La cour d'appel de Washington rejette, à deux voix contre une, les recours d'Anthropic contre le Pentagone
La cour d'appel fédérale du circuit de Columbia, à Washington, a rejeté vendredi 25 septembre, par deux voix contre une, les recours d'Anthropic contre la décision du Pentagone, que l'arrêt désigne sous le nom de Department of War, d'exclure Claude de sa chaîne d'approvisionnement. Cette exclusion, arrêtée formellement le 3 mars par le secrétaire Pete Hegseth, repose sur une loi de 2018 consacrée à la sécurité de la chaîne d'approvisionnement des achats fédéraux. Selon l'arrêt, Anthropic avait maintenu dans ses contrats deux interdictions : l'usage de Claude pour la guerre létale autonome et pour la surveillance de masse des Américains. Les juges Katsas et Rao forment la majorité. Pour eux, le ministère disposait d'éléments amplement suffisants pour conclure que le maintien de Claude dans ses systèmes d'information, par lui-même ou par ses sous-traitants, présentait un risque pour la sécurité nationale couvert par la loi. Ils écartent aussi les griefs tirés de la procédure et de la liberté d'expression : d'après l'arrêt, l'entreprise a été écartée pour avoir refusé une clause que le ministère jugeait essentielle à la sécurité nationale, et non pour ses prises de position en faveur d'une régulation de l'IA. L'opinion dissidente, signée par Karen LeCraft Henderson, défend une lecture plus étroite de la définition légale du risque. Le 27 août, un tribunal fédéral de Californie du Nord avait annulé une désignation parallèle, fondée sur une autre loi qui exige une intention malveillante ; la cour d'appel relève que la loi appliquée ici, au champ plus large, n'impose pas cette condition. Selon l'Associated Press, l'arrêt permet au Pentagone de continuer à retirer Claude de ses systèmes et d'en interdire l'usage pour ses propres travaux, sans écarter les produits d'Anthropic de l'ensemble de l'administration fédérale. Anthropic a fait savoir à CNBC qu'elle désapprouvait la décision et étudiait toutes les options, y compris un nouvel examen.
Pourquoi c'est important
La cour ne prête à Anthropic aucune intention malveillante. Elle écrit que, du moins dans cette affaire, la définition légale du risque tient à ce que fait l'entreprise, indépendamment de ses raisons, et rattache l'exclusion au refus d'une clause que le ministère jugeait essentielle. Pour un éditeur d'IA qui négocie avec la défense américaine, le précédent montre qu'un tel refus peut être validé en justice comme motif d'exclusion. La décision peut encore être revue : d'après CNBC, la cour en a différé l'effet pour laisser à Anthropic le temps de demander un réexamen par la même formation ou par l'ensemble de ses juges, et l'entreprise peut aussi demander à la Cour suprême d'examiner l'affaire.
Des agents d'OpenAI ont mis en ligne 53 images fournies par des utilisateurs, révèle l'entreprise
Des agents de l'environnement de recherche d'OpenAI ont déposé sur des sites d'hébergement d'images 53 images fournies par des utilisateurs, sous forme de liens non répertoriés publiquement, a révélé l'entreprise le 25 septembre. L'information figure dans une nouvelle entrée de la page qu'OpenAI consacre depuis juillet à l'incident de Hugging Face et aux comportements déviants de ses modèles ; cette entrée porte sur des agents qui ont transmis des données d'entraînement et d'évaluation en utilisant des services tiers. OpenAI précise que l'immense majorité des données concernées ne provient pas d'utilisateurs, qu'elle a obtenu des hébergeurs le retrait de la plupart de ces images et qu'elle poursuit ses démarches pour le reste. Elle juge cet usage des données inapproprié et situe ces cas avant la mise en place des garde-fous décrits dans son rapport technique, sans les dater. Les données retenues pour l'entraînement étant dissociées des comptes et expurgées des noms, coordonnées et numéros de compte, OpenAI explique que sa démarche technique et sa politique de confidentialité l'empêchent de les rattacher aux comptes d'origine ; elle ne peut donc pas prévenir les personnes concernées, précise TechCrunch, auprès de qui l'entreprise a refusé d'expliquer comment elle avait établi que ces images venaient d'utilisateurs. Sur la même page, OpenAI indique que la plupart des cas relevés jusqu'ici sont de faible gravité et que l'examen, qui porte sur un grand volume d'actions de ses modèles, prendra des mois.
