Anthropic lance Claude Opus 5, au tarif d'Opus 4.8 et à la moitié du prix de Fable 5
Anthropic a mis Claude Opus 5 en service le 24 juillet, jour de son annonce, sur son interface de programmation comme dans Claude.ai et Claude Code. Le prix ne bouge pas d'une génération Opus à l'autre — 5 dollars le million de jetons en entrée, 25 en sortie — mais la comparaison que met en avant l'entreprise porte ailleurs : sur Claude Fable 5, facturé le double, dont Opus 5 « approche l'intelligence de pointe » pour la moitié du prix. Sur Frontier-Bench v0.1, un test de codage agentique en terminal, le laboratoire revendique la première place et plus du double du score d'Opus 4.8, à partir d'un essai qu'il indique lui-même avoir mené en interne ; ses chiffres, repris par The Decoder, donnent 43,3 % à Opus 5, contre 33,7 % à Fable 5 et 34,4 % à GPT-5.6 Sol. Cinq niveaux d'effort, de « low » à « max », arbitrent entre qualité et jetons consommés. Anthropic place son modèle derrière Mythos 5 sur les tâches de cybersécurité, un retard qu'il rattache au choix de ne pas l'avoir entraîné sur ces tâches, et le dit encore limité sur les travaux de recherche biologique longs et autonomes, où Mythos 5 reste le plus solide.
Pourquoi c'est important
Une équipe technique qui facture en dirhams et paie son interface de programmation en dollars le voit tout de suite : au tarif standard, le jeton coûte deux fois moins cher avec Opus 5 qu'avec Fable 5. La dépense réelle, elle, se mesure par tâche, puisqu'elle dépend du nombre de jetons consommés — et Anthropic annonce des ratios variables d'un test à l'autre : à effort maximal, la moitié du coût par tâche de Fable 5 sur CursorBench 3.2 pour un score à moins de 0,5 % du sien, un peu plus du tiers du coût de son meilleur résultat sur OSWorld 2.0. Les cinq niveaux d'effort sont le premier levier à éprouver sur ses propres charges avant de refaire un budget sur ces promesses.
Source : Anthropic
Le CNDH ajoute l'usage de l'IA au champ de son observation des législatives marocaines
Depuis Casablanca, le Conseil national des droits de l'Homme a ouvert le 24 juillet la formation des observateurs indépendants et neutres des législatives du 23 septembre, tenue simultanément dans 31 centres répartis sur 19 villes et couvrant les douze régions du Royaume ; y participent des observateurs du Conseil et des représentants d'associations de la société civile, dont 40 % de femmes. Sa présidente, Amina Bouayach, a annoncé qu'à l'occasion de ces élections le Conseil procédera pour la première fois à l'observation de l'utilisation de l'intelligence artificielle, au moyen d'un formulaire spécifique et d'une unité centrale chargée du suivi, de l'analyse et de la vérification des contenus visuels et sonores générés par IA. Elle a fait état par ailleurs d'une application numérique dédiée à l'observation électorale, conçue pour permettre aux observateurs et aux coordinateurs d'interagir en temps réel, et dotée d'un assistant intelligent adossé à une base de données validée pour répondre à leurs questions.
Pourquoi c'est important
Le Conseil présente ce volet comme un ajout à sa mission d'observation indépendante et impartiale, aux côtés de l'actualisation du contenu pédagogique de ses formations. Ce qui change tient à la méthode : un formulaire dédié et une unité de vérification des images et des sons donnent à l'observation électorale une grille pour un objet qu'elle ne couvrait pas jusqu'ici. Les modalités de restitution de ces observations n'ont pas été précisées à ce stade, non plus que la composition de l'unité. Pour les institutions du continent qui préparent leurs propres scrutins, le Maroc pose là un précédent.
