Le département d'État américain admet une carte de l'Afrique erronée, marquée d'un filigrane d'outil d'IA
« Nous assumons l'entière responsabilité de la confusion et de la représentation erronée causées aux participants, y compris à nos partenaires africains. » Le département d'État américain a reconnu jeudi 30 juillet une « erreur regrettable » après la projection, le 26 juillet à Rio de Janeiro, d'une carte de l'Afrique où plusieurs pays n'étaient pas à leur place. La diapositive est apparue au milieu d'une présentation du département d'État consacrée à ses nouveaux accords de santé avec des pays africains, à la conférence internationale AIDS 2026, où s'exprimait notamment Jeff Graham, responsable du PEPFAR, le programme américain de lutte contre le sida. Le Nigeria y figurait au milieu du Sahara, le Mozambique dans la Corne de l'Afrique, la Côte d'Ivoire à l'opposé du continent, et les frontières se réduisaient à des formes approximatives. Des participants ont filmé l'écran et la vidéo a circulé. En examinant l'image, Reuters y a trouvé un filigrane indiquant qu'elle avait vraisemblablement été produite avec un outil d'OpenAI, entreprise qui a indiqué enquêter sur l'incident. Le département d'État explique la carte par un membre de l'équipe ayant modifié les diapositives en hâte peu avant l'événement.
Pourquoi c'est important
Ce qui se joue ici tient moins à la faute de géographie qu'au statut accordé à l'image. Une carte projetée devant une conférence internationale est reçue comme un document de référence, et rien n'indique que quiconque, avant la diffusion, ait comparé les noms aux emplacements. La distinction vaut pour toute équipe qui prépare une présentation, à Casablanca comme ailleurs : un visuel généré illustre, il ne documente pas. L'épisode donne aussi la mesure du filigrane, ce marquage inséré dans le fichier au moment de la génération : il n'a rien empêché, il a seulement permis de soupçonner l'outil employé — sans certitude à ce stade, puisque OpenAI dit encore enquêter.
Source : Al Jazeera
Mettre en place un contrôle des contenus générés →L'Union européenne ouvre l'appel pour jusqu'à sept gigafactories d'IA, mais Bruxelles n'engage qu'un milliard d'euros
La Commission européenne a ouvert le 30 juillet l'appel à candidatures pour un maximum de sept « gigafactories » d'intelligence artificielle, ces centres de calcul destinés à l'entraînement des grands modèles. Son communiqué décrit une initiative « portée par l'industrie » et soutenue par un financement européen et national plafonné à 10 milliards d'euros, censé en débloquer au moins 20 autres du côté privé. Euronews détaille la répartition publique — environ 5 milliards de la Commission, autant des États membres associés — et le calendrier : construction à partir du début de 2027, installations opérationnelles pour la mi-2028, dossiers attendus jusqu'au 12 novembre. La Commission a signé des protocoles d'accord avec Nvidia, AMD et Qualcomm pour l'accès au matériel, et 76 consortiums avaient manifesté un intérêt préliminaire depuis l'annonce du projet en 2025. Une réserve figure au dossier : sur les 5 milliards qui lui incombent, Bruxelles ne peut en engager qu'un dans l'immédiat, le reste dépendant du prochain cadre financier pluriannuel. « Nous ne pouvons pas préjuger des décisions concernant le prochain CFP ; nous vous avons donné notre meilleure estimation de ce dont nous disposerions pour financer la seconde phase », a déclaré à Euronews un responsable de la Commission.
Pourquoi c'est important
L'écart entre les 30 milliards annoncés et le milliard aujourd'hui engageable mesure ce que vaut le calendrier. Le déploiement est prévu en deux phases étalées sur six ans et demi, et l'Union comme les États qui financent recevront une part proportionnelle de l'accès au calcul, sans qu'une clé de répartition ait été publiée. Une entreprise marocaine qui cherche du calcul en Europe pour des raisons de localisation de ses données passera donc, comme aujourd'hui, par l'offre commerciale des exploitants. Ce que l'appel dit du marché est plus immédiat : la Commission se tourne vers Nvidia, AMD et Qualcomm, trois fournisseurs américains, pour une infrastructure présentée comme un instrument de souveraineté — les critères d'attribution prévoyant par ailleurs des mesures contre l'enfermement chez un fournisseur.
Source : Commission européenne
DeepSeek met à jour son modèle Flash, facturé 0,14 dollar le million de jetons en entrée
La documentation de DeepSeek indique que son modèle deepseek-v4-flash est passé à la version DeepSeek-V4-Flash-0731, publiée le 31 juillet. L'architecture ne bouge pas — 284 milliards de paramètres au total, 13 milliards activés à chaque requête, selon l'organisation dite « mélange d'experts » qui ne sollicite qu'une fraction du réseau —, seule la phase finale d'entraînement a été refaite. Le tarif affiché est de 0,14 dollar le million de jetons en entrée — 0,0028 dollar si ce contexte a déjà été traité, soit une remise de 98 % — et de 0,28 dollar le million de jetons produits, sans remise de ce côté. Sur l'indice d'intelligence d'Artificial Analysis, la nouvelle version obtient 50 points, contre 40 pour la précédente et 51 pour GPT-5.6 Luna d'OpenAI réglé à son effort maximal ; The Decoder chiffre le coût par tâche du modèle chinois à environ 60 % de moins que celui du modèle américain, même après la baisse tarifaire annoncée la veille par OpenAI. Le progrès le plus net concerne les tâches d'agent, où le modèle atteint 82,7 sur Terminal Bench 2.1, contre 72,1 pour V4-Pro-Preview, la version antérieure du modèle haut de gamme maison. Les poids sont publiés sur Hugging Face sous licence MIT, ce qui autorise juridiquement une installation sur ses propres serveurs — à condition d'avoir l'infrastructure qu'exigent 284 milliards de paramètres.
