Moore Threads projette une cotation à Hong Kong après un chiffre d'affaires semestriel en hausse de 147 %
Le conseil d'administration de Moore Threads a approuvé l'émission d'actions H et une demande de cotation au marché principal de la Bourse de Hong Kong, a fait savoir le 9 août le concepteur chinois de processeurs graphiques, coté depuis décembre sur le marché STAR de Shanghai sous le code 688795. L'opération doit lui permettre, écrit-elle, d'approfondir son implantation stratégique internationale, d'attirer et de retenir les talents de recherche et d'encadrement, et de renforcer sa gouvernance ainsi que sa compétitivité. Son rapport semestriel, publié le même jour, fait état d'un chiffre d'affaires de 1,736 milliard de yuans sur les six mois clos en juin, en progression de 147,42 % sur un an — environ 252 millions de dollars selon la conversion retenue par le South China Morning Post. La perte nette revient à 11,6 millions de yuans, contre 271 millions un an plus tôt. Rien n'est arrêté pour autant. Le ratio d'émission n'est pas fixé, l'entreprise indiquant discuter encore de ses modalités avec les parties concernées, et l'opération devra recueillir le vote de son assemblée générale puis l'aval des autorités de marché concernées, chinoises comme hongkongaises, selon le communiqué déposé par la société. La délibération du conseil s'est tenue le 7 août ; sa publication au marché date du 9.
Pourquoi c'est important
Hong Kong sert ici de guichet. La place s'ouvre à des investisseurs — particuliers et institutions non qualifiées — que le marché STAR de Shanghai tient à distance, puisqu'il ne s'adresse côté étranger qu'aux institutionnels professionnels et aux détenteurs de licences dédiées. Les directions informatiques marocaines qui arbitrent entre fournisseurs de calcul n'en tireront rien cette année. Aucun calendrier n'est annoncé, le ratio d'émission reste ouvert et les feux verts réglementaires manquent encore. Les comptes demandent par ailleurs une lecture prudente. Les 11,6 millions de yuans correspondent au résultat attribuable aux actionnaires, quand la perte retraitée des éléments exceptionnels atteint 151 millions de yuans selon Sina Finance.
Source : South China Morning Post
OpenAI avait fixé au 9 août l'arrêt d'Atlas, son navigateur lancé moins de dix mois plus tôt
La date d'extinction de ChatGPT Atlas tombait ce 9 août, selon le calendrier qu'OpenAI publie dans son centre d'aide. Lancé le 21 octobre 2025, le navigateur de l'entreprise n'aura pas tenu dix mois. OpenAI écrit qu'il est programmé pour cesser de fonctionner à cette date et qu'au-delà, l'application peut cesser de s'ouvrir, de permettre la navigation ou de prendre en charge les tâches de navigation confiées à un agent. Aucune donnée de navigation n'est reprise automatiquement. Favoris, onglets ouverts, historique et témoins de connexion ne suivent pas d'eux-mêmes, la page d'aide hésitant d'ailleurs entre le futur catégorique et le conditionnel selon les sections où elle traite chacun d'eux. L'éditeur documente en revanche la sortie et invite à exporter les favoris dans un fichier HTML avant l'échéance, pour les importer ensuite dans un autre navigateur. Les conversations ChatGPT, distinctes des données de navigation d'Atlas, restent accessibles dans ChatGPT, sous réserve de la formule souscrite, des réglages d'espace de travail et des accès au compte. Les fonctions de navigation confiées à un agent basculent dans ChatGPT et dans Codex ; c'est au sein de ChatGPT qu'OpenAI annonce la gestion de plusieurs onglets, les téléchargements, une navigation améliorée et la prise en charge de la connexion aux comptes, sous réserve de disponibilité. La fermeture avait été rendue publique le 9 juillet, un mois avant l'échéance.
Pourquoi c'est important
Les données de navigation d'Atlas ne migrent nulle part d'elles-mêmes, et c'est ce point qui fait précédent. OpenAI a documenté un chemin de sortie, mais son exécution incombait au client, dans une fenêtre d'un mois — courte pour une organisation qui doit d'abord identifier qui, en interne, se servait de l'outil. Un contrat d'abonnement à un logiciel d'IA précise rarement le format d'export des données et le délai de préavis en cas d'arrêt du service. À Casablanca, une agence ou un cabinet qui a bâti une procédure interne sur un produit de moins d'un an mesure ce que cette omission coûte le jour où l'éditeur le referme.
