AMD investit jusqu'à 5 milliards de dollars dans Anthropic, qui déploiera jusqu'à 2 gigawatts de ses GPU
AMD et Anthropic ont scellé le 22 juillet, en marge de la conférence Advancing AI du fabricant de puces, un partenariat de long terme. AMD s'engage à investir jusqu'à 5 milliards de dollars au capital d'Anthropic, l'éditeur de l'assistant Claude, qui déploiera de son côté jusqu'à 2 gigawatts de processeurs graphiques AMD Instinct de la série MI450. La première tranche d'un gigawatt, bâtie autour des puces MI455X installées dans les systèmes Helios d'AMD, doit entrer en service au premier semestre 2027 ; elle prolonge l'usage que fait déjà le laboratoire des GPU MI355X de la génération précédente. AMD chiffre sa prise de participation ; la portée du contrat de fourniture, elle, se mesure en puissance électrique, le montant en dollars n'étant pas communiqué.
Pourquoi c'est important
Pour une start-up ou un développeur africain qui bâtit sur l'API de Claude, l'essentiel se joue sur la capacité de calcul qu'Anthropic verrouille. En réservant jusqu'à 2 gigawatts de GPU, le laboratoire se donne les moyens d'absorber la demande, au moment même où il vient de rationner l'accès à son modèle Fable 5 dans ses abonnements. En s'appuyant sur AMD à côté de Nvidia et de Google, il répartit ses fournisseurs de puces, une concurrence qui pèse à terme sur le coût du calcul, donc sur le prix des jetons facturés à ses clients. Le calendrier reste éloigné, la première tranche n'arrivant qu'à la mi-2027, et les 5 milliards demeurent un plafond.
Source : AMD
Selon le FMI, l'IA n'ajouterait que 0,2 % au PIB de l'Afrique subsaharienne, jusqu'à 4 % à condition d'investir
Dans une note publiée le 21 juillet, trois économistes du département Afrique du FMI estiment qu'au rythme de préparation actuel, l'intelligence artificielle n'ajouterait que 0,2 % au produit intérieur brut de l'Afrique subsaharienne sur la décennie, « à peine plus qu'une erreur d'arrondi ». Le gain grimperait à environ 4 % sur dix ans, soit près d'un demi-point de croissance supplémentaire par an, si la région réunissait les conditions qui lui manquent : électricité fiable, internet abordable, compétences numériques et cadre de confiance. La zone reste la moins bien classée sur l'indice de préparation à l'IA du Fonds. D'après les chiffres repris par Reuters, la moitié de sa population n'a pas d'accès électrique fiable et 38 % seulement des Africains utilisaient internet en 2024, contre 68 % dans le monde.
Pourquoi c'est important
Le message vise les décideurs du continent : le rendement de l'IA dépend d'abord de fondations très matérielles, avant même l'accès aux modèles les plus puissants. Un opérateur agricole au Sahel ou une administration de santé ne tireront rien d'un assistant si le réseau électrique flanche ou si la connexion coûte trop cher. Le Fonds cite des cas simples, un agriculteur kényan qui reçoit des conseils météo sur un téléphone basique, un enseignant nigérian qui s'appuie sur un agent conversationnel pour du soutien scolaire. L'écart entre 0,2 et 4 % se joue ainsi sur des choix d'infrastructure engagés dès maintenant, alors que l'Afrique subsaharienne fournira près de la moitié des nouveaux actifs de la planète d'ici 2030.
Source : FMI
Google lance Gemini 3.6 Flash et deux modèles voisins, avec un prix de sortie en baisse
Trois modèles ont rejoint le 21 juillet la gamme Gemini Flash de Google, taillée pour les usages agentiques à fort volume. Le principal, Gemini 3.6 Flash, progresse en génération de code et consomme, sur l'indice indépendant Artificial Analysis, 17 % de jetons de moins en sortie que la version 3.5 ; son tarif de sortie revient à 7,50 dollars par million de jetons, contre 9 auparavant, l'entrée restant à 1,50 dollar. Le deuxième, Gemini 3.5 Flash-Lite, joue le faible coût et la basse latence, à 0,30 dollar en entrée et 2,50 dollars en sortie. Le troisième, Gemini 3.5 Flash Cyber, spécialisé dans la détection de failles, ne sera proposé qu'à des gouvernements et à des partenaires de confiance, dans un programme pilote fermé. Google indique par ailleurs avoir lancé le pré-entraînement de Gemini 4.
