Meta lance Muse Wonder et Muse Wonder Full ; l'indice d'Artificial Analysis attribue 56 au second, contre 58 à Claude Opus 5.5
Meta a lancé le 12 octobre Muse Wonder et Muse Wonder Full, qu'elle présente comme ses modèles « les plus capables » (« our most capable models »). Le premier est disponible le jour même pour les développeurs, par la Meta Model API et dans Muse Code ; le second l'est pour des abonnés de Muse Code, indique son communiqué. La documentation de Meta réserve Muse Wonder Full aux formules Power Usage et Maximum Usage, que sa page produit affiche à 50 et 200 dollars par mois, des montants que rapporte aussi CNBC, et ne lui donne pas de tarif à l'usage. Selon cette page produit, Muse Wonder est facturé 4 dollars le million de jetons en entrée et 20 dollars en sortie (le jeton est l'unité de texte sur laquelle porte la facturation) ; la documentation, consultée le 13 octobre, le dit « in preview », quand le communiqué écrit « available today ». D'après la documentation de l'API, il accepte du texte, des images, de la vidéo, de l'audio et des PDF, renvoie du texte et dispose d'une fenêtre de contexte, la quantité de texte qu'il peut prendre en compte en une fois, de 1 048 576 jetons. Meta écrit que Muse Wonder alimentera bientôt des fonctions de Muse, son agent personnel (« will soon power experiences in Muse »), et qu'il sera déployé d'abord auprès d'abonnés (« will roll out first to subscribers »), sans préciser lesquels. Dans le tableau que publie Meta, Muse Wonder Full devance les modèles auxquels elle le compare sur plusieurs épreuves, dont DeepSWE (79,0 contre 74,2 pour Claude Opus 5.5). Il reste derrière Claude Opus 5.5 sur d'autres, comme Terminal-Bench 4.0 (57,1 contre 59,6) et ProgramBench (59,0 contre 70,5). Deux lignes de ce tableau, l'indice composite maison « Personal Superintelligence Index » et MemoryBench, sont des évaluations que la fiche modèle qualifie d'internes ; pour DeepSWE, la fiche modèle reprend, pour Muse Wonder, Muse Wonder Full et Claude Opus 5.5, des résultats qu'elle attribue à Datacurve, et pour Terminal-Bench 4.0 ceux d'Artificial Analysis. Elle reconnaît aussi que les exécutions des modèles concurrents réalisées par Meta elle-même peuvent ne pas être réglées de façon optimale. Artificial Analysis, organisme tiers d'évaluation, attribue, à l'effort de raisonnement maximal, 56 à Muse Wonder Full et 52 à Muse Wonder sur son indice d'intelligence, contre 48 pour Muse Spark 1.3 ; le graphique que reprend Meta y situe Claude Opus 5.5 à 58 mais ne montre pas Claude Sonnet 5.5, que l'indice crédite aussi de 56.
Pourquoi c'est important
Pour un développeur qui compare les API, le tarif de Muse Wonder est égal à celui de Claude Opus 5.5 et inférieur de 60 % à ceux de GPT-6 Astra et de Claude Fable 5.1, relève Artificial Analysis. Par tâche de son indice, l'organisme chiffre toutefois le coût de Muse Wonder, à l'effort maximal, à 4,52 dollars, soit 2,8 fois celui de Muse Spark 1.3 : c'est moins que Claude Opus 5.5 (5,98 dollars) et plus que GPT-6 Astra (3,26 dollars). Vercel a ajouté Muse Wonder le même jour à son AI Gateway. Côté abonnés de Muse Code, le mode « Contributor », qui donne davantage d'usage en échange du droit pour Meta d'utiliser leurs contenus pour entraîner ses futurs modèles, est activé par défaut ; il se désactive dans les réglages, d'après la documentation. Sur la sécurité, Meta annonce pour bientôt (« soon ») un rapport complet ; sa fiche modèle indique que, sans mesures d'atténuation, elle n'exclut pas que Muse Wonder Full atteigne son seuil de risque élevé (« high risk ») dans le domaine chimique et biologique, et qu'elle juge le risque résiduel « moderate or lower », c'est-à-dire modéré ou inférieur, une fois ces mesures appliquées.
