Dans son procès contre OpenAI et Microsoft, le New York Times cite un cadre de Microsoft qui parlait de « vol »
Le mémoire que le New York Times et d'autres éditeurs de presse opposent à OpenAI et à Microsoft devant un tribunal fédéral de New York est devenu public le 17 septembre dans une version où apparaissent des passages jusque-là masqués. Le document, qui appuie leur demande de jugement sommaire, s'ouvre sur des mots attribués au directeur des sciences appliquées de Microsoft, Brent Hecht, qui aurait qualifié les pratiques d'entraînement de l'IA des deux entreprises de « vol stupéfiant, d'une ampleur sans précédent », peut-être « le plus grand vol de travail de l'histoire humaine » ; ils sont tirés d'une note interne de janvier 2023, précise TechCrunch. Le responsable de ChatGPT chez OpenAI, Nick Turley, aurait pour sa part écrit en interne que les éditeurs font face à une « menace existentielle » venue de produits « largement substitutifs », appelés à l'être toujours davantage à mesure qu'ils progressent. Des données de Microsoft citées dans le mémoire montrent des taux de clic vers le site du New York Times jusqu'à 93 % plus faibles sur le moteur de réponses Copilot que sur la recherche Bing classique, et une présentation interne de Brent Hecht, datée de janvier 2024, décrit ce recul comme un « cercle vicieux » qui nuirait à la fois aux modèles de l'entreprise et à l'ensemble du web. Satya Nadella, le directeur général de Microsoft, a par ailleurs déclaré sous serment plus tôt cette année que tout contenu placé derrière un mur payant devrait faire l'objet d'une licence, qu'il serve à entraîner un modèle ou à ancrer ses réponses. Selon le mémoire, un chercheur d'OpenAI, Nick Ryder, aurait signalé au président de l'entreprise, Greg Brockman, « une astuce pour contourner le mur payant du nytimes », ce à quoi celui-ci aurait répondu « ah nice ». Microsoft a répondu à l'AFP que les propos de Brent Hecht relevaient du « point de vue individuel d'un employé » et ne représentaient pas la position de l'entreprise. L'essentiel de ces éléments vient du mémoire des plaignants et non des pièces elles-mêmes, qui restent sous scellés, souligne TechCrunch, et les citations, précise le média, sont présentées sans leur contexte d'origine.
Pourquoi c'est important
Le fond du litige se joue sur le « fair use », l'exception du droit américain qui autorise certains usages d'une œuvre protégée sans l'accord de son auteur. Les juges ont jusqu'ici plutôt donné raison aux entreprises d'IA sur ce terrain, rappelle TechCrunch, et le ministère américain de la Justice a déposé début septembre un mémoire au soutien d'OpenAI et de Microsoft, selon l'AFP. Plusieurs des éléments nouveaux vont pourtant à l'encontre de la défense d'OpenAI fondée sur le fair use, estime TechCrunch, au regard notamment du critère qui veut que l'usage ne se substitue pas à l'œuvre d'origine et ne nuise pas à son marché : c'est ce critère que visent les citations sur des produits « substitutifs » et sur la chute des clics. Rien n'est jugé. Le mémoire expose la thèse d'une partie, et aucune décision n'est attendue avant 2027, selon l'AFP. Pour un éditeur de presse, marocain ou non, le document livre une mesure, réalisée par Microsoft sur ses propres produits et pour quelques titres américains, de l'écart de clics entre une page de résultats classique et une réponse fournie directement par un assistant.
Source : TechCrunch
OpenAI configure GPT-6 Astra pour le droit américain et en réserve d'abord l'accès à des cabinets sélectionnés
Astra for Law, dévoilé par OpenAI le 17 septembre, doit servir de socle aux cabinets d'avocats et aux éditeurs de logiciels juridiques qui veulent bâtir leurs propres produits et méthodes de travail. L'ensemble associe GPT-6 Astra, que l'entreprise présente comme son modèle le plus récent et le plus puissant, à des réglages, des outils et un contexte propres au travail juridique. Jason Boehmig, d'OpenAI, l'a décrit lors d'un point presse rapporté par LawNext comme une configuration du modèle existant, avec des instructions sur la rédaction juridique, des réglages comme la longueur des réponses et des outils propres au secteur. Le cœur de l'offre est un index de recherche qui couvre la jurisprudence, les lois, les règlements, les règles de procédure et les décisions administratives des États-Unis, soit un corpus de plus de 230 millions d'URL auquel de nouvelles sources s'ajoutent chaque jour, dont la collection de jurisprudence de CourtListener, service de l'association Free Law Project. Sur 200 questions de recherche juridique américaine tirées du jeu de validation privé du Legal Research Bench de Vals AI, Astra for Law a passé le contrôle global d'exactitude dans 54,0 % des cas, contre 38,7 % pour GPT-6 Astra avec la seule recherche web, au niveau de raisonnement le plus élevé, selon les mesures d'OpenAI. L'accès est d'abord réservé à des cabinets sélectionnés, par un programme d'accès de confiance (« Trusted Access ») dans ChatGPT et Codex qui vise les cabinets du classement Am Law 200, selon LawNext ; l'API suivra « bientôt », sans date, et des clients comme Harvey et Legora pourront alors l'intégrer à leurs propres produits. Pour les cabinets éligibles, OpenAI promet une conservation nulle des données sur son API et une exclusion par défaut de la relecture humaine dans ChatGPT Enterprise, et dit travailler avec le cabinet Latham & Watkins sur les permissions d'accès à l'information et les cloisonnements entre dossiers. Vingt-six nouveaux plugins relient ChatGPT à des logiciels déjà employés par les cabinets, comme Relativity et Clio, et ChatGPT pour Word passe le même jour en disponibilité générale. OpenAI cite en exemple le cabinet Cooley, qui a bâti sur ChatGPT un outil de préparation des introductions en Bourse baptisé GO Public.