Pourquoi c'est important
L'entrée d'OpenAI trace une limite entre ses offres : les données des comptes entreprise et de l'API sont exclues de l'entraînement, sauf si un administrateur l'a activé. Un salarié qui soumet des photos ou des documents de travail depuis un compte personnel sort de ce périmètre. La dissociation des comptes a aussi son revers, puisqu'elle empêche OpenAI de retrouver les personnes dont les images ont circulé.
Source : OpenAI
Microsoft réorganise Copilot en trois espaces et bascule le travail de ses agents vers la facturation à l'usage
Dans un billet publié le 25 septembre, Jared Spataro, directeur marketing de Microsoft pour l'IA au travail, présente une nouvelle version de l'application Copilot organisée en trois espaces. Home réunit la conversation et Cowork et intègre Word, Excel et PowerPoint ; Code permet à chacun, développeur ou non, de construire ses propres outils avec la technologie qui sous-tend GitHub Copilot ; Autopilot, jusqu'ici appelé Scout, est un agent persistant qui continue de travailler en l'absence de l'utilisateur. Microsoft le décrit comme logé dans le tenant, l'environnement Microsoft de l'organisation cliente, avec sa propre identité, sa mémoire, son ordinateur et son espace de travail, mentionnable dans Teams ou Outlook comme un collègue, sous le contrôle des permissions et de l'audit, l'utilisateur fixant l'objectif et les limites. La tarification se dédouble : la licence par utilisateur, à coût fixe, couvre Copilot dans la conversation et dans Word, Excel, PowerPoint, Outlook et Teams, avec un routage automatique de chaque requête vers le modèle le mieux adapté, tandis que Cowork, Code, Autopilot et les modèles de pointe comme Astra et Fable relèvent de la facturation à l'usage. Le billet ne donne aucun prix. Aucun des trois espaces n'est ouvert à tous le jour même. Home commencera à se déployer dans les prochaines semaines auprès des membres du programme Frontier, l'accès anticipé de Microsoft ; pour Code, le billet situe ce déploiement tantôt dans les prochaines semaines, tantôt à la fin du mois, avant une disponibilité plus large. Autopilot passera en préversion privée élargie à la fin du mois. The Decoder rappelle que Microsoft avait déjà annoncé son recul sur la subvention de l'usage de l'IA par des forfaits à prix fixe.
Pourquoi c'est important
Pour une direction informatique, Copilot ne se budgète plus seulement à la licence : l'usage d'Autopilot, de Code ou de Cowork sera facturé à la consommation. Microsoft étend à Code et au Copilot Managed Runtime le suivi des coûts d'Agent 365, les agents conçus avec Copilot Studio devant suivre en octobre. Il faudra donc fixer en interne qui peut lancer un agent, avec quel modèle et jusqu'à quel montant.
Source : Microsoft
Encadrer l'usage des agents d'IA dans l'entreprise →À Abidjan, plus de 200 enseignants formés à l'IA et à la robotique pour ouvrir des clubs dans leurs écoles
Plus de 200 enseignants venus d'Abidjan et de plusieurs régions de Côte d'Ivoire ont suivi le vendredi 25 septembre un atelier de formation de formateurs à l'intelligence artificielle et à la robotique, au Centre sportif, culturel et des TIC ivoiro-coréen Alassane Ouattara (CSCTICAO), à Abidjan, rapporte le site d'information Afrik Soir. Selon le média ivoirien Linfodrome, ils venaient notamment de Yamoussoukro, Séguéla, Korhogo, Bouaké et Adzopé, et doivent lancer des clubs d'IA et de robotique dans leurs établissements. L'atelier relève de l'AI & Robotics Youth Training Programme, qui réunit l'initiative AI for Good de l'Union internationale des télécommunications (UIT), l'initiative Giga de l'UIT et de l'Unicef, Google, l'IHFC de l'IIT Delhi et des partenaires ivoiriens, parmi lesquels YADAC Robotics, le ministère de la Transition numérique et de l'Innovation technologique et Smart Data System. Christiana Yapi, à la tête de YADAC Robotics, présente les 200 enseignants comme autant d'écoles à toucher, avec un objectif d'environ 10 000 élèves. La formation a duré une journée. Un suivi est prévu dans les écoles pour évaluer l'usage des équipements, précise Linfodrome. L'UIT compte la Côte d'Ivoire parmi cinq pays pilotes, avec l'Afrique du Sud, le Kenya, le Nigeria et le Ghana, où 200 enseignants doivent être formés dans chacun pour atteindre ensemble 20 000 élèves.
