Anthropic lance la Claude Frontier Academy, adossée à un engagement de 100 millions de dollars, avec l'objectif de former 10 000 ingénieurs d'ici fin 2027
Anthropic a lancé le 2 octobre la Claude Frontier Academy, adossée à un engagement de 100 millions de dollars, avec l'objectif de former 10 000 « Frontier Deployed Engineers » (FDE) d'ici fin 2027. La page du programme présente cette somme comme un investissement initial, qui commence par une résidence destinée à ces ingénieurs, sans en détailler l'emploi. Des ingénieurs d'Accenture, de Bain, de Capgemini, de la Commonwealth Bank of Australia, de Deloitte, de McKinsey, de Morgan Stanley et de Novo Nordisk figurent dans les premières cohortes, qu'Anthropic dit en cours à San Francisco, New York et Londres. Le parcours s'ouvre sur trois jours en présentiel, consacrés à bâtir un système fondé sur Claude pour une entreprise simulée, de la première demande du client jusqu'à la revue de sécurité et à la passation, suivis le quatrième jour d'une évaluation sur un nouveau scénario. Les ingénieurs reçus obtiennent le badge Claude Resident Engineer et entament une résidence de 12 semaines dans leur propre organisation, où ils pilotent un cas d'usage réel de Claude avec l'appui d'ingénieurs d'Anthropic. Une seconde évaluation conditionne ensuite l'obtention du badge Claude Frontier Deployed Engineer ; Anthropic prévoit d'en décerner les premiers début 2027. La participation se fait sur proposition des organisations, qui peuvent demander à leur équipe de compte chez Anthropic, ou à leur responsable de compte partenaire, si elles sont éligibles.
Pourquoi c'est important
Les deux badges du parcours, Claude Resident Engineer puis Claude Frontier Deployed Engineer, sont des titres d'Anthropic elle-même, sans accréditation extérieure mentionnée, et la société présente son académie comme la première du genre lancée par une entreprise d'IA. En mars, Anthropic avait annoncé une enveloppe initiale de 100 millions de dollars pour 2026 en faveur du Claude Partner Network, son réseau de partenaires ; ni la page d'annonce ni la page du programme ne disent si cet engagement et celui de 100 millions de dollars de l'académie se recoupent. L'accès reste étroit pour une direction technique qui voudrait y envoyer ses ingénieurs. La résidence est en accès anticipé auprès d'un groupe choisi de clients et de partenaires ; Anthropic prévoit d'élargir le programme en fonction de la demande, sans donner de date pour cette ouverture, et ces deux pages ne mentionnent ni tarif ni session hors des trois villes déjà citées.
Source : Anthropic
Former ses ingénieurs aux applications d'IA générative →Apple va encadrer davantage l'accès complet au disque sur Mac, un niveau d'accès dont les risques croîtront, selon elle, à mesure que les agents d'IA gagnent en autonomie
Dans un billet publié le 2 octobre sur son site d'actualités destiné aux développeurs, Apple annonce qu'elle introduira des contrôles supplémentaires sur Full Disk Access, l'accès complet au disque de macOS, pour qu'un utilisateur ne puisse accorder ce niveau d'accès à une application qu'au prix d'une action très explicite. Ce réglage contourne en grande partie les protections habituelles de la vie privée, afin de permettre aux applications de sauvegarde de fonctionner, explique l'entreprise. Selon elle, certains développeurs s'en servent d'une manière qui pourrait exposer tout le contenu d'un Mac, y compris les fichiers, les courriels, les messages et jusqu'à l'historique de navigation, sans que l'utilisateur en ait pleinement connaissance ; pour les applications de communication, la confidentialité des interlocuteurs peut aussi être compromise. Le billet mentionne les agents d'IA : à mesure qu'ils gagnent en capacités et en autonomie, les risques liés à ce niveau d'accès vont augmenter substantiellement, écrit Apple. Il ne désigne aucun développeur ni aucune application et ne cite aucune version de macOS. Pas de date de mise en œuvre, relève MacRumors ; pas de détail sur ces contrôles, note 9to5Mac.