Pourquoi c'est important
Même dans la configuration qu'OpenAI met en avant, 46 % des questions du test échouent au contrôle d'exactitude, ce qui laisse entière la vérification par l'avocat. Le gain par rapport à la recherche web seule mesure d'abord l'apport d'un index spécialisé, et cet index ne couvre que le droit des États-Unis ; l'annonce n'évoque aucune extension à d'autres pays. La mesure elle-même vient d'OpenAI, sur un jeu de questions privé, sans réplication indépendante connue à ce stade. Les engagements de confidentialité, conservation nulle des données et absence de relecture humaine par défaut, dessinent en revanche la liste des garanties qu'un cabinet peut demander à tout fournisseur d'IA. Jason Boehmig a lui-même reconnu, selon LawNext, que l'accord complet fait une trentaine de pages et que la réalité est « plus compliquée » que son résumé en une phrase.
Source : OpenAI
Encadrer l'usage de l'IA dans un cabinet juridique →Anthropic assouplit les garde-fous de ses modèles en biologie pour des équipes vérifiées des sciences du vivant
Les professionnels des sciences du vivant qui passent la vérification d'Anthropic peuvent désormais demander à utiliser ses modèles Mythos, Opus et Sonnet avec des garde-fous plus permissifs pour le travail lié à la biologie, dans le cadre du Life Sciences Verification Program (LSVP), lancé en bêta le 17 septembre. Le programme vise des tâches aujourd'hui bloquées sur les modèles Fable qu'Anthropic propose en accès général, comme la découverte de médicaments, la recherche en biologie, le développement clinique ou la fabrication. Chaque candidat est examiné sur ses titres de recherche, ses standards de sécurité et la supervision éthique de ses travaux, puis peut solliciter deux types d'autorisation. La première, « Standard Use », convient à la plupart des travaux en sciences du vivant, de la recherche fondamentale à la fabrication en passant par le développement clinique, l'assurance qualité, les affaires réglementaires ou l'investissement ; elle s'étend à toute une équipe, se renouvelle chaque année et s'applique aujourd'hui à Mythos 5.1, Opus 5 et Sonnet 5, puis aux futurs modèles. La seconde, « High-risk Use », s'ajoute à la première pour les domaines qui y restent bloqués : elle lève tous les garde-fous qui bloquent les requêtes en sciences du vivant, mais pour un seul projet de recherche et pour six mois renouvelables. Elle est disponible dès maintenant sur Opus 5 et Sonnet 5 ; pour Mythos, Anthropic dit travailler avec le gouvernement américain à l'élargir et la réserve au lancement à un petit nombre d'entités soumises à un contrôle supplémentaire. Les autres garde-fous, dont les classificateurs liés à la cybersécurité, restent actifs. Anthropic remplace pour ce trafic le blocage en temps réel par une surveillance a posteriori, ce qui l'amène à en conserver les données trente jours ; elles sont cloisonnées, exclues de l'entraînement et inaccessibles à ses propres équipes de recherche en sciences du vivant. Le programme passe d'abord par la console de l'API et les forfaits Claude Enterprise et Team ; les forfaits individuels Pro et Max suivront, sans date, et les plateformes tierces ne sont pas encore couvertes. Des dizaines d'organisations ont déjà été intégrées en accès anticipé, et Anthropic dit s'attendre à en inscrire des centaines dès la première semaine.