Pourquoi c'est important
Sur une facturation à l'usage, le prix par jeton commande la rentabilité d'un service. Pour une équipe technique à Casablanca ou à Dakar qui fait tourner un agent sur l'API Gemini, deux effets se cumulent : le tarif de sortie baisse d'un sixième et le modèle produit moins de jetons pour un même résultat, si bien que la facture réelle recule au-delà de la seule baisse affichée. Le Flash-Lite à 0,30 dollar en entrée rend abordables des traitements à gros volume, de l'indexation documentaire à la recherche automatisée, là où le coût unitaire décide de la faisabilité. Le modèle de cybersécurité, lui, demeure hors d'atteinte d'un développeur ordinaire.
Source : Google
À Rabat, un forum d'Al Akhawayn juge que l'IA remodèle les tâches des jeunes diplômés marocains
Réunis le 14 juillet à la Tour Mohammed VI de Rabat pour l'Intelligence Forum d'Al Akhawayn University, patronat, pouvoirs publics et universitaires ont livré une lecture prudente des effets de l'IA sur l'emploi des jeunes. Le président de la CGEM, Mehdi Tazi, a dit ne pas voir « encore » la technologie remplacer des salariés et juger que « plus de 90 % des emplois ne sont pas directement concernés aujourd'hui ». La secrétaire générale du département de la Formation professionnelle, Wafaa Asri, a rapporté, travaux de l'OCDE et du Forum économique mondial à l'appui, que l'IA redistribue les tâches à l'intérieur des métiers sans supprimer ces métiers eux-mêmes. L'université avance de son côté que 88 % de ses lauréats décrochent une offre d'emploi avant l'obtention du diplôme, les cursus en alternance en produisant trois à quatre fois plus.
Pourquoi c'est important
Pour un jeune diplômé marocain qui arrive sur le marché du travail, la conséquence est tangible : l'employeur attend d'abord qu'il sache travailler avec un outil d'IA, désormais présent dans les tâches d'entrée de carrière. Ce que décrivent ces intervenants demeure une lecture d'experts, adossée à des études internationales, faute d'une mesure propre au marché marocain ; le taux de 88 % émane par ailleurs de l'université elle-même. Le constat garde son utilité pour un étudiant qui choisit sa spécialité : la valeur se déplace vers ce qu'une IA fait mal, le jugement et la relation humaine. L'avance de calendrier dont parle le Maroc pourrait, elle, se refermer à mesure que ses entreprises s'équipent.
Source : Le360
Adapter ses compétences aux usages de l'IA →Substack ajoute un détecteur qui estime la part d'un texte écrite avec l'aide d'une IA
Un lecteur de Substack peut désormais estimer quelle part d'une publication a été rédigée avec l'aide d'une IA. La plateforme de newsletters a annoncé cette semaine un outil développé avec la société Pangram : sur le web et sur iOS, l'analyse d'un billet, d'une note ou d'un commentaire renvoie une estimation de la proportion produite par une machine et de celle écrite par un humain. Le contrôle est automatique et déclenché à la demande ; une mention distincte, facultative, permet en parallèle à l'auteur de déclarer lui-même son recours à l'IA. Un créateur peut aussi soumettre ses propres brouillons à l'outil et signaler une analyse qu'il juge erronée. Aucun détecteur d'écriture par IA, Pangram compris, n'est toutefois fiable à coup sûr.
Pourquoi c'est important
Les détecteurs d'écriture par IA sont connus pour signaler à tort les textes d'auteurs dont l'anglais n'est pas la langue maternelle. Pour un créateur marocain ou africain qui publie en anglais, souvent avec l'aide d'un modèle pour traduire ou relire, le risque est direct : un billet pensé et écrit de sa main peut ressortir comme « rédigé par IA ». L'estimation ne dit rien de l'originalité de l'idée ni du fait que la machine n'ait servi qu'à corriger. Un abonné qui s'y fie pourrait douter d'une newsletter légitime, voire renoncer à s'y abonner, sur la foi d'un score qu'aucun détecteur ne peut garantir.
Source : TechCrunch