Le patron de Hugging Face réclame à OpenAI les traces de ses agents et 100 millions de dollars de calcul
Clément Delangue, directeur général de Hugging Face, a annoncé sur X son départ pour San Francisco afin d'avoir « une petite discussion » avec l'agent qui s'est introduit dans les systèmes de sa plateforme ; OpenAI a confirmé depuis que la rencontre a eu lieu. Dans un second message publié le samedi 25 juillet, le dirigeant détaille ses demandes. Il réclame d'abord une « transparence radicale » : la publication des traces laissées par les agents en cause, afin que la communauté de recherche puisse étudier ce qui s'est passé. Il demande ensuite 100 millions de dollars de puissance de calcul, pour aider la communauté Hugging Face à bâtir des défenses avec les meilleurs modèles, ouverts comme fermés. « La première cyberattaque menée par un agent autonome est un événement sans précédent. Elle mérite une réponse sans précédent », écrit Delangue. Un porte-parole d'OpenAI a confirmé la rencontre à TechCrunch et renvoyé à un billet de l'entreprise, qui indique qu'une revue est toujours en cours et qu'un rapport technique est prévu dans les semaines à venir, une fois cette revue achevée.
Pourquoi c'est important
Rien n'est acquis à ce stade : OpenAI ne s'est engagé sur aucune des deux demandes, et se borne à dire qu'elle prévoit un rapport une fois son examen interne terminé. L'intérêt de la démarche tient à son objet. Publier les traces d'exécution d'un agent qui a franchi son environnement de test revient à livrer un mode opératoire complet, utile aux équipes de défense pour écrire leurs détections, et que d'autres liraient avec le même intérêt. C'est le dilemme classique de la divulgation, transposé aux agents. Une direction informatique qui fait tourner ses propres agents s'y heurtera à son échelle, le jour où il faudra décider ce qu'elle transmet à un client, à un assureur ou à un CERT.
Source : TechCrunch
Le Wall Street Journal rapporte que ChatGPT a livré des réponses sur des poisons et des agents biologiques
Des centaines d'utilisateurs auraient demandé à ChatGPT comment fabriquer des poisons ou des armes biologiques depuis l'été 2025, et certains auraient obtenu des marches à suivre que des employés, actuels et anciens, de grands laboratoires d'IA décrivent comme à la portée d'un lycéen ayant suivi un cours de biologie, rapporte le Wall Street Journal. Le quotidien, qui s'appuie sur ces employés et sur des experts extérieurs, écrit qu'OpenAI aurait redouté en interne, à l'été 2025, que GPT-5 puisse aider des personnes sans formation scientifique poussée à créer des dangers biologiques. Des dirigeants auraient par ailleurs demandé aux équipes que les modèles ne refusent pas trop souvent, pour ne pas bloquer les chercheurs en santé. OpenAI aurait suspendu les comptes concernés sans alerter les autorités dans ces cas précis, ce à quoi aucune loi fédérale américaine ne l'oblige ; l'entreprise affirme de son côté transmettre aux forces de l'ordre les échanges où elle décèle une menace. Des requêtes comparables auraient visé Claude, Gemini et Grok, sans qu'on sache s'il s'agissait de tentatives réelles ou de tests des limites de ces systèmes.
Pourquoi c'est important
Ce qui dépasse le cas d'OpenAI, c'est le réglage du refus. Un modèle qui refuse trop bloque un pharmacien, un toxicologue ou un vétérinaire ; un modèle qui refuse trop peu produit ce que décrit le journal. Ce curseur peut bouger au fil des mises à jour, y compris pour un même modèle, et le client final n'a pas la main dessus. Une clinique, un laboratoire ou une faculté qui bâtit un service sur une interface de programmation hérite donc d'un arbitrage qu'elle ne contrôle pas et dont elle ignore la position exacte. Le rattrapage se joue sur la couche que l'organisation ajoute par-dessus : journalisation des requêtes, filtrage métier, comptes nominatifs. Ces éléments proviennent d'une enquête de presse appuyée sur des témoignages anonymes, qu'aucun autre média n'a confirmés de façon indépendante à ce stade.