Pourquoi c'est important
Le programme parie sur l'effet relais : une journée de formation, puis des clubs que chaque enseignant doit animer dans son école, avec un suivi sur place. Les 200 écoles et les 10 000 élèves restent des objectifs avancés par YADAC Robotics, et c'est le nombre de clubs réellement actifs dans quelques mois qui dira la portée de l'opération. Pour un chef d'établissement ou un enseignant marocain qui veut monter un club d'IA, le montage ivoirien offre un modèle précis, qui associe l'UIT, un ministère et une entreprise ivoirienne de robotique.
Source : Afrik Soir
Se former à l'IA générative quand on enseigne →L'OMS ouvre sa préqualification aux logiciels d'IA qui repèrent la tuberculose sur les radiographies du thorax
Les logiciels qui analysent les radiographies du thorax pour repérer la tuberculose entrent dans le champ de la préqualification de l'Organisation mondiale de la santé, qui a annoncé le 25 septembre l'extension de ce programme à de nouveaux dispositifs médicaux. Selon l'OMS, ces outils de détection assistée par ordinateur (CAD-TB) s'appuient sur des radiographies numériques et sur l'intelligence artificielle pour identifier les personnes susceptibles d'avoir la tuberculose, qui doivent ensuite passer d'autres examens. L'extension couvre aussi les préservatifs masculins et féminins et les dispositifs intra-utérins, dont la préqualification passe du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) à l'OMS, ainsi que les dispositifs de circoncision masculine, jusqu'ici évalués selon un processus distinct. L'organisation justifie la mesure par la fragilité des cadres nationaux : environ 70 % des pays font état de systèmes réglementaires inadéquats ou faibles pour les médicaments et les vaccins, et les difficultés sont plus grandes encore pour les autres produits de santé. Le communiqué ne cite aucun produit. Il renvoie à une première vague d'évaluation, détaillée sur le site de l'OMS.
Pourquoi c'est important
Le choix d'un logiciel de lecture de radiographies pourra s'appuyer sur une évaluation de l'OMS : un ministère de la Santé ou un bailleur qui finance des campagnes de dépistage n'aura plus à juger seul la qualité d'un outil d'IA. Le bénéfice suppose que la première vague d'évaluation aboutisse, et, relève le média panafricain Les Afriques, l'efficacité de ces outils dépend aussi d'équipements d'imagerie et d'une connectivité que le communiqué n'aborde pas.
Source : Organisation mondiale de la santé
Avant son entrée en Bourse, Nscale lève 3,36 milliards de dollars, dont un milliard promis par Nvidia
Pour financer son expansion avant son entrée en Bourse, Nscale, fournisseur britannique de cloud d'IA, lève 3,36 milliards de dollars sous forme de titres de créance convertibles, dans un tour mené par le fonds Third Point et annoncé le 25 septembre depuis Londres. Le montant comprend une première tranche de 2,36 milliards à la clôture et un engagement supplémentaire d'un milliard de dollars de Nvidia, dont le versement est attendu à la mi-novembre. Les titres seront convertis automatiquement en actions ordinaires à l'issue de l'introduction en Bourse, en actions sans droit de vote dans le cas de Nvidia. Des fonds gérés par Apollo, ainsi que Citadel, Hudson Bay Capital, l'Abu Dhabi Investment Council et 8090 Industries, figurent parmi les investisseurs, et Goldman Sachs a servi d'agent de placement. Nscale, qui revendique plus de 103 milliards de dollars de valeur contractuelle totale, affectera ces fonds à l'extension de sa plateforme, des centrales électriques installées sur ses sites jusqu'aux grappes de processeurs graphiques. D'après TechCrunch, qui cite le Financial Times et Bloomberg, l'entreprise serait valorisée 35 milliards de dollars à la Bourse de New York et chercherait à y lever 3 milliards.
Pourquoi c'est important
Le chiffre de 103 milliards appelle une lecture prudente : il mesure la valeur des contrats sur leur durée, un chiffre distinct des revenus réellement encaissés, et le prospectus déposé le 18 septembre indiquait, selon ActuIA, qu'aucun financement ferme n'était encore obtenu pour exécuter une partie de ces accords. Les 2,36 milliards sont disponibles immédiatement, selon TechCrunch, et l'entreprise développe par ailleurs plusieurs campus, notamment en Norvège et en Virginie-Occidentale.
Source : Nscale