Pourquoi c'est important
L'annonce intervient quelques jours après qu'un chroniqueur d'Inc. a affirmé que l'application Muse de Meta avait lu ses messages privés sur son Mac sans son autorisation, l'accès complet au disque étant selon lui désactivé, comme l'a rapporté TechCrunch le 30 septembre. Meta le conteste : d'après le même article, son vice-président chargé de la communication, Andy Stone, affirme que Muse ne peut lire les messages que si l'utilisateur active à la fois cet accès et le connecteur Messages. Le rapprochement avec l'annonce d'Apple est celui de TechCrunch, dans son article du 2 octobre ; le billet d'Apple ne cite aucune application, Muse comprise. Dans ce même article, TechCrunch évoque aussi un article de Wired sur une faille de l'application ChatGPT pour Mac. Selon Wired, seul un attaquant disposant déjà d'un logiciel malveillant installé sur la machine pouvait l'exploiter, et OpenAI a reconnu la faille et sa correction le 25 septembre ; l'article de Wired ne mentionne pas l'accès complet au disque. Pour les éditeurs d'applications qui s'appuient sur ce réglage, le billet n'indique ni démarche à accomplir ni échéance. John Voorhees, de MacStories, juge le billet vague sur ce que les contrôles changeront et conteste la justification d'Apple : parmi les applications auxquelles il a lui-même accordé cet accès sur son Mac, seules quelques-unes sont des applications de sauvegarde. Il estime pourtant fondées les inquiétudes d'Apple sur les agents, et il craint, sans indication d'Apple en ce sens, que des catégories d'applications soient restreintes.
Source : Apple Developer
Encadrer les droits d'accès des agents d'IA sur les postes de travail →Amazon engage plus d'un milliard de dollars sur cinq ans pour les localités américaines qui accueillent ses centres de données
Sous le nom de Built Together, Amazon ajoutera plus d'un milliard de dollars sur cinq ans à ce qu'elle consacre déjà aux localités qui accueillent ses centres de données, dans un cadre qui démarre aux États-Unis, a annoncé le 2 octobre Matt Garman, PDG d'Amazon Web Services, dans un billet publié sur le site du groupe. Amazon dit laisser à ces localités la main sur ce qui leur est le plus utile parmi cinq thèmes : l'éducation, la formation professionnelle, le coût abordable de l'énergie, la préservation de l'eau et de l'énergie, et les priorités locales. Dans la description des trois volets du programme, seul celui du financement flexible, versé par l'intermédiaire d'associations et de fondations locales, attribue explicitement à chaque localité le choix de ses priorités. Le groupe dit avoir déjà consacré plus d'un milliard de dollars en trois ans aux localités américaines concernées. Amazon estime pouvoir ouvrir en cinq ans à plus de 300 000 étudiants l'accès à un certificat ou à un associate's degree, un diplôme universitaire court, sans frais restant à leur charge, en couvrant ce que les aides laissent à payer. Elle dit avoir commencé à mettre en place des accords avec des community colleges, des établissements d'enseignement supérieur de proximité, en vue d'un lancement qu'elle prévoit dans les prochains mois. Le groupe prévoit aussi de préparer, d'ici fin 2028, jusqu'à 100 000 travailleurs par an dans ses centres de formation modulaires, dont trois fonctionnent, six sont en développement et seize autres sont prévus. Un volet énergie vise en cinq ans des travaux d'efficacité dans plus de 300 écoles et bâtiments communautaires, comme des casernes de pompiers, des postes de police ou des locaux associatifs, et dans plus de 30 000 logements, pour une économie estimée à environ 700 dollars par ménage et par an. Le billet affirme aussi qu'Amazon ne recourt plus aux accords de confidentialité avec les administrations publiques associées à ses projets, et promet, dans la partie consacrée à la construction et à l'exploitation responsables de ses centres de données, de publier chaque année sa consommation d'énergie et d'eau, son efficacité énergétique et hydrique et la part de son énergie provenant de sources sans carbone.
Pourquoi c'est important
Les élus et les services qui négocient l'implantation d'un centre de données trouveront les limites de ces engagements dans les réponses d'Amazon à GeekWire. Le groupe n'a pas fourni au site de ventilation complète du milliard ; il prévoit d'engager plus de 100 millions de dollars d'avance dans des dotations de community colleges, et environ 100 millions de plus dans l'extension de ses centres de formation. Selon GeekWire, Amazon indique que l'abandon des accords de confidentialité avec les administrations vaut pour l'avenir et qu'elle ne prévoit pas de revenir sur les accords passés, dont la plupart ne s'appliquent plus, dit-elle, une fois le projet rendu public. Microsoft avait promis en janvier de ne pas demander aux municipalités de réduire leurs taux de taxe foncière locale lorsqu'elle achète des terrains ou propose un centre de données ; GeekWire, qui résume cette promesse comme celle de ne pas chercher d'avantages fiscaux locaux, rapporte qu'interrogée sur le point de savoir si elle ferait de même, Amazon n'a pas pris cet engagement. Elle indique être le premier contribuable de presque toutes les localités où elle opère et que les collectivités proposent des incitations pour attirer ses projets. Ramené à l'année sur la base d'un milliard, l'effort représente environ 200 millions de dollars, soit un dixième de 1 % environ des dépenses d'investissement prévues cette année par le groupe, a calculé GeekWire.