Source : Meta
Microsoft présente Maia 300, sa puce d'inférence de troisième génération, et veut porter la famille Maia à des déploiements « multi-gigawatt » à partir de 2027
Troisième génération des puces d'IA conçues par Microsoft, Maia 300 a été présentée le 12 octobre ; elle est conçue d'abord pour l'inférence (« inference-first », écrit Microsoft), c'est-à-dire pour l'exécution des modèles une fois entraînés. Ses déploiements en production commenceront en 2027, écrit Scott Guthrie, vice-président exécutif de Microsoft, dans le billet d'annonce. Il y fixe un cap : porter la famille Azure Maia à des déploiements « multi-gigawatt » à partir de 2027 et en faire le principal système d'inférence des produits et services de Microsoft. Le billet n'indique qu'un début en 2027 : il ne chiffre ni la puissance visée ni l'investissement, et ne dit pas quand cette puissance serait atteinte ; Alistair Speirs, « general manager » chez Microsoft, a refusé de donner un calendrier pour ces déploiements, rapporte CNBC. Microsoft dit s'attendre à ce que Maia 300 produise 40 % de jetons de plus par mégawatt que des systèmes à base de processeurs graphiques « de premier plan » (« leading GPU-based systems »), qu'elle ne nomme pas. Les blocs de calcul de la puce (« compute chiplets ») sont fabriqués selon le procédé N2P de TSMC, et une baie réunit 96 accélérateurs dans une enveloppe de 167 kilowatts, selon le même billet. La génération actuelle, Maia 200, sert déjà des charges de production de Microsoft, dont Microsoft Copilot.
Pourquoi c'est important
À la différence des TPU de Google ou des puces Inferentia et Trainium d'Amazon, les accélérateurs de Microsoft ne peuvent pas être loués à l'heure par d'autres entreprises, écrit CNBC, qui cite Patrick Moorhead, dirigeant du cabinet Moor Insights and Strategy : « personne ne les a encore testés en dehors de Microsoft » (« Nobody has tested them outside of Microsoft yet »). Pour l'entraînement des modèles, Microsoft s'associe à NVIDIA et à AMD, a indiqué Alistair Speirs, cité par la chaîne. Les analystes d'Evercore ISI, qui recommandent l'achat de l'action Microsoft, estiment que Maia représentera environ 10 % des dépenses de l'entreprise en puces d'IA d'ici au premier trimestre 2027, d'après une note adressée à leurs clients le mercredi précédant l'annonce et citée par CNBC.
Source : Microsoft
Le directeur général de la DGSSI juge nécessaire de fixer pour objectif de mettre l'IA au service de la protection du cyberespace marocain, selon la MAP
À l'ouverture de la Semaine nationale de la cybersécurité, lundi 12 octobre à Rabat, le général de brigade Abdellah Boutrig, directeur général de la Direction générale de la sécurité des systèmes d'information (DGSSI), a indiqué que la cybersécurité constitue une composante essentielle de la souveraineté numérique, rapporte la MAP, qui en fait le titre de sa dépêche. Il a par ailleurs fait observer que l'intelligence artificielle, qui transforme la nature des menaces, constitue un défi à placer au cœur de la cybersécurité nationale. L'agence, qui restitue ces propos au style indirect, ajoute qu'il a noté que, face à ce défi, l'exigence de maîtrise technologique nécessite de fixer un nouvel objectif : mettre l'intelligence artificielle au service de la protection du cyberespace marocain, à travers le développement de solutions nationales. Pour cet objectif, la dépêche ne mentionne ni calendrier ni budget et ne nomme aucune solution nationale. La Semaine nationale de la cybersécurité, intitulée « Morocco CyberSecurity Week », est organisée à Rabat du 12 au 14 octobre par la DGSSI, qui relève de l'Administration de la Défense nationale, sous le thème « La cybersécurité au service de la transformation numérique et du développement ». L'apport de l'IA à la sécurité et à la résilience du cyberespace y figure parmi les sujets des tables rondes et des ateliers, avec la protection des infrastructures d'importance vitale, la lutte contre la cybercriminalité ou la sécurité des services cloud. À l'ouverture également, Abdeltif Loudyi, ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé de l'Administration de la Défense nationale, a cité quatre priorités à court terme, indique un communiqué de cette administration, publié notamment par La Vie éco et distinct de la dépêche de la MAP sur le discours de M. Boutrig : la formation des talents, le soutien aux sociétés composant l'écosystème national de cybersécurité, la protection des infrastructures d'importance vitale et la prise en compte des défis liés à l'intelligence artificielle. Les cyberattaques sont une réalité à laquelle tous les pays sont confrontés et dont l'intelligence artificielle accélère l'impact, a-t-il souligné, selon le même communiqué.
Pourquoi c'est important
Pour un éditeur ou un prestataire marocain de cybersécurité, un point concerne directement l'activité : le communiqué range le soutien aux sociétés de l'écosystème national parmi les priorités à court terme, sans en préciser la forme. La dépêche, elle, parle d'un objectif et de solutions nationales à développer, sans dire par qui. Les PME sont aussi citées. « Nous renforçons notre action vis-à-vis des infrastructures d'importance vitale et envisageons de nous ouvrir sur les PME pour leur permettre de se mettre à niveau en matière de cybersécurité », a déclaré M. Boutrig, cité par la MAP. Il a également cité, toujours selon l'agence, parmi les chantiers en cours, un arsenal juridique et réglementaire à faire évoluer pour l'adapter aux nouvelles réalités de la menace et aux technologies émergentes, sans nommer de texte, et, parmi les actions qui seront engagées, la mise en place de nouveaux régimes de qualification.
