est ouvert ni dans l'Union européenne ni dans l'Espace économique européen.
Pourquoi c'est important
Les chiffres se lisent mieux sur les graphiques que dans le texte de l'annonce. À la lecture de ceux que Sakana publie pour Fugu Ultra v2, le système arrive troisième sur GPQAD, où sa propre version précédente le devance, et quatrième sur ProgramBench, derrière GPT-6-Astra, Fable 5.1 et Opus 5 : sur ce dernier test, ce sont trois modèles concurrents actuels qui passent devant, et la formule « meilleur ou deuxième sur sept des huit tests » ne s'y vérifie pas. Deux réserves de méthode s'ajoutent : SWEFish, cité comme preuve pour les deux modèles, est un test interne que Sakana n'a pas publié, et le billet ne dit pas d'où viennent les scores attribués aux modèles rivaux. L'argument qui résiste le mieux reste le prix, à condition d'accepter l'opacité du dispositif : la foire aux questions de Sakana indique que le routage n'est pas exposé, par choix de conception, de sorte qu'un client ignore quel modèle a traité sa requête. Une équipe soumise à des obligations de traçabilité a donc une question à trancher avant même l'essai. L'exclusion de l'Union européenne et de l'Espace économique européen est enfin explicite ; aucune source consultée n'indique ce qu'il en est du Maroc ou du reste de l'Afrique.
Source : Sakana AI
Moonshot AI aurait plus que triplé son revenu annualisé en deux mois et viserait 2 milliards de dollars
Selon 36Kr, qui cite un compte professionnel chinois s'appuyant sur des personnes informées du dossier, le revenu annualisé de l'éditeur des modèles Kimi aurait dépassé 1 milliard de dollars en août, contre 300 millions en juin. TechCrunch a rapporté séparément vendredi, à partir d'un article de Bloomberg, que l'entreprise visait 2 milliards de dollars d'ici la fin de l'année : une prévision interne, non un résultat acquis. Moonshot AI n'a rien communiqué publiquement. La croissance est attribuée à Kimi K3, modèle de 2 800 milliards de paramètres lancé en juillet, dont les données d'OpenRouter créditent la famille de jusqu'à 300 milliards de jetons générés par jour, tous déploiements confondus, avec un usage en léger recul ces derniers mois. L'entreprise lèverait des fonds sur une valorisation d'environ 50 milliards de dollars et envisagerait une introduction en bourse à Hong Kong dès cette année. Ses marges restent plus faibles que celles de ses concurrents à poids fermés, ses propres poids étant librement accessibles. Elle vise désormais de plus gros clients d'entreprise, parmi lesquels AsiaInfo Technologies et Kingsoft Cloud Holdings.
Pourquoi c'est important
La pente compte davantage que le montant : 300 millions de dollars en juin, plus d'un milliard en août, sur des données transmises à des investisseurs et rapportées par des sources anonymes. Elle éclaire au passage ce que coûte l'ouverture des poids d'un modèle. Moonshot publie les siens, donc n'importe qui peut faire tourner Kimi ailleurs, et l'entreprise ne facture qu'une part de l'usage qu'elle rend possible, là où un concurrent à poids fermés facture chaque appel. Pour une équipe marocaine qui compare les coûts d'API, c'est ce modèle économique qui explique les écarts de tarif observés depuis l'été. Le contexte de la veille pèse enfin sur la lecture de ces chiffres : Anthropic a accusé Moonshot, jeudi, d'avoir redirigé vers Claude, sur une période de dix jours, près de 300 000 requêtes de ses propres clients ; son rapport attribue par ailleurs à l'entreprise plus de 23 millions d'échanges avec Claude entre mai et juillet. L'accusation reste une allégation, qu'aucune autorité n'a tranchée.
Source : 36Kr
Sequoia mènerait un tour valorisant autour de 500 millions de dollars une startup de données pour robots
Sequoia Capital mènerait un tour de table valorisant Mecka AI autour de 500 millions de dollars, écrit TechCrunch vendredi en citant deux personnes informées du dossier. L'opération n'est pas conclue : le média précise ignorer le montant levé et indique que les conditions de l'accord ne sont pas définitives et pourraient encore changer. Mecka AI n'a pas répondu à sa demande de commentaire, et Sequoia a refusé de commenter ; à ce stade, aucune rédaction tierce n'a produit son propre reportage, les reprises identifiées se limitant à recopier l'article. L'entreprise, fondée en 2024 par quatre entrepreneurs dont aucun ne vient de la robotique, rémunère des particuliers qui s'enregistrent en train d'exécuter des tâches ordinaires, préparer un café ou réparer une voiture, au moyen de capteurs corporels et de téléphones ; ces enregistrements servent à entraîner des robots humanoïdes et d'autres systèmes robotiques. Mecka AI avait annoncé trois mois plus tôt une levée de 60 millions de dollars menée par Framework Ventures, avec Menlo Ventures, SV Angel et Kindred Ventures. Début juin, son cofondateur Josh Gao disait à Fortune que l'entreprise prévoyait de terminer 2026 à un rythme de revenus annualisé de 100 millions de dollars.
Pourquoi c'est important
Deux choses se jouent ici, et la première n'est pas financière. Un marché se forme : après les données annotées qui ont servi aux modèles de langage, ce sont les gestes humains ordinaires qui se vendent, et TechCrunch signale une autre startup du même créneau, XDOF, dont il rapportait la semaine précédente qu'elle approchait une valorisation de 1,2 milliard de dollars. Pour qui cherche un revenu lié à l'IA sans passer par le code, ce marché rémunère des personnes qui filment leurs gestes quotidiens équipées de capteurs, un métier que Mecka AI, fondée en 2024, incarne depuis ses débuts. La seconde relève de la prudence de lecture : une valorisation approchée reste une hypothèse, deux sources anonymes ne constituent pas une confirmation, et les termes peuvent encore changer d'ici la signature. TechCrunch le dit lui-même dans son article. Vérification faite, c'est aussi à ce jour la seule rédaction à avoir produit ce reportage, les reprises repérées se contentant de le résumer en le créditant.
Source : TechCrunch