Pourquoi c'est important
L'accès passe par un dossier. Un laboratoire universitaire, une start-up ou un industriel pharmaceutique doit faire vérifier ses titres de recherche, ses standards de sécurité et sa supervision éthique, puis décrire ses cas d'usage à grands traits, comme dans une offre d'emploi, sans information sensible ni propriété intellectuelle ; son accès reste ensuite lié à ces usages déclarés, qu'Anthropic surveille en continu. Une restriction vise directement les usages cliniques : pendant la bêta, les organisations placées sous le régime américain des données de santé protégées, avec un accord dit BAA, n'ont pas accès au programme. La conservation des données pendant trente jours vaut, elle, pour tout le trafic du programme, clinique ou non, un point qu'un comité d'éthique voudra examiner avant d'y verser des données de recherche. Le choix d'Anthropic déplace aussi la sécurité du refus immédiat vers le contrôle après coup : les chercheurs devraient voir moins de requêtes interrompues, en échange d'une surveillance de ce qu'ils font du modèle.
Source : Anthropic
67,9 % des enfants marocains de 10 à 16 ans utilisent des outils d'IA, selon une enquête menée auprès de leurs parents
67,9 % des enfants marocains de 10 à 16 ans utilisent des outils d'intelligence artificielle, rapporte Le Matin à partir d'une étude présentée jeudi 17 septembre à Casablanca par Kaspersky, éditeur de logiciels de sécurité qui commercialise aussi des solutions de contrôle parental, et le Centre marocain de recherches polytechniques et d'innovation (CMRPI) ; SNRT News arrondit ce chiffre à 68 %. L'enquête a été menée auprès d'environ 1 000 parents d'enfants de 10 à 16 ans, en ville comme en milieu rural et à différents niveaux d'instruction : les chiffres sur les enfants sont donc ceux que déclarent leurs parents. Le téléphone reste la principale porte d'entrée : 44,9 % des enfants disposent d'un smartphone personnel, 42,4 % ont accès à celui d'un proche, et 18 % ont reçu leur premier smartphone personnel avant l'âge de 10 ans. 21,1 % des parents déclarent qu'au moins un incident en ligne a déjà concerné leur enfant, dont 9,5 % une exposition à un contenu choquant et 8,1 % un contact avec un inconnu, et 81,4 % se disent inquiets de ce qu'il peut rencontrer en ligne. SNRT News ajoute que 46,7 % des parents déclarent ne disposer d'aucun contrôle parental et que 36 % ne savent pas ce qu'est le phishing. « Mesurer le temps d'écran, oui, mais ça ne suffira pas », a prévenu Sofana Benyahia, cheffe de division à l'Observatoire national de la criminalité.
Pourquoi c'est important
Ces chiffres décrivent ce que les parents savent, ou croient savoir, des pratiques de leurs enfants, et non une mesure directe. Ils posent pourtant une question pratique aux établissements scolaires : si plus de deux enfants de 10 à 16 ans sur trois se servent d'outils d'IA selon leurs parents, un devoir rédigé à la maison ne renseigne plus seulement sur le travail de l'élève. Du côté des familles, la représentante de Kaspersky a mis en regard deux autres chiffres, rapporte Le Matin : près de 65 % des enfants sauraient déjà utiliser l'IA, notamment pour leurs devoirs ou la création de contenus, quand seuls 25 % des parents seraient capables d'identifier un contenu généré par l'IA. Pour El Mehdi Roussafi, membre du bureau d'administration du CMRPI et expert en cybersécurité, « le contrôle parental n'est pas forcément technique, ce n'est pas forcément un outil ».
Source : Le Matin
Huawei avance au premier trimestre 2027 sa puce d'IA Ascend 960DT et dévoile un SuperPoD de 4 096 processeurs
Huawei attend désormais au premier trimestre 2027 sa puce d'IA Ascend 960DT, un calendrier avancé qu'a annoncé David Wang, vice-président du conseil d'administration et président tournant du groupe, lors de la conférence Huawei Connect 2026, ouverte le 17 septembre à Shanghai et prévue jusqu'au 19. Les sources divergent sur le point de départ : un porte-parole de Huawei a indiqué à TechCrunch que la puce était jusqu'ici prévue au troisième trimestre 2027, quand CRN Asia, qui rapporte les propos de David Wang, et The Register parlent d'une avance de trois trimestres sur le calendrier initial. L'Ascend 960PR est attendue au troisième trimestre 2027, puis viendront l'Ascend 970 en 2028 et l'Ascend 980 en 2029, au rythme d'une génération par an, a déclaré David Wang, cité par CRN Asia. Dans son discours d'ouverture, il a présenté l'Atlas 960E SuperPoD, que le groupe décrit comme le premier SuperPoD du secteur fondé sur la technologie optique NPO et destiné à accélérer l'entraînement et l'inférence de modèles de 10 000 milliards de paramètres. Un seul de ces systèmes peut réunir 4 096 processeurs NPU et délivrer 8 exaflops en précision FP8, 16 en FP4, selon le communiqué de Huawei ; 5 500 unités optiques Hi-ONE y remplacent les 48 000 modules optiques 800G qu'exigerait une connexion classique, ce qui réduit la consommation de plus de 550 kilowatts. Plusieurs SuperPoD peuvent former un SuperCluster allant jusqu'à 512 000 processeurs, voire jusqu'à un million avec une topologie dite multi-rail, selon Huawei ; The Register juge la configuration à un million théorique à ce stade. CRN Asia précise qu'un Atlas 950 SuperCluster de 256 000 cartes accélératrices est déjà en cours de déploiement, tandis que le système Atlas 960 fondé sur la technologie NPO est encore en test. L'analyste Rui Ma a relevé sur X, rapporte TechCrunch, que Huawei avait auparavant annoncé un SuperPoD Atlas 960 de 15 488 puces, contre 4 096 cette semaine.