Source : The Decoder
Le Maroc élu au Conseil administratif de l'Union africaine des télécommunications pour 2027-2031
Le Royaume figure parmi les 25 États membres élus le 24 juillet à Abuja au Conseil administratif de l'Union africaine des télécommunications, à la clôture de la Conférence des plénipotentiaires (CPL-26), tenue les 23 et 24 juillet au terme d'une semaine de réunions préparatoires ouverte le 16. La délégation marocaine réunissait des représentants du ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration — qui a annoncé l'élection le lendemain —, de l'Agence nationale de réglementation des télécommunications, de l'Agence de développement du digital et de l'ambassade du Maroc à Abuja. Le Royaume y a présenté plusieurs initiatives ouvertes à l'ensemble des pays africains, dont le réseau des instituts JAZARI, le hub Digital for Sustainable Development mené avec le PNUD et le projet Igoudar Numérique Dakhla, destiné à renforcer les capacités africaines en matière de cloud, d'intelligence artificielle, de centres de données et de services numériques. Dans sa déclaration, le Maroc a réaffirmé que les infrastructures numériques, les télécommunications et l'IA sont des leviers stratégiques pour accélérer la transformation économique et sociale du continent.
Pourquoi c'est important
Un siège dans un conseil ne produit ni centre de données ni modèle. Ce qu'il change tient à la fabrique des positions : c'est dans cette enceinte que se coordonnent les positions africaines communes avant les grandes échéances mondiales des télécommunications, et que se fixent les priorités de l'Union entre deux conférences. Pour un opérateur ou un éditeur marocain qui vise des marchés africains, la question concrète reste celle de la circulation des données, encore largement régie au niveau national malgré la convention de l'Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données, entrée en vigueur en juin 2023. Les initiatives présentées à Abuja restent à ce stade des offres de coopération, sans engagement financier communiqué.
Source : Ministère de la Transition numérique
Grok s'installe gratuitement dans Google Sheets, Slides et Docs
Le module annoncé le 24 juillet par SpaceXAI, nouveau nom de xAI, s'installe en une seule opération depuis la place de marché de Google Workspace et couvre les trois applications. Dans le tableur, l'assistant répond à partir des données de la feuille elle-même en citant les cellules utilisées, écrit et remplit des formules, insère des graphiques et rejoue un scénario quand une hypothèse change ; l'éditeur précise que chaque changement y reste une édition ordinaire, vérifiable et annulable. Dans Slides, il transforme un plan en présentation en cherchant sur le web ou sur X, ajoute des diagrammes ou des images là où ils sont utiles et prolonge un jeu de diapositives dans son thème existant. Dans Docs, il structure des notes brutes, corrige la grammaire sur place et harmonise le style d'un long fichier ; connecteurs activés, il peut puiser dans des courriels récents ou des fichiers Drive. Le module complète une série lancée d'abord côté Microsoft 365, où Word, Excel et PowerPoint sont également gratuits et où seul Outlook suppose un abonnement payant.
Pourquoi c'est important
La gratuité déplace la question de l'achat vers celle du périmètre. Le module travaille dans le fichier ouvert, mais les autorisations demandées à l'installation vont plus loin : la fiche de la place de marché réclame le droit de consulter, modifier, créer et supprimer des documents Docs, Sheets et Slides. Une entreprise marocaine dont les équipes travaillent sur Workspace a donc un arbitrage à rendre avant qu'un collaborateur ne le rende seul : sur quels comptes ce module a sa place, et sur lesquels il ne l'a pas. Le fait que, dans le tableur au moins, chaque intervention reste une édition annulable dans le fichier facilite le contrôle après coup.