Source : Amazon
Des médecins préfèrent dans 95 % des cas les comptes rendus de sortie générés par GPT-5.2, selon une étude de Stony Brook
Une étude d'équipes de l'université de Stony Brook et de Stony Brook Medicine, dans l'État de New York, a été publiée en ligne le 2 octobre dans npj Digital Medicine, revue du groupe Nature. Elle confronte les comptes rendus de sortie rédigés dans la routine du service pour 60 hospitalisations de médecine interne de 7 à 21 jours, survenues en 2023 et 2024 à l'hôpital universitaire de Stony Brook, à ceux que GPT-5.2 a générés à partir de notes présélectionnées de ces séjours, avec des consignes conçues autour des priorités des médecins de soins primaires. Chaque séjour a été relu par un médecin hospitalier et par un médecin de soins primaires, chargé du suivi après la sortie. Le résumé généré a été préféré dans 95 % des cas : l'article parle de 57 séjours sur 60, et les données mises en ligne par les auteurs montrent 57 évaluations sur 60 pour chacun des deux profils de relecteurs, soit 114 sur 120. Il a aussi été mieux noté sur la qualité, avec une moyenne de 4,71 sur 5 contre 3,16. Les relecteurs n'étaient pas en aveugle, les auteurs expliquant que les deux formats différaient nettement et qu'ils ont préféré conserver les documents d'origine ; ces relecteurs, au nombre de douze, sont coauteurs de l'étude. Moins d'erreurs ont été annotées sur les résumés générés, 50 contre 88, soit en moyenne 0,42 par évaluation contre 0,73, un écart qui tient surtout aux omissions. Sur les inexactitudes comme sur le préjudice potentiel et sa probabilité, la différence n'est pas significative. Le taux de 95 % figurait déjà dans une prépublication mise en ligne le 5 juin sur medRxiv ; l'article du 2 octobre, signé des mêmes auteurs, a été accepté le 16 septembre après évaluation par les pairs et mis en ligne avant sa forme définitive.
Pourquoi c'est important
Les auteurs le reconnaissent : leur étude mesure le jugement des médecins sur la qualité et la sécurité des résumés, sans suivre leurs effets pour les patients, comme les réadmissions ou les erreurs médicamenteuses, dans un seul centre et sur des notes choisies par un seul médecin informaticien. Elle n'évalue en outre qu'un modèle, GPT-5.2, sans le comparer à d'autres. La sécurité de cet usage n'est donc pas démontrée pour un hôpital qui envisagerait de confier ses comptes rendus de sortie à un modèle de langage, et l'équipe insiste sur la supervision clinique. En 2025, une étude de l'université de Californie à San Francisco, parue dans JAMA Internal Medicine et menée en aveugle sur 100 séjours de 3 à 6 jours, avait conclu à une qualité comparable entre les parties narratives générées et celles rédigées par des médecins, avec davantage d'erreurs dans les premières et un potentiel de préjudice global plus élevé pour elles (0,84 contre 0,36 sur une échelle de 0 à 7), mais jugé faible dans les deux cas. Dans l'étude de Stony Brook, les résumés générés ne sont pas exempts d'erreurs jugées graves : sur les 50 annotations d'erreur qui les concernent, 5 ont reçu des relecteurs une gravité potentielle de 6 sur 7, celle d'un risque de préjudice grave et permanent, contre 5 de gravité 6 ou 7, dont une de niveau 7, celle d'un risque de décès, sur les 88 annotations visant les comptes rendus rédigés par des humains dans la routine du service.
Source : npj Digital Medicine
Au Casablanca Business Forum, la ministre Amal El Fallah Seghrouchni range la capacité de calcul parmi les composantes de la souveraineté numérique
La souveraineté numérique repose notamment sur les infrastructures, la capacité de calcul et la réglementation, a fait valoir le vendredi 2 octobre Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration. Elle s'exprimait lors d'un panel de la deuxième édition du Casablanca Business Forum, organisé par Casablanca Finance City sous le thème « Africa's Next Economic Chapter ». Selon la dépêche de la MAP, elle a insisté sur l'émergence d'une conception de la souveraineté qui englobe désormais le numérique, au-delà des dimensions territoriales. Sur l'intelligence artificielle, la ministre a estimé que l'Afrique dispose d'un potentiel lui permettant de s'insérer dans la nouvelle course technologique, malgré l'avance considérable prise par les États-Unis et la Chine en matière d'investissements ; elle a mis en avant les compétences africaines ainsi que la possibilité de développer des modèles, des algorithmes et des outils d'IA adaptés aux besoins du continent. La dépêche, qui rapporte ces propos sans citation directe, ne fait état d'aucune annonce. Consacré aux leviers de souveraineté et de croissance de l'Afrique, le panel réunissait aussi Amina Benkhadra, directrice générale de l'Office national des hydrocarbures et des mines, Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin, et Patrick Dupoux, du Boston Consulting Group.