Source : MAP
Une étude d'Anthropic estime que de petits modèles d'IA pourraient être à quelques mois de savoir se répliquer sur des objets connectés
De petits modèles d'IA pourraient être à quelques mois d'être assez capables pour se répliquer sur des objets connectés du commerce, comme des fours connectés ou des boîtiers Android TV de marque inconnue. L'estimation figure dans une étude publiée le 12 octobre par la Frontier Red Team d'Anthropic, signée de William Zhou et Daniel Freeman. Les auteurs écrivent qu'ils n'ont pas encore de réplicateur « voyou » complet (« We don't yet have a full rogue replicator ») et ne rapportent aucune propagation réelle en dehors du laboratoire. Leur test de bout en bout s'est déroulé dans un réseau virtuel privé de huit nœuds de Google Cloud protégé par un pare-feu (« firewalled VPC »), dont les nœuds exécutent un émulateur d'Android 15. La figure correspondante compare quatre modèles à poids ouverts, c'est-à-dire dont les paramètres sont publiés. Seul GLM-5.2 y réussit : il met en service un serveur d'inférence, c'est-à-dire un programme qui fait tourner un modèle, sur les huit nœuds dans quatre essais sur cinq, et sur sept nœuds dans le cinquième. Ce qui est installé sur les nœuds est un petit modèle, Llama3.1-8B, et non GLM-5.2 lui-même, auquel une figure de l'étude attribue 744 milliards de paramètres et qui tournait sur un serveur d'inférence séparé ; les auteurs le disent capable de réplication complète, en supposant que ses capacités puissent tenir dans un Llama3.1-8B (« assuming its capabilities could be packed into Llama3.1-8B »). Les trois autres modèles de la figure, Qwen3.5-9B, Gemma4-26B-A4B et Qwen3-Coder-Next, n'ont mis en service un serveur d'inférence sur aucun des huit nœuds, dans aucun de leurs essais. Les modèles de 30 milliards de paramètres ou moins savent déjà accomplir beaucoup d'étapes isolées, mais se trompent en les enchaînant, notent les chercheurs. L'échéance de fin 2026, à laquelle un petit modèle atteindrait le niveau de GLM-5.2, est obtenue en prolongeant la tendance de l'indice de capacités générales d'Epoch (ECI), si les petits modèles progressent à leur rythme historique ; les auteurs précisent que cet indice mesure la capacité générale et n'est qu'un indicateur indirect (« proxy ») de l'aptitude à se répliquer, et parlent d'une estimation grossière (« rough estimate »). Ils indiquent avoir rendu la partie piratage triviale, sans authentification sur le port visé, ce qui fait de leur résultat une borne haute du succès en conditions réelles ; ils rappellent toutefois que des réseaux d'objets connectés piratés (« botnets »), dont Mirai, se sont propagés en essayant une simple liste d'identifiants par défaut, si bien que la sécurité réelle des objets connectés pourrait ne pas être radicalement plus difficile à franchir que l'étape volontairement triviale de leur évaluation.
Pourquoi c'est important
Les auteurs s'adressent aussi aux défenseurs. Ils citent la surveillance des flux chez les fournisseurs d'accès, les leurres appelés pots de miel et la mise en quarantaine, avec notification, des clients infectés : chez un fournisseur d'accès de taille moyenne, selon l'étude qu'ils citent, elle a fait disparaître en quatorze jours 92 % des infections Mirai du groupe de clients traité, contre 74 % dans le groupe témoin, qui n'était pas prévenu. Ils disent s'attendre à une efficacité comparable comme première défense, et jugent difficile d'éliminer complètement un tel réplicateur, ce qui supposerait de coordonner tous les fournisseurs d'accès dont le réseau est touché. Faute de point central, il serait difficile à arrêter, écrivent-ils, mais il pourrait être lent, avec un temps de doublement qui se compte en jours. Leur démonstration sans centre de données ne porte que sur l'exécution d'un modèle : quinze boîtiers Android TV d'environ 55 dollars pièce, achetés et mis en réseau par les chercheurs, ont fait tourner Gemma4-26B-A4B à 0,39 jeton par seconde. L'étude ne fait état d'aucune reproduction par un tiers ; elle émane d'Anthropic, qui commercialise elle-même des modèles.