Source : OpenAI
Axera Semiconductor publie un premier semestriel où la recherche coûte plus que le chiffre d'affaires
Six mois après son introduction à la Bourse de Hong Kong, Axera Semiconductor a diffusé le 9 août en soirée son premier rapport semestriel. Le concepteur chinois de puces système d'inférence pour l'IA en périphérie, c'est-à-dire les traitements exécutés sur l'appareil plutôt que dans un centre de données, annonce 402 millions de yuans de chiffre d'affaires sur le semestre, en hausse de 181,8 % sur un an, et une marge brute portée à 29 %. La perte attribuable aux actionnaires atteint 582 millions de yuans. Le compte rendu qu'en donne le quotidien China.com détaille le reste : 516 millions de yuans engagés en recherche et développement sur la période, et trois activités en progression, les terminaux à 341 millions de yuans (+169,5 %), l'automobile intelligente à 29,09 millions (+252,1 %) et l'IA en périphérie à 27,69 millions (+251,9 %). La société y revendique environ 420 000 puces automobiles expédiées, 24 nouvelles nominations obtenues auprès de constructeurs pour des modèles destinés à la série, et 25 marques partenaires dont sept internationales.
Pourquoi c'est important
Axera a dépensé 516 millions de yuans en recherche pour 402 millions de chiffre d'affaires. Concevoir une puce coûte des années avant de rapporter, et ce sont les levées de fonds qui financent l'écart, ce qui donne son sens à l'introduction de février. Le volet automobile éclaire un arbitrage qui se joue loin en amont des chaînes de Tanger et de Kénitra, puisqu'un constructeur choisit son fournisseur de calcul embarqué plusieurs années avant la production. Une nomination n'est toutefois pas une commande, et le rapport n'indique ni les volumes attachés à chacune, ni l'échéance à laquelle ces modèles doivent sortir.
Source : Jinrongjie
Une tribune défend la candidature du Maroc au rang de pôle continental des centres de données
Le Maroc réunit les conditions pour devenir un pôle continental de centres de données et d'intelligence artificielle, soutient Thierry Berthier, maître de conférences en mathématiques, cybersécurité et cyberdéfense à l'université de Limoges et membre de la chaire de cyberdéfense Saint-Cyr, dans une tribune publiée le 9 août par The Conversation. L'auteur s'appuie d'abord sur le projet de Nouaceur, en périphérie de Casablanca, où un consortium international prépare un centre de données dédié à l'IA évalué à 1,2 milliard de dollars et visant à terme 500 mégawatts. Le chantier est porté par Nexus Core Systems, Naver Cloud en assurant l'exploitation et Nvidia fournissant les processeurs graphiques. La tribune cite un second projet à Dakhla, de capacité comparable, qui doit être alimenté exclusivement par l'éolien et le solaire, et relève que le marché local demeure concentré. Dans sa monographie de septembre 2023, le Conseil de la concurrence désigne Maroc Telecom, Inwi, Medasys et N+one comme les opérateurs qui accaparent la majeure partie du marché national, sur la base d'estimations portant sur 2021. Une réserve porte sur le classement continental : le rapport de Heirs Technologies auquel l'auteur renvoie, dévoilé en septembre 2025, ne présente aucun palmarès et recense huit centres au Maroc pour dix à Maurice, ce qui ne soutient pas la cinquième place africaine qu'il attribue au royaume.
Pourquoi c'est important
La concentration du marché est l'élément le plus solide du texte pour une entreprise qui cherche à héberger ses données au Maroc. Quatre opérateurs y accaparaient la majeure partie du marché selon le Conseil de la concurrence, ce qui laisse peu de marge de négociation à un client de taille moyenne, quel que soit le nombre de mégawatts annoncés à Nouaceur ou à Dakhla. Le constat repose toutefois sur des estimations de 2021, antérieures aux projets en cours. Le reste relève du plaidoyer. Le texte est une tribune signée d'un chercheur français, ni rapport d'institution ni annonce publique, et le rang continental qu'il attribue au Maroc ne se retrouve pas dans le rapport qu'il cite. Les deux projets marocains, eux, sont documentés par ailleurs.
Source : The Conversation
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