Pourquoi c'est important
D'autres passages de l'intervention, portant sur la formation, les compétences et l'offshoring, intéressent les étudiants et les professionnels du numérique ; ils sont rapportés en arabe par le site Al3omk. La ministre y affirme que le développement de l'IA repose d'abord sur les compétences et les outils concrets, et rappelle l'importance d'unir les efforts des jeunes, des universités, des start-up et des PME pour concevoir des solutions utiles aux entreprises et aux administrations. Elle y souligne le rôle du réseau des instituts Jazari pour atteindre le rapprochement souhaité entre formation, recherche et innovation, ainsi que la nécessité de diversifier les parcours de formation, notamment par la création d'écoles de codage et l'offre de formations appliquées qui répondent précisément aux besoins croissants des métiers du numérique. Elle voit enfin dans l'IA et le cloud de nouvelles perspectives pour l'offshoring, en mettant en avant la contribution du secteur à l'emploi et au développement des services numériques au Maroc ; le compte rendu ne cite aucun chiffre. Ces passages ne figurent pas dans la dépêche de la MAP, qui évoque seulement, en des termes différents, les compétences africaines et les outils d'IA adaptés au continent.
Source : MAP Express
Meta publie en open source le code de Muse Gadgets, pour relier du matériel fait maison à son agent Muse
Nat Friedman, responsable produit des Meta Superintelligence Labs, a présenté le 2 octobre sur X le projet Muse Gadgets, par lequel Meta publie un firmware, le logiciel embarqué, pour cartes à microcontrôleur ESP32 et un kit de développement (SDK) pour Linux, qui servent à fabriquer soi-même des appareils reliés à Muse, son agent d'IA. Le site du projet propose de programmer une carte ESP32 du commerce ou de configurer un Raspberry Pi, puis d'y relier écrans, boutons, capteurs et actionneurs. Nat Friedman présente lui-même l'initiative comme un projet annexe. Le code est placé sous licence Apache 2.0, à l'exception de l'avatar Jollybot, que cette licence ne couvre pas, et de deux fichiers de tiers qui gardent leur licence d'origine. L'ouverture se limite toutefois au code : pour être appairé, chaque gadget a besoin d'un jeton délivré par Meta, réservé à un usage personnel et non commercial, qui ne peut être lié à plus de 50 appareils au total, ni intégré dans plus de 50 appareils remis à des tiers ; il ne peut pas non plus l'être dans un appareil vendu, ni dans un appareil annoncé ou proposé publiquement ou fourni dans le cadre d'une promotion. Meta précise que ce SDK et ces jetons ne sont pas un produit pris en charge et peuvent cesser de fonctionner ou être retirés à tout moment. Selon Nat Friedman, Meta a fabriqué un lot de 5 000 Muse Home Link, un petit boîtier USB-C qui relie Muse au Wi-Fi domestique pour atteindre des appareils compatibles ; il est gratuit pour les abonnés de Muse aux États-Unis, dans la limite d'un par abonné et des stocks. Le réclamer réserve une place dans une file d'attente, sans valoir commande, et l'expédition est annoncée pour octobre.
Pourquoi c'est important
Brancher un ordinateur Linux sur l'agent revient à lui confier les droits du compte pour lequel le kit est installé, y compris celui d'exécuter des commandes shell et de lire ou d'écrire des fichiers, selon la documentation du dépôt. Celle-ci prévient aussi que l'appairage de ces appareils communautaires n'est vérifié par aucun fabricant et ne peut pas empêcher une attaque active de l'homme du milieu, c'est-à-dire l'interception du trafic par un tiers, et recommande de les installer sur un réseau de confiance. Le code est fourni en l'état, sans garantie, et Meta rappelle que le bricolage se fait aux risques de l'utilisateur. Muse Home Link s'appuie, lui, sur des « skills » écrites par la communauté, qui peuvent selon l'installation permettre à Muse d'allumer une lampe ou de piloter une télévision ; elles peuvent toutefois changer ou cesser de fonctionner, et Meta déconseille de s'y fier pour les usages où la sécurité est en jeu, comme la sécurité du domicile, les urgences ou les besoins médicaux.
Source : Meta (Muse Gadgets)