Pourquoi c'est important
Le rythme annoncé, une génération de puces Ascend par an, fixe l'horizon de tout opérateur de centres de données qui envisage ces équipements : un système installé en 2027 aura un successeur dès 2028. L'écart relevé par Rui Ma suggère qu'une feuille de route peut avancer sur un point et se réduire sur un autre, la puce arrivant plus tôt quand le système présenté cette semaine compte moins de puces qu'annoncé auparavant. Huawei n'a pas commenté cette observation dans les sources consultées. Les chiffres les plus élevés restent par ailleurs des capacités de conception : le SuperCluster à un million de processeurs n'a pas été démontré en conditions réelles, selon The Register, et le système Atlas 960 est encore en phase de test, selon CRN Asia.
Source : Huawei
Crusoe annonce la clôture initiale d'une levée attendue de 3,9 milliards de dollars, sur une valorisation de 30,9 milliards
La série F dont Crusoe attend 3,9 milliards de dollars au total a fait l'objet d'une première clôture, annoncée le 17 septembre depuis Denver, sur une valorisation de 30,9 milliards après l'opération. L'entreprise construit et exploite des centres de données et un service de cloud pour l'IA ; son communiqué ne précise pas la part déjà apportée. Le tour, sursouscrit, est mené par Atreides Management, Mubadala Capital et Valor Equity Partners, avec notamment Founders Fund, GIC, NVIDIA, Qatar Investment Authority, Radical Ventures et TPG. L'argent doit servir à étendre les programmes existants et à construire les propres « usines d'IA » de l'entreprise, des grands campus aux unités modulaires Crusoe Spark qu'elle fabrique aux États-Unis et qui, selon elle, ramènent de plusieurs années à quelques semaines le délai de construction sur site. Crusoe revendique plus de 140 milliards de dollars de valeur totale sous contrat, un cumul d'engagements sur la durée des contrats, plus de 6 gigawatts de capacité brute sous contrat, dont 1 gigawatt livré et en service, et plus de 100 millions de dollars de revenus récurrents annuels déjà contractés pour son service d'inférence lancé fin 2025. Selon TechCrunch, l'entreprise avait levé 1,38 milliard de dollars sur une valorisation de 10 milliards en octobre 2025 ; le média cite aussi, d'après Bloomberg, un contrat de 13 milliards de dollars sur cinq ans avec la société de trading Jane Street et, d'après Axios, des rencontres avec Goldman Sachs et Morgan Stanley au sujet d'une possible introduction en Bourse. Fondée en 2018 pour miner des cryptomonnaies à partir de gaz torché, Crusoe s'est ensuite tournée vers l'infrastructure d'IA, rappelle TechCrunch.
Pourquoi c'est important
Un fonds ou un opérateur de centres de données qui compare les acteurs du secteur retiendra que la valorisation a plus que triplé depuis octobre 2025 sur la foi d'indicateurs qui sont pour l'essentiel des engagements : valeur sous contrat, capacité contractée, revenus récurrents contractés. Sur plus de 6 gigawatts signés, 1 gigawatt est livré, et ni le communiqué ni TechCrunch ne disent si l'entreprise est rentable. NVIDIA figure parmi les investisseurs d'une entreprise qu'elle distingue par ailleurs comme l'un de ses « Exemplar Cloud ». Le modèle défendu par Chase Lochmiller, cofondateur et directeur général, consiste à maîtriser l'infrastructure « des électrons aux tokens », de l'énergie jusqu'au calcul vendu aux développeurs de modèles, et c'est ce contrôle de toute la chaîne que les investisseurs ont choisi de financer.
Source : Crusoe