Source : Hespress
Nvidia, Meta, Microsoft et d'autres appellent à ne pas restreindre trop tôt les modèles à poids ouverts
Nvidia, Meta, Microsoft, IBM, Hugging Face, Mistral, la Linux Foundation, Mozilla ou encore Y Combinator ont signé une déclaration commune publiée le 24 juillet sous le titre « Open Weights and American AI Leadership », hébergée sur le site de Microsoft ; plusieurs médias en dénombrent vingt-cinq signataires, le document n'affichant aucun total. Le texte formule trois demandes aux responsables politiques : élargir l'accès au calcul pour les start-up et les chercheurs, investir dans des ressources d'entraînement partagées, et préserver la pluralité de la frontière technologique en évitant les restrictions prématurées sur les modèles ouverts « qui étouffent la concurrence ou poussent l'innovation hors des États-Unis ». Les signataires y décrivent la distillation comme une technique répandue d'amélioration, d'évaluation et de validation des modèles, distincte de l'extraction illicite de valeur depuis des modèles fermés, laquelle relève à leurs yeux de cadres juridiques et commerciaux ciblés plutôt que de restrictions générales sur les techniques. La déclaration ne mentionne à aucun moment la Chine et ne se présente pas comme une réponse à Pékin ; elle paraît toutefois alors que Washington débat de la réponse à donner aux accusations de vol de propriété intellectuelle visant des laboratoires chinois, selon TechCrunch, et deux jours après que le secrétaire au Trésor Scott Bessent a déclaré que des sanctions et des inscriptions sur la liste des entités étaient « sur la table ». OpenAI, Anthropic et Google n'ont pas signé.
Pourquoi c'est important
Les modèles à poids ouverts sont ceux qu'une banque, un hôpital ou une administration au Maroc peut télécharger et faire tourner sur ses propres serveurs, dans les limites de leur licence, sans expédier de données vers une interface étrangère ni payer au jeton en devises. Une restriction américaine ne modifierait pas le droit marocain, mais elle atteindrait les canaux que les développeurs de la région utilisent réellement : Hugging Face, GitHub et les places de marché d'Azure et d'AWS sont opérés depuis les États-Unis, et des poids retirés de ces circuits deviendraient difficiles à obtenir sans qu'aucune décision ait été prise à Rabat ou à Dakar. La déclaration, elle, n'évoque l'étranger que sous un angle, le risque de voir l'innovation américaine partir ailleurs ; elle ne dit rien des utilisateurs des pays tiers.
Vodacom, l'université de Johannesburg et AWS ouvrent un laboratoire d'IA sur des cas réels de l'opérateur
Lancé le 24 juillet lors d'une cérémonie au Vodacom World, le Vodacom AI Lab est hébergé par l'université de Johannesburg, au sein de son collège de commerce et d'économie, et associe l'opérateur sud-africain, l'université et Amazon Web Services. Plusieurs étudiants en master y planchent déjà sur deux sujets tirés des défis du secteur : une architecture d'apprentissage fédéré en cours de construction, qui cherche à repérer la fraude sur plusieurs marchés sans faire circuler les informations sensibles des clients, et une piste blockchain explorant la gestion décentralisée de l'identité contre l'usurpation. Le directeur des ressources humaines du groupe, Matimba Mbungela, affiche un objectif clair : convertir ces étudiants en salariés, et à terme en dirigeants. Ni le montant engagé ni l'effectif visé ne figurent dans les comptes rendus du lancement, et la réplication du modèle, dans un groupe présent sur huit marchés, est évoquée au conditionnel.
Pourquoi c'est important
La confidentialité des données clients devient ici un sujet de recherche à part entière. Vodacom cherche à détecter la fraude d'un marché à l'autre sans faire circuler les informations de ses abonnés, ce que l'apprentissage fédéré promet en déplaçant ce que le modèle apprend plutôt que les fichiers eux-mêmes. L'opérateur n'est présent ni au Maroc ni en Afrique de l'Ouest, mais la même question attend tout groupe à cheval sur plusieurs pays : côté marocain, la loi 09-08 encadre les transferts de données personnelles vers l'étranger. Ce qui se copie dans ce montage n'est pas son budget, absent des comptes rendus, mais sa répartition : l'entreprise apporte les données, les cas réels et un appui à l'encadrement, le fournisseur de cloud l'infrastructure de calcul, l'université le cadre académique.