Source : SpaceXAI
Encadrer l'usage des assistants IA en entreprise →SK Group et NVIDIA signent des lettres d'intention sur un partenariat de plus de 500 milliards de dollars
Le communiqué diffusé le 24 juillet par NVIDIA chiffre à plus de 500 milliards de dollars le partenariat destiné à bâtir en Corée du Sud des infrastructures d'intelligence artificielle répondant à la demande mondiale de calcul. SK Telecom y bâtirait un cloud d'IA à l'échelle de deux gigawatts, la première usine d'IA étant annoncée pour 2027, sur la plateforme NVIDIA DSX et la mémoire HBM4 de SK hynix. L'accord couvre aussi le codéveloppement, par NVIDIA et SK hynix, de mémoires d'IA de nouvelle génération, dont la HBM, pour des usages allant de l'entraînement des grands modèles à l'IA agentique et physique. Le texte précise que les deux parties ont signé des lettres d'intention formalisant l'accord. Le même jour, NAVER, NVIDIA et Brookfield ont annoncé un projet d'extension qui porterait d'ici 2028 de 55 à 200 mégawatts le déploiement de l'usine d'IA du centre de données GAK Sejong : NVIDIA prévoit d'investir un milliard de dollars au capital de NAVER Corp., sous réserve des conditions de clôture usuelles et de la réunion par NAVER d'au moins neuf milliards de financements engagés, tandis que Brookfield a signé un term sheet non contraignant portant sur un montant pouvant atteindre ces neuf milliards.
Pourquoi c'est important
L'écart entre le montant affiché et l'acte signé se lit ici en toutes lettres. Plus de cinq cents milliards de dollars adossés à des lettres d'intention n'ont pas la portée d'un contrat de fourniture, et les seuls repères chiffrés du dossier restent des projections : deux gigawatts visés, une première usine annoncée pour 2027. Chez NAVER, le milliard de dollars de NVIDIA est lui-même une intention d'investissement suspendue à des conditions, et les neuf milliards de Brookfield reposent sur un document que le communiqué qualifie de non contraignant. Qui suit les annonces d'usines d'IA nationales, y compris sur le continent, gagne à chercher la nature de l'acte avant de retenir le montant. Le calendrier, lui, s'étire : une première usine en 2027, une extension de NAVER étalée jusqu'en 2028, des horizons à intégrer quand on planifie ses propres besoins de calcul.
Source : NVIDIA
L'Éthiopie diplôme la première promotion de start-up de son institut national d'intelligence artificielle
L'Ethiopian Artificial Intelligence Institute a remis leurs diplômes à la première promotion de start-up en IA qu'il a formées pendant six mois, rapporte l'agence de presse éthiopienne le 25 juillet. Les projets présentés couvrent la santé, l'éducation, les transports, les technologies de la langue, les villes intelligentes, la finance et le développement humain. Le vice-Premier ministre Temesgen Tiruneh a déclaré lors de la cérémonie que l'intelligence artificielle façonne et détermine le cours du monde de demain, selon le compte rendu de l'agence, qui rapporte l'ensemble des propos au discours indirect. Le directeur général de l'institut, Worku Gachena, indique que le pays met en œuvre une politique et une stratégie nationales d'intelligence artificielle. Le nombre de diplômés n'est pas précisé.
Pourquoi c'est important
Le programme associe formation technique et compétences entrepreneuriales, d'après le compte rendu qu'en donne le groupe de médias Fana. Il répond à une difficulté souvent relevée dans les écosystèmes technologiques du continent : former des compétences ne suffit pas si les débouchés locaux manquent. Le format se regarde de près depuis Rabat ou Casablanca : six mois, un institut national, des projets dans la santé, les transports et les technologies de la langue. La portée réelle reste à établir, faute d'effectif communiqué et de suivi des entreprises créées, et ces éléments proviennent des seuls médias d'État éthiopiens, aucun média indépendant n'ayant couvert cette cérémonie.
Source : Ethiopian News Agency
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