Pourquoi c'est important
Un écart d'un point sur un indice composite ne se ressent pas dans un produit ; un rapport de un à quatre sur les jetons produits, si — 0,28 dollar contre 1,20 pour GPT-5.6 Luna, l'entrée restant, elle, à peine 30 % moins chère. Pour une équipe qui traite de gros volumes de texte — classement de tickets, extraction de données de factures —, l'arbitrage se joue désormais sur autre chose que la qualité brute. La question à trancher avant le prix reste celle du lieu où les données sont traitées et du droit qui s'y applique : elle se lit dans les conditions d'utilisation, et elle décide de ce qu'une entreprise peut envoyer dans cette interface. Les scores d'agent, eux, méritent d'être rejoués sur ses propres tâches, un classement public ne disant rien du comportement d'un modèle sur un système d'information particulier.
Source : DeepSeek
Google retire de Google Earth sa fonction d'images générées, un jour après son lancement
La fonction permettait de produire une image fictive à partir d'une consigne textuelle, avec le générateur maison Nano Banana 2, puis de la superposer aux vues satellites de Google Earth. Elle a été suspendue le 31 juillet, un jour après son lancement. « Nous avons vu des professionnels de la géospatiale utiliser cette fonction à des fins utiles, mais nous avons aussi vu des gens partager des captures d'images générées qui semblent enfreindre nos règles », écrit l'entreprise, qui dit revenir en arrière le temps de mettre en place « des garde-fous plus solides ». La critique, formulée sur X par un journaliste de la BBC sur le mode ironique, portait sur la fabrication de fausses preuves visuelles adossées à une carte réelle.
Pourquoi c'est important
La valeur d'une vue satellite tient à ce qu'elle enregistre un état du terrain à une date donnée. C'est à ce titre qu'elle sert dans un dossier d'assurance après une inondation, dans un contentieux foncier ou dans le suivi d'un chantier, usages courants au Maroc comme ailleurs. Superposer à cette vue une image produite sur commande efface la frontière entre le relevé et l'illustration — un risque auquel il aura fallu à peine vingt-quatre heures à Google pour réagir. Reste que les captures partagées pendant cette journée continuent, elles, de circuler.
Source : TechCrunch
Snap cesse de recommander dans Spotlight les vidéos entièrement générées par IA
Les vidéos intégralement produites par une intelligence artificielle ne sont plus éligibles à la recommandation dans Spotlight, le fil de vidéos courtes de Snapchat, a annoncé Snap le 31 juillet. Les contenus créés ou enrichis avec les outils créatifs d'IA propres à l'application y restent éligibles et continueront de porter des indicateurs de transparence. « Nous voulons que Spotlight reste un endroit où l'on découvre la créativité authentique de personnes réelles, parce que nous croyons à la valeur durable qu'il y a à récompenser les points de vue originaux, les récits personnels et les moments que les gens choisissent eux-mêmes de créer et de partager », écrit l'entreprise, qui avance une progression de plus de 120 % sur un an du nombre de contributeurs uniques au fil. TechCrunch relie la décision à d'autres ajustements récents face aux contenus produits par IA : un bouton de signalement sur LinkedIn, un resserrement des règles de monétisation sur YouTube, le retrait d'une fonction contestée chez Meta, un outil d'identification des lettres d'information écrites par IA chez Substack.
Pourquoi c'est important
Pour un créateur ou une marque, l'éligibilité à la recommandation commande la portée, donc les revenus : une vidéo qui sort du fil de découverte ne trouve plus que l'audience déjà abonnée. La règle déplace la valeur vers ce qu'une machine ne fabrique pas seule — un visage, un lieu, une prise de vue datée —, et l'outil d'IA redevient une étape de montage. Snap ne dit pas comment il distinguera une vidéo entièrement générée d'une vidéo simplement retouchée, et c'est là que se jouera l'application réelle de la règle.
Source : Snap
La Mauritanie et Oman signent des accords sur le numérique, l'intelligence artificielle et la cybersécurité
Le forum d'affaires mauritano-omanais de la digitalisation s'est clos le 30 juillet à l'Académie diplomatique de Nouakchott par la signature d'un accord de coopération et de plusieurs protocoles d'entente. La cérémonie s'est tenue sous l'autorité de Khaled Abdeen Sidi, secrétaire général du ministère mauritanien de la Transformation numérique et de la Modernisation, et d'Ali bin Amer Al-Shaydhani, sous-secrétaire du ministère omanais des Transports, des Communications et des Technologies de l'information, en présence du représentant d'une organisation patronale mauritanienne du secteur des services ; les textes lient des institutions des deux pays. Le ministère mauritanien décrit des « partenariats pratiques dans des domaines clés, dont la transformation numérique, la cybersécurité, l'intelligence artificielle, le renforcement des capacités numériques et la formation professionnelle ». Aucun montant n'a été rendu public.
Pourquoi c'est important
Ce que cet accord met en circulation, ce sont a priori des heures d'expertise et des programmes de formation plutôt que du capital : les comptes rendus en décrivent l'objet comme l'échange de savoir-faire et l'appui à des projets d'administration numérique. Le lecteur marocain reconnaîtra la forme, celle des protocoles d'entente que signent régulièrement les ministères de la région avec des partenaires étrangers. La mesure d'un tel texte viendra du premier livrable daté qui en sortira, plateforme de formation ou service en ligne, et l'absence de tout montant annoncé laisse cette échéance ouverte.
Source : TechAfrica News