Source : Anthropic
La présidente de la HACA plaide, à Kuala Lumpur, pour une gouvernance de l'IA qui garantisse la diversité culturelle et le pluralisme de l'information, rapporte TelQuel
La gouvernance de l'intelligence artificielle doit garantir la diversité culturelle et le pluralisme de l'information, a affirmé lundi 12 octobre à Kuala Lumpur Latifa Akharbach, présidente de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA), selon TelQuel, dont l'article porte la mention « avec MAP ». Elle intervenait au Forum international des régulateurs de l'International Institute of Communications (IIC), dont le programme la place, ce lundi, dans la séance consacrée à l'information, à la démocratie et à la diffusion algorithmique. Avec le passage progressif des moteurs de recherche aux moteurs de réponse fondés sur l'IA générative, « le citoyen accède de moins en moins à une pluralité de sources, et de plus en plus à une réponse unique, issue d'une sélection, d'une hiérarchisation et d'une reformulation algorithmiques de l'information », écrit l'article, qui attribue ce propos à Mme Akharbach sans le mettre entre guillemets. « L'intelligence artificielle générative bouleverse en profondeur les conditions d'accès des citoyens à l'information, et pose de nouveaux défis à la préservation du pluralisme et de la confiance démocratique », a-t-elle souligné. L'article rapporte aussi sa mise en garde contre un double risque : la fragmentation des espaces publics, nourrie par la personnalisation algorithmique des parcours informationnels, et l'uniformisation des représentations, favorisée par la concentration des systèmes d'IA entre les mains d'un nombre restreint d'acteurs technologiques mondiaux, que le texte ne nomme pas.
Pourquoi c'est important
Selon l'article, Mme Akharbach a plaidé pour que les pays africains prennent une part active à l'élaboration des normes internationales de gouvernance de l'IA, et insisté sur la nécessité de préserver la visibilité de leurs langues et de leurs cultures, comme de leurs sources d'information, dans l'écosystème numérique mondial. L'article rapporte une prise de position à une tribune internationale et ne mentionne ni décision de la HACA ni texte adopté.
Source : TelQuel (avec MAP)
SpaceXSI réunit Grok, Cursor et X Premium dans « The X Subscription », cinq formules de 0 à 200 dollars par mois
L'éditeur de Grok, dont le site x.ai signe ses pages « SpaceXSI » (la mention légale, en pied de page, est « SpaceXAI LLC »), annonce dans un billet daté du 12 octobre « The X Subscription », une formule qui réunit Grok, Grok Bot, l'outil de programmation Cursor et X Premium. Les nouveaux clients peuvent y souscrire dès l'annonce, écrit l'entreprise, qui dit vouloir la rendre accessible à tous, dans le monde entier, au cours des jours suivants (« Over the next few days, we'll make it available to everyone globally »), sans publier de liste de pays. Cinq paliers sont prévus : une formule gratuite, qui donne un accès quotidien à Grok, une allocation de démarrage pour les agents de Cursor et un X standard, puis Plus à 8 dollars par mois, Premium à 30 dollars, Super à 100 dollars et Ultra à 200 dollars, des prix que la page de tarifs donne hors taxes. Les formules payantes incluent un volume d'usage des modèles Grok partagé entre Grok et Cursor, que le billet n'exprime qu'en multiples de la formule Plus : quatre fois pour Premium, quinze fois pour Super, cinquante fois pour Ultra. Cette allocation se renouvelle chaque semaine. Dans Cursor, les modèles d'autres éditeurs restent accessibles à partir de Premium, mais leur usage est facturé à part, au tarif public des API. Selon le billet, rien ne change pour l'instant pour les abonnés actuels de SuperGrok, de Cursor ou de X Premium, qui peuvent conserver leur formule, leur prix et leurs fonctions ou passer à la nouvelle ; il précise que les anciennes formules ne sont plus ouvertes aux nouveaux clients et que l'entreprise fera passer à terme les clients restants aux nouvelles formules, sans calendrier à ce stade et avec un préavis.
Pourquoi c'est important
Le calcul à faire avant de basculer, pour un développeur déjà abonné à Cursor, dépend des modèles qu'il utilise : le volume compris porte sur les modèles Grok, sans enveloppe pour les modèles d'autres éditeurs, et le billet ne le chiffre ni en jetons ni en requêtes. L'entreprise affirme que chaque formule comprend au moins deux fois plus d'usage de code avec ses modèles que la formule Cursor comparable, et que Premium réunit les avantages de SuperGrok, de Cursor Pro et de X Premium+, « auparavant 90 dollars par mois au total » (« previously $90/month combined »). Cursor avait annoncé le 14 août, sur son blog, avoir été racheté par SpaceX. Les conditions d'abonnement réservent l'achat aux pays pris en charge, sans les énumérer.
Source : SpaceXSI