Source : TechCentral
Se former aux métiers de la donnée et de l'IA →FLUX 3 sonorise ses vidéos et sert de socle à un modèle robotique testé chez Audi
Le nouveau modèle de Black Forest Labs apprend d'un seul tenant sur des images, des vidéos et du son. Présenté le 23 juillet et ouvert en accès anticipé, FLUX 3 produit jusqu'à vingt secondes de vidéo avec audio natif en une seule génération. La prudence s'impose sur la suite : aucun tarif public n'est communiqué, les poids annoncés sous le nom FLUX 3 Dev n'ont ni date ni licence, et les comparaisons de préférence publiées portent sur des clips de dix secondes, l'éditeur qualifiant lui-même ces évaluations de précoces. Un billet paru le même jour présente FLUX-mimic, modèle vidéo-action bâti sur le même socle et co-développé avec la société de robotique mimic : Audi le teste et le déploie sur des cas de production réels — une tâche d'assemblage de portière, d'après le billet publié par mimic — et Christoph Schneider, de l'Audi Production Lab, y voit des manipulations de corps souples qui auraient été « simplement impossibles » avec la robotique conventionnelle.
Pourquoi c'est important
Joints et câbles se déforment, matières que l'automatisation classique n'a jamais su prendre en charge selon Black Forest Labs. L'éditeur avance une raison d'abord économique à leur maintien en travail manuel : la diversité des variantes en production haut de gamme rend trop coûteuse la reprogrammation d'une cellule robotisée cas par cas. L'automobile figure parmi les industries phares du Maroc d'après la Banque mondiale, et l'Union européenne est le premier partenaire commercial du pays — les machines et le matériel de transport, catégorie large qui englobe l'automobile mais aussi l'électronique, ont pesé 12,9 milliards d'euros, soit 50,6 % des importations européennes en provenance du Maroc en 2025, selon la Commission européenne. Si des modèles vidéo-action déplacent cette équation de coût, l'atout d'un site de production tiendra à sa capacité à filmer, annoter et valider ses propres démonstrations, référence par référence ; aucun chiffre de productivité n'a été publié à ce stade.
Source : Black Forest Labs
AegisAI lève 36 millions de dollars contre les courriels d'hameçonnage écrits par IA
Battery Ventures mène la série A de 36 millions de dollars qu'AegisAI a annoncée le 23 juillet, avec la participation de ses investisseurs historiques Accel et Foundation Capital. La société, fondée en 2025 à San Francisco, a été créée par Cy Khormaee et Ryan Luo, respectivement directeur général et directeur technique : le premier a dirigé pendant cinq ans chez Google les équipes de Safe Browsing, reCAPTCHA et Web Risk, le second y a passé neuf ans, au cours desquels il a modernisé la plateforme antihameçonnage de Safe Browsing. Ce tour porte à 49 millions le total levé depuis la création ; le produit confie l'examen de chaque message entrant à des agents chargés d'apprécier l'intention et l'identité derrière le texte plutôt que de s'en tenir aux contrôles techniques, et une brique séparée, Vanguard, annoncée en mars, suit jusque sur le web ouvert les liens et pièces jointes des messages signalés. Dans une étude jointe à son communiqué, l'entreprise avance que le hameçonnage ciblé produit par IA est passé de 2,8 % des courriels d'hameçonnage qu'elle observe début 2025 à 13,9 % en fin d'année, sur un corpus de plus de 20 000 messages qu'elle a elle-même analysés.
Pourquoi c'est important
Un chiffre de cette étude maison concerne directement les directions informatiques qui ont investi dans l'authentification des courriels : 72,6 % des attaques par IA abouties avaient franchi ces contrôles, expédiées depuis des comptes légitimes piratés au passé d'envoi établi. SPF, DKIM et DMARC authentifient le domaine expéditeur et l'intégrité technique du message, jamais son intention, et un compte fournisseur compromis à Casablanca ou à Abidjan produit un courriel parfaitement conforme. La parade la moins coûteuse relève de la procédure : faire valider tout changement de coordonnées bancaires par un canal autre que la messagerie, sur un numéro déjà connu. Ces chiffres proviennent d'une étude publiée par AegisAI, qui vend le remède au mal qu'elle mesure, et aucune source indépendante ne les a confirmés.
Source : TechCrunch